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	<title>Revue Internationale pour la Communisation</title>
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		<title>Revue Internationale pour la Communisation</title>
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		<title> Silence sur Gaza...</title>
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		<dc:creator>B.L.</dc:creator>



		<description>On a beaucoup parl&#233; de l'&#233;lection d'Obama, on a beaucoup plus parl&#233; des &#233;meutes en Gr&#232;ce mais nous ne disons pas un mot de la guerre &#224; Gaza pourquoi ? Est-ce parce que &#231;a ne nous concerne pas ? Parce que &#231;a n'a aucun int&#233;r&#234;t &#171; du point de vue de la r&#233;volution &#187;. On peut le dire mais je pense qu'on sent bien que ce n'est pas la v&#233;rit&#233;, que l'importance de ce rebond de la guerre de Palestine nous g&#234;ne ou peut &#234;tre pire nous angoisse. Cette nouvelle (...)

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&lt;a href="http://meeting.communisation.net/en-cours/la-petite-chronique/" rel="directory"&gt;La petite chronique&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On a beaucoup parl&#233; de l'&#233;lection d'Obama, on a beaucoup plus parl&#233; des &#233;meutes en Gr&#232;ce mais nous ne disons pas un mot de la guerre &#224; Gaza pourquoi ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est-ce parce que &#231;a ne nous concerne pas ? Parce que &#231;a n'a aucun int&#233;r&#234;t &#171; du point de vue de la r&#233;volution &#187;. On peut le dire mais je pense qu'on sent bien que ce n'est pas la v&#233;rit&#233;, que l'importance de ce rebond de la guerre de Palestine nous g&#234;ne ou peut &#234;tre pire nous angoisse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette nouvelle guerre nous angoisse parce que les prol&#233;taires de Gaza se font massacrer et n'ont aucune possibilit&#233; d'&#233;chapper au pi&#232;ge dans lequel ils sont, ils ne peuvent que &#171; choisir &#187; de mourir sous les bombes isra&#233;liennes ou au combat avec le Hamas, ils ne peuvent m&#234;me pas d&#233;serter la bataille ils sont enferm&#233;s dans un champ de tir, ils ne peuvent pas s'insurger contre leur propre camp qui les tient en otages. C'est la trag&#233;die absolue il n'y a rien &#224; esp&#233;rer, Obama laisse Bush endosser l'affaire il n'y a que notre clown national qui en profite pour faire son show pitresque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette horreur nous, nous terrorise parce que nous y voyons quelque chose qui pourrait se r&#233;pandre dans le monde avec la crise catastrophique du capital (encore &#224; venir), les fractions capitalistes de tous ordres &#233;tatiques ou non pourraient bien se jeter les unes contre les autres sans qu'une issue communiste ne s'ouvre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Attention ceci n'est pas une analyse, tout ce que je pense me fait dire que cette catastrophe est impossible qu'elle nie la contradiction des classes, que Gaza n'est strictement pas repr&#233;sentatif de la situation dans le reste du monde ; mais pourtant dans sa sp&#233;cificit&#233; de ghetto &#224; prol&#233;taires surnum&#233;raires Gaza est aussi paradigmatique de la restructuration en ab&#238;me du capital et c'est pour cela, qu'au fond, on n'ose pas y penser on d&#233;tourne les yeux, car nous y verrions un avenir inenvisageable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;BL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pr&#233;face (Endnotes #1)</title>
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		<dc:date>2008-12-28T22:05:12Z</dc:date>
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		<description>SORTEZ VOTRE MACCHAB' ! &#171; La tradition de toutes les g&#233;n&#233;rations mortes p&#232;se d'un poids tr&#232;s lourd sur le cerveau des vivants [&#8230;] La r&#233;volution sociale du XIXe si&#232;cle ne peut pas tirer sa po&#233;sie du pass&#233;, mais seulement de l'avenir. Elle ne peut pas commencer avec elle-m&#234;me avant d'avoir liquid&#233; compl&#232;tement toute superstition &#224; l'&#233;gard du pass&#233;. Les r&#233;volutions ant&#233;rieures avaient besoin de r&#233;miniscences historiques pour se dissimuler &#224; elles-m&#234;mes leur (...)

