Quelques comtpe-rendus sur la manif du 18 glannés ici et là ... (sources :
Forum CNT-AIT Caen, Indymedia Toulouse, contacts directs, l’en-dehors ...)
une chose est sure : ca a été énorme. Et on sent un vent de radicalisation
se lever ...
CAEN
Compte-rendu rapide de la manif’ de cet a-m.
L’AG de lutte contre la précarité, avec sa banderole "Ils précarisent... On
s’organise", s’est une nouvelle fois placée en tête de cortège, au grand
désarroi des syndicats (ces derniers semblaient d’ailleurs, dans un premier
temps, ne pas vouloir suivre !).
Progressivement, de plus en plus de personnes ont rejoint le cortège de
l’AG, le préférant sans doute aux cortèges syndicaux qui suivaient et où les
sonos se battaient à celle qui gueulerait le plus fort.
Les slogans du cortège de l’AG les plus repris en coeur : "Grève(s),
blocages, occupations, jusqu’au retrait du CPE" et "Grève générale ! Grève
générale !", laissant certains passants étonnés et pantois face au discours
de la jeunesse.
Avec un parcours de manif’ improvisé (ce qui a donné un peu de fil à
retordre aux différents SO - syndicats, police, RG), le cortège a poursuivi
après la préfecture, lieu habituel à Caen pour les fins de manifestation au
goût amer, obligeant un nouvelle fois les syndicats et partis à pousser au
delà du parcours officiel...
Seul le cortège de l’AG s’est finalement présenté aux portes de la mairie de
Caen, les camionettes des syndicats (et leurs militants !!) restant bloquées
à l’entrée du parvis de la mairie !
Point de vue chiffre : entre 8700 (dont 2000 étudiants, selon la police), et
20 000 (selon les "organisateurs" !) manifestants.
Pas vraiment de surprise (cela dit on s’en tape !) d’entendre le soir-même
la CGT affirmer que la mobilisation se caractérisait "par la détermination
des salariés", ignorant comme il faut la véritable mobilisation : celle de
l’AG de lutte contre la précarité, qui s’active depuis un mois (rappel : la
fac est toujours occupée, au moins jusqu’à mercredi).
Bref, y’avait du monde et la mobilisation autonome avait fière allure.
Prochaine AG : lundi prochain 20 mars
BORDEAUX :
Témoignage de la manif bordelaise du 18/03
Petite victoire symbolique : 2 manifestants arrêtes et libérés du
commissariat de Bordeaux par la solidarité d’une centaine d’autonomes. Et
grandes trahisons des syndicats réformistes : CGT et UNEF
Pour Commencer, on était nombreux : entre 22000 et 55000 (source AFP). L
?énergie était là mais une tension se ressentait... lassitude de ces
"défilés" ?... besoin d ?actions plus radicales ?... En tout cas, nos
ressentis à travers les discussions et les slogans témoignent d’une ambiance
générale de revendications plus globale que celle du CPE... Cependant, dans
la réalité des faits, cette volonté d’union n’a pas pu se constituer pour
lutter efficacement contre les petits soldats de la répression.
Pour parler plus concrètement, au moment de la dispersion de la manif, on
s’engageait dans la rue Saint Catherine (l’artère commerciale principale du
centre ville de Bordeaux). Alors que nous voulions agiter cette rue endormie
et symbolique, les services d’ordre de la CGT ont fait barrage...altercation
entre les militants et les gorilles de la CGT qui gazent a coup de lacrimo
les deux manifestants forçant le passage...les cochons bleus profitent alors
de l’agitation pour les embarquer... Et tout ça devant la passivité du S.O.
de la CG T ! ! ! (Il est aussi à noter que l’UNEF à donner à la police les
noms de certains militants libertaires... sans commentaire...)
Non loin du camion qui les enfermait, un petit groupe s’est constitué
spontanément pour faire pression sur les forces de l’ordre afin de les
libérer. On n’était pas assez nombreux dans ce rapport de force. Alors ils
les ont emmené "pépère" au commissariat central. Par solidarité, nous voilà
donc parti à la rescousse de nos camarades. On était une centaine de
personnes à prendre conscience qu’en nombre, une pression est possible même
pour une arrestation. Au bout d’une heure et demi de blocage de la
circulation, de percussions, de chants et de patience, le commissaire après
entretien téléphonique avec le préfet les a finalement libéré sans poursuite
judiciaire. La vidéo des RG prouvait qu’ils n’étaient coupables de rien.
Finalement, vers 21 heures, nous sommes repartis plein d’énergie qu’on a
canalisé sur des poubelles et sur nos casseroles... Bref, un joyeux bordel !
! ! Ca donne donc de l’espoir pour la suite...
