Revue Internationale pour la Communisation
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Il y a un peu d’auto-organisation chez Meeting !

Il y a un peu d’auto-organisation chez Meeting !

jeudi 19 janvier 2006, par Bernard Lyon

La revue Meeting existe, elle aura bientôt 3 numéros et on sait bien que le 3° numéro est bien plus important que les 2 premiers puisque à partir de là, il y a série et que c’est à ce moment que la revue existe au-delà de chacun de ses numéros. Le site existe depuis plus d’un an, mais un site Internet parce qu’il est en temps réel, et qu’il est en transformation permanente n’a pas la même force symbolique qu’une revue-papier (Gutenberg fait de la résistance). Le caractère fixé des textes, leur affirmation d’une position jusqu’au prochain numéro et son existence matérielle manipulable et transportable, sans aucun lien avec un quelconque réseau électronique donnent à une revue un statut « d’officialité » qu’un site seul n’a pas jusqu’à présent. Une fois que la revue existe, le site a, lui aussi, cette officialité.
Donc Meeting existe et cette existence est aussi celle du collectif qui la rédige, qui la fabrique et qui la diffuse, les Editions Senonevero qui la publient ne sont qu’un cadre légal de soutien matériel et éventuellement juridique.
Contrairement à ce que nous avons pu penser il apparaît que le collectif Meeting n’existe pas seulement lorsque se réunit l’assemblée rédactionnelle, même si c’est lors de ces réunions, que les participants peuvent le mieux faire exister le concept de Meeting comme rencontre active des partisans de la communisation, de la production immédiate du communisme par les prolétaires en lutte contre le capital et sa société.
Le collectif Meeting poursuit son existence, en faisant exister le site, en diffusant la revue, ou quand la revue s’adresse à ses lecteurs, comme dans la réunion publique de Marseille récemment. On peut dire qu’il y a, comme on le lit dans 2 articles de la revue, « Un Meeting permanent ». Le collectif Meeting réunit des participants diversifiés, ce n’est pas une organisation formelle on y adhère pas formellement non plus, on y participe, selon la modalité qui correspond à chacun, mais pour autant ce collectif existe bel et bien et certains de ses participants sont chargés par l’assemblée rédactionnelle de tâches à assurer jusqu’à la prochaine réunion, telle la modération du site, ou la diffusion de la revue, ou encore l’organisation de prochaines réunions « resserrées » ou larges.
Les participants là où ils se trouvent être plusieurs forment, de fait, des « Meetings locaux », c’est le cas à l’heure actuelle dans les régions Marseillaise et Parisienne.
La participation aux collectifs Meetings locaux n’est nullement inséparable de la participation à l’élaboration de Meeting et à l’assemblée rédactionnelle. Meeting reste un concept, avant tout celui de la convergence et de la confrontation des approches de la communisation. Le courant communisateur dépasse largement les participants à Meeting, même si l’initiative a , à notre sens, un rôle très important à jouer dans la diffusion du concept de communisation et dans le rapprochement des personnes, des groupes et des revues, qui potentiellement peuvent le faire leur.
Le groupe/revue « Théorie communiste » développe depuis longtemps une conception de la révolution comme communisation et notre participation à Meeting est un aspect inséparable de notre participation à TC, il n’y a pas d’extériorité, et si d’autres personnes participant à d’autres revues se joignaient à Meeting il en serait de même. Nous considérons Meeting comme un axe essentiel de notre action et les divergences dans Meeting comme non pas à réduire, à priori, mais bien à faire travailler.
Les « Meeting locaux  » peuvent, comme nous l’avons fait à Marseille, organiser des réunions publiques de la revue et peut-être, (pourquoi pas ?) diffuser des textes (signés, comme tous les articles de Meeting), en supplément à la revue (en accord avec le responsable de la publication pour des raisons évidentes).

3 Messages de forum

  • Cette intervention-invitation est a priori tout à fait sympathique.

    Doit-on écarter le problème que pose, dans la bouche de Bernard LYON, l’affirmation selon laquelle

    Les participants là où ils se trouvent être plusieurs forment, de fait, des « Meetings locaux », c’est le cas à l’heure actuelle dans les régions Marseillaise et Parisienne.