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&lt;a href="http://meeting.communisation.net/collectif-meeting/on-peut-en-parler-ou-pas/" rel="directory"&gt;... On peut en parler (ou pas !)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;SORTEZ VOTRE MACCHAB' ! [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Bring Out Your Dead &#187;, r&#233;f&#233;rence au film des Monthy Python, Holy Grail, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/h3&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La tradition de toutes les g&#233;n&#233;rations mortes p&#232;se d'un poids tr&#232;s lourd sur le cerveau des vivants [&#8230;] La r&#233;volution sociale du XIXe si&#232;cle ne peut pas tirer sa po&#233;sie du pass&#233;, mais seulement de l'avenir. Elle ne peut pas commencer avec elle-m&#234;me avant d'avoir liquid&#233; compl&#232;tement toute superstition &#224; l'&#233;gard du pass&#233;. Les r&#233;volutions ant&#233;rieures avaient besoin de r&#233;miniscences historiques pour se dissimuler &#224; elles-m&#234;mes leur propre contenu. La r&#233;volution du XIXe si&#232;cle doit laisser les morts enterrer leurs morts pour r&#233;aliser son propre objet. Autrefois, la phrase d&#233;bordait le contenu, maintenant, c'est le contenu qui d&#233;borde la phrase.&lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, K. Marx, 1851' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si cela &#233;tait vrai au moment o&#249; Marx l'&#233;crivait, quand on ne pouvait parler de communisme qu'au futur, cela l'est d'avantage aujourd'hui, &#224; pr&#233;sent qu'anarchistes et communistes peuvent parler de leurs propres &#171; histoires &#187;, ils parlent certes peu des autres. Le marxisme lui-m&#234;me est maintenant une tradition de g&#233;n&#233;rations pass&#233;es, et m&#234;me les situationnistes tardifs semblent conna&#238;tre des difficult&#233;s &#224; &#171; quitter le XXe si&#232;cle &#187; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Leaving the 20th Century : The Incomplete Work of the Situationist (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous n'&#233;crivons pas cela avec une admiration particuli&#232;re pour le pr&#233;sent, ou d'un quelconque d&#233;sir cons&#233;quent de mettre la th&#233;orie communiste &#171; &#224; la mode &#187;. Le XXIe si&#232;cle &#8211; tout autant que le pr&#233;c&#233;dent &#8211; est fa&#231;onn&#233; par la contradiction entre le travail et le capital, la s&#233;paration entre le travail et la &#171; vie &#187;, et par la domination des formes abstraites de la valeur sur chaque chose. Il en co&#251;te toutefois autant de le quitter que le pr&#233;c&#233;dent. D&#233;j&#224;, le &#171; XXe si&#232;cle &#187; familier aux situationnistes, ses contours des rapports de classe, sa temporalit&#233; du progr&#232;s, et ses horizons post-capitalistes est clairement derri&#232;re nous. Nous nous sommes lass&#233;s des th&#233;ories du nouveau &#8211; avec le post-modernisme, le post-fordisme, et chacune des nouvelles productions universitaires &#8211; pas tellement parce qu'elles ont &#233;chou&#233; &#224; saisir une continuit&#233; essentielle, mais parce que la restructuration capitaliste des ann&#233;es 1970 et 80 n'est plus une nouveaut&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce premier num&#233;ro d'Endnotes, nous avons rassembl&#233; une s&#233;rie de textes (en substance, un &#233;change entre deux groupes communistes fran&#231;ais) ayant tous trait &#224; l'histoire des r&#233;volutions du XXe si&#232;cle. Comme le montrent les textes, l'histoire de ces r&#233;volutions est une histoire d'&#233;checs, soit parce qu'elles furent &#233;cras&#233;es par la contre-r&#233;volution capitaliste, soit parce que leurs &#171; victoires &#187; prirent elles-m&#234;mes la forme de