Prenons le comme une expérience, il est claire que nous devons sur bordeaux
mieux nous organiser de manière autonome et, SURTOUT, nous méfier de plus en
plus des syndicats réformistes et toutes les structures qui cherchent à
récupérer le mouvement.
Pour finir, ne nous laissons pas diviser par la morale bourgeoise qui
réapparaît dans les débats lorsque la violence policière refait surface (il
n’ y a pas de "casseurs", juste des individus qui s’insurgent contre un
système en déclin).
On arrêtetout
RENNES
Samedi 18 mars La manifestation interprofessionnelle débute à 11H30. Trajet
: de la gare à la gare. A l’arrivée, comme la semaine précédente, un service
d’ordre inter-syndical protège avec la police, l’entrée de la gare. Il se
relâchera au bout d’un quart d’heure ne voyant aucune intention de la part
des manifestants d’y pénétrer. Ensuite, au moment où un syndicaliste, muni d
’un mégaphone, annonce qu’il faut constituer un bureau pour commencer l’AG
interpro prévue sur la place de la gare, une fanfare se met à jouer et par
sa puissance magique, emmène les manifestants sur les rails. Nous y
resterons une heure.
Cette fois-ci nous en sommes sortis tout seul pour anticiper la charge et
les gaz des gardes mobiles afin de les affronter dans la rue, lieu plus
propice.
Une seconde manifestation s’est constituée sans service d’ordre, sans
leader, sans trajet. Les services de police quelques peu désorientés
bouchaient toutes les rues donnant accès à la préfecture. Nous nous sommes
alors dirigés place de Bretagne. Dix pacifistes ont alors tenté une
opération hostile au mouvement, en criant : " les casseurs dehors, les
casseurs tout seuls " et ont tenté d’emmener le cortège ailleurs. Personne
ne les a suivi. Des slogans leur ont répondu tels que " nous faisons la
guerre au capitalisme, nous n’sommes pas des pacifistes " ou " nous sommes
tous des casseurs ".
Cinq minutes plus tard, l’ensemble des manifestants, y compris les
pacifistes, se dirigea à quelques pas de là vers l’UMP, où des affrontements
ont commencé par une charge des manifestants à coups de bouteilles et de
cailloux. Rapidement les forces de l’ordre ont répondu par des gaz et des
tirs de flashball. Un pacifiste a été touché à la jambe. Des vitrines ont
été émaillées, un RG chassé. Les gardes mobiles ont tenté en masse un
encerclement qui a scindé les manifestants en groupes épars. Jusqu’à 20H30
des regroupements se forment à de multiples reprises, attaquent et sont de
nouveau dispersés. Le bitume a fondu sous la chaleur des poubelles en feu,
le sol est jonché de palets lacrymogènes, de bouteilles brisées et de
cailloux, un peu partout en ville.
Ces derniers jours ont marqué l’impossibilité pour les media, les
bureaucrates et les voix de l’ordre établi, de diviser le mouvement en "
casseurs " et " étudiants ". Car comment masquer le fait que les
affrontements concernent des milliers de personnes ? Et ce depuis plusieurs
semaines à Rennes. Ici, il n’y a plus de manifestation sans affrontements et
actions. Un principe d’une action au moins par manifestation a même été voté
par l’AG de Rennes II. La cagoule, l’écharpe, le citron, le sérum
physiologique, le caillou, deviennent les objets communs d’un nouveau monde.
Des manifestants s’organisent en groupes et chargent ce qui a trait à la
police et certaines cibles liées à l’existence métropolitaine. Une
communauté de lutte est née -qui n’est pas sans luttes internes- qui s’
organise au sein de l’hostilité policière de la métropole. Et ce qui anime
cette communauté se situe déjà bien au-delà du simple CPE.
A bientôt. Rennes, le dimanche 19 Mars. Mireille et Mathieu.
LYON
Les LOUPS GRIS Turcs à Lyon
La manifestation anti-cpe à Lyon a rassemblé plus de 15.000 personnes
(25.000 selon les organisateurs), manif classique très planplan, encadrée
par un SO et la BAC. Ca devient un soucis ces bénévoles de la sécurité qui
remplacent les forces de l’ordre officielles : ca va faire des chômeurs !
C’est bien de se battre contre le cpe, c’est moins bien de se battre pour le
travail sans rémunération.
Départ 11h00 place Bellecour, tout petit tour, et retour 13h00 place
Bellecour.
La tête de manif était sympa, composée essentiellement de Lycéen-ne-s et
d’étudiant-e-s, ensuite les badgé-e-s, c’était super(chiant), chacun-e-s
sous SON drapeau : ATTAC, CGT, CNT-Vignoles, FO, CFDT, VERTS, LCR, LO, les
Alternatifs, PS (au moins 10 militant-e-s estampillé-e-s)..., parait que
c’est ça l’Unité.
bref, rien de transcendant...
et on se disperse petit à petit dans le calme et voilà ti pas que se pointe
une grosse nouvelle manif, très chaude, dynamique et énervée, plein de
drapeaux Turc et 2 ou 3 drapeaux français et Européen.