    ...problème en ce qu’elle dit à peu près le contraire d’une position collective des participants de Théorie communiste à Meeting, mais position qui n’a pas été rendue publique, dans la mesure où elle se référait à des événements internes de l’été 2005 relevant justement de ce qui se passe à Marseille et à Paris. Voilà qui me fait le même effet déplaisant qu’une certaine lettre ouverte de La Matérielle à TC, sur sa "pratique théorique", lettre publique, et se référant à des textes qui ne le sont pas, portant entre autres sur les mêmes événements "internes" (quelques intervenants d’ici m’ont dit n’en rien comprendre, et pour cause).

    Comme je l’ai esquissé par ailleurs, et j’en conviens sans parvenir à lui donner une formulation théorique élaborée, a été posé par les interventions ici [celle de Charrier ("la communisation point d’orgue" Meeting 2 et son retrait apparent des débats), et les miennes (prolongées sur mon site vu la nature du problème)], a été mise en question ni plus ni moins que la base sur laquelle s’est fondé Meeting, que traduit son Invite, son caractère consensuel et sa structure théorico-bicéphale asymétrique qui génère, sur la base TC-centrée, des échanges focalisés en pour ou contre ses thèses, ce dont témoigne le programme de la prochaine réunion, autour de l’auto-organisation.

    On dira que ça n’empêche personne d’intervenir sur autre chose. Mais on a vu que personne ne peut le faire sans que ses interventions soient aspirées dans cette logique binaire, qui enferme les débats sur la "communisation" dans les présupposés flous et les non-dits de l’Invite.

    Pour autant que "la communisation" ait à s’organiser, au sens modeste dont parle Bernard LYON, ce sera tôt ou tard au prix de récrire l’Invite, ou de faire un Meeting d’autruches (en gris), en y laissant des plumes (dans le culte de l’intouchable).

    Evidemment, j’avais dit que je n’interviendrai plus, mais il est très difficile de vous laisser tranquillement poursuivre comme si de rien n’était, parce que c’est trop facile : faudra bien un jour ou l’autre crever l’abcès, ou révéler qu’on ne peut pas, et pour cause (moebius, bof ! etc.)

    Autant dire que le caractère sympathique en surface de l’intervention de Bernard LYON prend quant au fond un caractère "militant" qu’en ces lieux on était loin d’attendre : pour moi, c’est carrément le grand écart, ou la fuite en avant, avec ses risques de déchirure pour tous.

    Autrement dit, on se permet ici ou là de juger que d’autres ont tord de ne pas s’être inscrits dans la démarche, mais pour palier l’inconvénient de se passer de leur avis dans le champ des tenants de la voie révolutionnaire immédiate (sans transition) au communisme, dont est censé témoigner largement Meeting, on s’enfonce dans le splendide isolement qui a fait le succès de Théorie communiste.

    Patlotch, 19 janvier

    • volte-face n’est pas grand écart 25 janvier 2006 22:04, par Bernard Lyon

      Restons serein, j’ai dit, s’agissant de Meeting que « CONTRAIREMENT A CE QUE NOUS AVONS PU PENSER » il existait, comme collectif, au-delà de ses réunions et que par conséquent les participants au plan local peuvent être des « Meeting locaux ». On peut quand même changer d’avis, si on constate que ce qu’on pensait était trop principiel et abstrait et ne tenait pas assez compte de la situation « de fait » comme je le disais. Je me félicite que cela soit sympathique, et je ne vois là-dedans nulle tartufferie, ni grand écart, ni fuite en avant, ni action militante.

      Que l’invite soit consensuelle, c’est-à-dire qu’elle exprime ce sur quoi les participants sont d’accord, en laissant aux débats tout le champ de ce nous appelons « l’angle mort », est évident et incontournable. L’invite a été modifiée très prudemment à la 2ème Assemblée Rédactionnelle et est devenue la quatrième de couverture, rien ne s’oppose à une évolution nouvelle, toujours consensuelle évidemment encore.

      Qu’il existe au moins deux approches formalisées (utilisant respectivement les notions « d’écart » et « d’aire de la communisation »), à côté d’autres qui le sont beaucoup moins, de l’appréhension des éléments qui nous semblent annoncer le dépassement communisateur de la crise encore à venir du capital, cela est patent dans les textes que Meeting publie, mais ces notions sont toutes deux en évolutions, la notion d’écart elle-même étant apparue depuis peu chez Tc, apparition dont je peux affirmer qu’elle est le produit de la dynamique du débat dans Meeting.

      L’auto-organisation et sa critique est en effet un élément très important pour Tc, mais si ce sont d’autre participant à Meeting qui l’ont proposée, c’est parce que dans tout ce qui gravite de près ou de loin au tour du courant communisateur, l’auto-organisation et l’autonomie de classe du prolétariat sont les thèmes de TOUS les débats.

      L’avenir de Meeting n’est pas établi, mais je pense que déjà il participe activement d’une prise de conscience de soi du courant communisateur, et qu’il est en position d’y impulser le débat.

      • Quelle "impulsion" pour quel Meeting ? 26 janvier 2006 00:58, par Patlotch

        Dont acte.

        Il se peut que j’ai actuellement tendance à focaliser sur certains aspects formels des problèmes rencontrés, et d’y projeter des problèmes de fond, tels que ceux qu’aborde C. Charrier, de La Matérielle. Je suis quand même rassuré par la confirmation d’un "changement d’avis", parce qu’à un moment je me suis demandé si je ne faisais pas un procès d’intention.

        Je rends acte également que les positions de TC sont le produit de débats, dont ceux de Meeting, et que cette écoute est une de ses qualités. Il n’en demeure pas moins, ce qui est normal pour toute théorie qui se respecte, que ces positions, dans TC, se font dans certaines limites, et avec le choix de certaines thématiques privilégiées. Il est moins normal que cela pèse sur Meeting, précisément du fait qu’il ne peut pas y avoir en matière théorique de consensus, et que la fonction première de Meeting n’est pas consensuelle, ni strictement théorique, mais de veille sur la diversité de tout ce qui s’incrit dans la perpective communisatrice. Voilà qui ne conduit pas aux mêmes choix. Même si les absents ont tort, leur absence ne signe pas leur inexistence : le tort ne tue pas encore.

        En disant "consensuel", je ne mettais pas en question la méthode, pour ne pas dire d’un mot fâcheur sa "démocratie". J’utilisais "consensuel" au sens péjoratif d’accord de circonstances pour des intérêts non pas communs, mais dissymétriques et complémentaires : pour TC, le prolongement de l’abstraction théorique de TC par une confrontation avec d’autres qui ont une vision plus active, plus pratique, de "ce que l’on fait dans les luttes" ; pour ceux-ci être dotés dans ce qu’ils font d’un corpus théorique solide. Il ne s’agit pas d’un procès, je ne souhaite blesser personne, et d’ailleurs, je ne suis ni le seul ni le premier à l’avoir constaté. La différence est que d’autres le savaient avant même la création de Meeting, et pour cette raison là entre autres, n’en ont pas été ou s’en sont écartés ; alors que moi, j’ai mis les pieds dedans sans y comprendre goutte, qu’il m’a fallu quelque six mois pour commencer à saisir ce type d’enjeux. Ceux-ci n’en seraient pas, dans la perspective de la communisation, s’ils n’étaient que formels. Le problème est bel et bien qu’ils puissent être des enjeux de fond.

        Dans le choix des thématiques de Meeting, ou dans le fait que cela traverse « TOUS les débats », il convient donc de prendre en compte cette genèse et le fait qu’elle produit naturellement d’abord le débat sur l’auto-organisation et l’autonomie du prolétariat, qui n’est pas exhaustif de toutes questions relatives à la communisation. Ceux qui connaissent « tout ce qui gravite de près ou de loin autour du courant communisateur » ont bien de la chance, je suis beaucoup plus mal informé. J’attire quand même l’attention sur le fait que pris en ce sens, cela ressemble davantage à aire de la communisation, et même à ceux qui ont conscience d’en être, qu’à l’écart qui ressort de l’analyse théorique de luttes dont les protagonistes ignorent tout de cette labellisation. On peut en déduire que cela prouve le rapprochement « des approches formalisées »... On peut aussi penser que ceci provoque cela, depuis la création de Meeting et dans une belle logique "interne" partagée par ceux qui le font.

        En remettant en cause l’Invite de Meeting, je me place dans une position délicate, parce qu’on serait en droit de me dire "si tu n’es pas d’accord sur la base commune, tu n’as pas ta place ici", et même si on ne me le dit pas, je suis confronté à ma responsabilité d’intervenir hors du champ défini, et par conséquent contre sa définition ; je deviens un empêcheur de meetinger en rond, ce qui n’a rien de confortable ni sans doute de très productif pour tous, sauf à être plus précis sur le plan théorique, et ainsi de suite... Je dis "je", mais ce "je" veut croire qu’il n’est pas le seul, sinon ça n’aurait aucun intérêt.