ET surtout des pancartes "LE GENOCIDE ARMENIEN N’A PAS EXISTE"
"NOS ENCETRES NE SONT PAS DES ASSASSINS MAIS DES VICTIMES"
"PAS DE SENTENCE AVANT UN JUGEMENT"
....
On va les voir, et ils nous apprenent qu’un monument à la mémoire du
génocide Arménien va être inauguré le 24 avril dans le centre de Lyon et
qu’ils considèrent cela comme une insulte envers le peuple Turc, et donc ils
manifestent contre.
On tente de discuter un peu et là ils deviennent très agressifs et
insultants et j’en vois pleins qui font le signe des LOUPS GRIS (index et
auriculaire brandis, majeur et annulaire repliés avec le pouce dessus), je
les connais parce que j’ai vécu 5 ans avec un turc. ILs sont ultra-violents
et d’extrême droite. http://fr.wikipedia.org/wiki/Loups_gris
Ils arrivent de plus en plus nombreux, en bus, de toute la région et de
France, et aussi d’Autriche. Ils ont un énorme SO, plus de 200 en jaune fluo
qui les encadrent et tente de calmer les plus énervés.
Quelques Arméniens sont là en pleurs, les ultra-nationalistes Turc sont
maintenant plus de 2.000 très remontés, le reste des manifestants anti-cpe
décident une contre manif à 200, on rappelle ceux qui sont partis, on arrive
à 500. ON se fait face, s’est tendu, des insultes fusent. Les "forces de
l’ordre" s’interposent... MAIS contre nous et nous repouse.
NOS slogans "DEVOIR DE MEMOIRE"
"NOUS SOMMES TOUS DES ARMENIENS"
"ASSUMEZ"
"LE FACHISME NE PASSERA PAS"
"ON AIME LE PEUPLE TURC MAIS PAS VOUS"
"NEGATIONISTES"
Les Turcs nous chargent une première fois, des coups sont échangés et pour
nous séparer les forces de l’ordre nous chargent ! et vas-y que je te
matraque, que je te gaze sous les applaudissements des fachos Turcs.
ON résiste, on parle aussi avec les keufs, je leur demande ce qu’il ferait
si un rassemblement de néonazis avec des pancartes niant le génocide juif
était autorisé... malaise. Mais les flics se reprennent "on obéit aux
ordres, on défend LA République", je leur dis que les français qui
obéissaient aux ordres entre 1940-45 sont aujourd’hui considérés comme des
collabos et que ceux qui on eu le courage de refuser d’obéir sont des
résistants encensés (je ne suis pas sur qu’ils aient vraiment compris, ni
que leur République était collaborationniste, ni quelle se dirige
tranquillement vers un néofachisme soft).
Les fachos Turc partent en manif, tout est parfaitement prévu et autorisé
par la préfecture.
On les précéde et on arrive avant eux à la place des TERREAUX (la Mairie),
là encore "les forces de l’ordre" nous repousse sans ménagement pour faire
place nette pour permettre aux fachos Turc de prendre tranquillement
possesions de la place.
Nouvelle charge des Turcs, les CRS n’en mènent pas large et seraient
incapables de les repousser sans l’intervention de l’énorme SO des Turcs.
ILs ne souhaitent pas que ça dégénérent en affrontements trop violents.
La collaboration entre les forces de l’ordre et le SO Turc a été totale.
C’est fini.
(un toulousain de passage à Lyon)
GRENOBLE
Grenoble : de vilaines bannières noires
Après un blocage particulièrement efficace au lycée de Vizille un grand
nombre de lycéens s’est rendu devant la gare de Grenoble aux alentours de
dix heures afin de former un groupe indépendant et asyndical dans la manif.
Nous nous sommes d’emblée placés en tête de ce cortège plat et formaté,
précédés de près par nos chers camarades de la CGT, dont le service d’ordre
a tenté pendant un bon quart-d’heure de nous déloger à coup de "Une manif,
ça doit être organisé" (qu’il faut traduire par "Mais ?! Ma visibilité
médiatique va en prendre un sacré coup ! Comment je vais faire si je ne
passe pas au JT pour manipuler et instrumentaliser la lutte de lycéens et
d’étudiants autonomes ?" ou encore par "La préfecture et l’État, dont je
suis le bras droit, va me faire les gros yeux si je laisse ces
nihilisto-révolutionnaires foutre la pagaille et m’empêcher de paralyser la
lutte !"). Nous avons rapidement été rejoints par de nombreux nouveaux
arrivants armés de vilaines bannières noires (en arborer une m’a ailleurs
valu d’être traité de "bushiste" par une brave cégétiste) et certains
camarades de SUD ou de la CNT-Vignolles.