        Que certains ne se soient pas associés au départ ; que Charrier soit en marge avec des problématiques théoriques absentes de Meeting ; qu’il n’y ait pas de participations nouvelles alors que quelques intéressés regardent derrière la vitre ; que, pour aléatoires que soient mes productions et ma capacité d’approfondir certaines pistes (car je ne me reconnais franchement pas de capacité d’élaboration théoricienne), je sois dans cette position dedans-dehors... Je crois que tout cela fait sens, comme on dit chez les psys. Sens de quoi ? Sens que non, Meeting, malgré ses mérites à commencer par celui d’exister, n’est pas « en position d’impulser le débat », mais seulement une partie du débat sur la communisation. C’est une alerte relativement à ce qui pourrait être une tentation auto-référentielle, voire auto-centrée. On peut toujours considérer que ces absents ne sont qu’individus isolés, mais vu les circonstances et la faiblesse du nombre d’associés, il faut sans doute considérer que ce n’est que la partie (non) visible, non d’un iceberg d’eaux glacées, mais d’un ensemble de personnes qui pourraient réchauffer l’atmosphère, en attendant de la porter au rouge.

        En conséquence, je plaiderais pour un inventaire plus large des problématiques liées à la communisation, et je dirais même avec un principe de précaution théorique, se réserver la possibilité de tenir, sans souci consensuel, toutes les hypothèses en présence dans la perspective communisatrice. Je retiens et me reconnais dans le terme en son sens minimal de "révolution communiste sans transition", parce qu’il me semble définir le champ large de ceux qui s’inscrivent contre l’idée que "le démocratisme radical" pourraient ouvrir à terme une perspective communiste. Le concept de "démocratisme radical" serait à interroger par ailleurs, entre ce qu’il signifie pour TC et ce que d’autres y mettent ou mettent à la place, dans la mesure où ils ne formalisent pas cette idéologie avec autant de précision, de tenants et d’aboutissants, que TC. De ce point de vue, la critique pratique de cette idéologie me semble incontournable, dès lors qu’on souhaite intervenir dans l’écart, ou l’aire de la communisation... bref, intervenir pas seulement de façon abstraite, mais pour que la théorie s’empare concrètement des luttes et de la réalité présente dans sa dimension politique aussi. Le texte de BL sur le référundum relevait d’un tel souci, et c’était d’ailleurs son intérêt, par le biais et le prétexte de la critique d’un groupe communiste dont le nom m’échappe, critique qui en elle-même m’aurait semblé sinon sans grand enjeu.

        Parmi les questions à mettre au débat, il y a pour moi les articulations entre d’une part les contradictions du capital en tant qu’il subordonne réellement toute la société et au-delà son éco-système, et d’autre part la contradiction essentielle de l’exploitation, particulièrement telle qu’elle ressort du corpus de TC, avec la façon dont y ont été théorisées ces articulations au fil de l’histoire de "la rupture dans la théorie". A mon avis cette question est capitale car elle peut être déterminante dans la conception qu’on construit en théorie de la production du communisme, et par suite de la définition de l’écart, ou des écarts, et de leurs articulations avec celui conceptualisé par TC. Cela engage les tâches théoriques et pratiques (auto-organisées s’il se doit :) que l’on s’assigne. Cela dégagerait de l’air pour faire respirer autrement la revue et le site. Je sais que la pente est glissante et que certains la savonnent, notamment concernant la théorie de l’Etat, mais je crois qu’il y a là matière à refonder la démarche initiale de Meeting, et à ouvrir le champ des possibles dans "le courant communisateur". Il ne s’agit pas de chercher un nouveau syncrétisme, parce que ce serait programmer le ratage, mais une nouvelle cohérence qui sorte de ses gonds.

        Recherche de cohérence n’est pas consensus a priori, plus petit dénominateur commun, mais horizon d’une diversité de problématiques explicites. Il n’est d’ailleurs pas dit que le syncrétisme ne nous menace pas tous en général, et Meeting en particulier, y compris de façon étroite : il suffit d’être deux pour danser le tango.

        Amical’ à tous, 25 janvier

        Le dernier état de mes réflexions est là, je ne sais pas si ni comment j’irai plus loin sans aller trop loin : Pour le communisme, ceci pourrait être un voeu de bonne santé.

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