Quelques signes de la main aux RG plus tard, nous arrivions devant de la
Préfecture (le terminus de toute manif-promenade cégétiste qui se respecte),
où le mouvement s’est dissous.
La vue du symbole du pouvoir étatiste a suffi pour calmer les plus tendus de
chez FO et la CGT : "Oui, nous avons été de bons élèves, nous n’avons rien à
nous reprocher, nous gardons notre place bien au chaud au service du
pouvoir", se sont-ils dit, en achevant de scander leurs mélodieux et
inventifs slogans de lutte pour "plus de CDI"...
TOULOUSE
le matin manif des syndicats mais débordée par les jeunes, sans autocollants
ni bannières, avec des slogans tels que "cette société on n’en veut pas" ...
Après midi : rassemblement des Sans Papiers et carnaval des insoumis. Au
plus fort, plus de 1000 personnes rassemblées (dont plusieurs centaines
déguisées). Manif bonne enfant et festive, farine et oeufs de rigueur,
notament contre les bleus, qui semblaient avoir moins d’humour que les
manifestants ...
La mobilisation ne faiblit pas dans la ville rose ...
PARIS
Raz de marée énorme. beaucoup de monde, surtout lycéens et étudiants.
On s’était donné RDV avec les copains d’AC et du RTO mais on s’est paumé vu
le monde qu’il y avait !
Sur le passage de la prison de la santé, les prisonniers faisaient des
signes de solidarité avec la manif. Qui ne le leur rendait pas toujours ...
(nos appels à la solidarité avec les prisonniers n’ont pas toujours
rencontré l’écho escompté ...)
Avec notre banderolle "NI CPE/CNE, NI CDI, GREVE GENERALE ILLIMITEE" on
passait quand même un peu pour des martiens dans des cortèges qui ne cessait
de réclamer un "vrai" CDI (pour les "vrais" jeunes ajouterait sarko ?)
Néanmoins nos nouveaux slogans semblaient quand même bien compris : "Après
le CPE, y’aura un aut’contrat ... ABOLITION DU SALARIAT" ou encore "C chomme
chômage, P comme Précaire, E comme Exploité, c’est la définition du travail
salarié".
J’ai même entendu un syndiqué CFDT les reprendre et dire hilare à sa copine
"si mon délégué m’entend reprendre ça, il va faire la jaunisse !" ...
Au apssage devant le cortège du PS, on a profité d’un blanc dans la sono
pour leur a rappeler qu’ils avaient été les précuseurs du CPE avec les TUC,
CES et cie ... Agacement perceptible ...
Arrivée à Nation, petits amusements de fins de manifs qui tendent à devenir
systématiques à Paris. Quand on sait que Saint Maclou [nom du magasin
déménagé] vient du mot "Machutus", issu du breton "march" (orage) et "luh"
(lumière)" on, ne peut que reprendre en coeur la pub "Saint Maclou,
évidement !" Toutefois, comme les autres soirs, nos amis en bleu encaissent
"sans rien dire" jusqu’à une certaine heure (le temps que les "vrais"
manifestants chers à Sarko soient partis se coucher ?). Puis quand la récré
est finie - coup de sifflet-top départ. La place a été nettoyé en 45 minutes
avec une violence incroyable. il sembler qu’on postier de SUD en ait
malheureusement fait les frais.
Moralité : lire Sun tzu (l’art de la guerre). Ne pas sous estimer l’ennemi.
Et être là où il ne nous attend pas (c’est à dire ce soir là : pas à la
sorbonne, où on se serait cru en pleine occupation : mur métallique qui
bouche la place de la sorbonne avec canon à eau prépositionné prêt à noyer
le moindre canard migrateur qui viendrait à se poser par ici, nuée de
poulets en civil rendant l’air irrespirable, gardes mobiles quadrillant le
quartier ...)
ST NAZAIRE
Les compagnons de ST Nazaire se sont tenus sur le coté avec une banderolle
:"NOUS VOULONS DES EMPLOIS FICTIFS, DES LOGEMENTS DE FONCTION ET DES
LIMOUSINES." ça a plutôt amusé le monde qui souvent en rajoutait une couche,
sauf les élus qui n’ont pas ri et un nous a meme dit en passant"C’EST COMME
CA QU’ON CASSE UN MOUVEMENT !"
Je suppose qu’ils étaient tristes car ils comptaient un bulletin de vote par
contestataire :-)
bonne nuit
Actualité de l’Anarcho-syndicalisme
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