contre-r&#233;volutions &#8211; &#233;tablissant des syst&#232;mes sociaux qui, en s'appuyant sur l&#8216;&#233;change mon&#233;taire et le travail salari&#233;, &#233;chou&#232;rent &#224; transcender le capitalisme. Pourtant, ces derni&#232;res ne furent pas simplement une &#171; trahison &#187; ; pas plus que les premi&#232;res ne furent le r&#233;sultat d'&#171; erreurs strat&#233;giques &#187; ou de &#171; conditions historiques &#187; manquantes. Lorsque que nous posons la question de ces &#233;checs, nous ne pouvons pas avoir recours au &#171; et si &#187; hypoth&#233;tiques &#8211; bl&#226;mant pour la d&#233;faite des mouvements r&#233;volutionnaires toute autre chose (meneurs, formes organisationnelles, id&#233;es fausses, conditions immatures) que les mouvements eux-m&#234;mes dans leur contenu d&#233;termin&#233;. C'est la nature de ce contenu dont il est question dans l'&#233;change qui suit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En publiant de tels textes &#171; historiques &#187;, nous ne souhaitons pas encourager un int&#233;r&#234;t pour l'histoire en tant que telle, ou r&#233;veiller un int&#233;r&#234;t pour l'histoire des r&#233;volutions ou le mouvement ouvrier. Nous esp&#233;rons qu'en prenant en compte le contenu des luttes du si&#232;cle dernier nous aiderons &#224; saper cette illusion que cela est, d'une fa&#231;on ou d'une autre, &#171; notre &#187; pass&#233;, quelque chose &#224; pr&#233;server ou prot&#233;ger. Le commandement de Marx nous rappelle la n&#233;cessit&#233; de se d&#233;faire du poids mort de la tradition. Nous irions jusqu'&#224; dire qu'&#224; l'exception de la reconnaissance de la rupture historique qui nous s&#233;pare d'eux, nous n'avons rien &#224; apprendre des &#233;checs des r&#233;volutions du pass&#233; &#8211; nul besoin de les rejouer pour d&#233;couvrir leurs &#171; erreurs &#187; ou d&#233;canter leurs &#171; v&#233;rit&#233;s &#187; &#8211; qu'il serait en tous cas impossible de r&#233;p&#233;ter. En dressant le bilan de cette histoire, en assumant son d&#233;passement, nous tra&#231;ons une ligne qui privil&#233;gie les luttes contemporaines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les deux parties en cause dans l'&#233;change que nous publions, Troploin et Th&#233;orie Communiste, ont toutes deux &#233;merg&#233; d'une tendance du d&#233;but des ann&#233;es 1970 qui, sur la base des nouvelles caract&#233;ristiques de la lutte de classe, s'est appropri&#233;e de fa&#231;on critique l'ultra-gauche historique dans ses vari&#233;t&#233;s germano-hollandaise (communiste de conseils) et italienne (bordiguiste), tout autant que le travail r&#233;cent de l'Internationale Situationniste et de Socialisme ou Barbarie. Avant que nous puissions introduire les textes eux-m&#234;mes nous devons donc introduire le contexte commun.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Du refus du travail &#224; la &#171; communisation &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Guy Debord &#233;crivait &#171; Ne travaillez jamais &#187; sur le mur d'une all&#233;e de la rive gauche en 1954, le slogan, repris de Rimbaud [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Jamais nous ne travaillerons, &#244; flots de feux ! &#187;, A. Rimbaud, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;] , &#233;tait toujours lourdement redevable au surr&#233;alisme et &#224; sa prog&#233;niture d'avant-garde. Ceci pour dire qu'il &#233;voquait au moins pour partie une vision romantique de la boh&#232;me de la fin du XIXe si&#232;cle &#8211; un monde d'artistes d&#233;class&#233;s et d'intellectuels qui s'&#233;taient retrouv&#233;s pris entre des rapports traditionnels de client&#233;lisme et le nouveau march&#233; culturel sur lequel ils devaient vendre leurs productions. L'attitude n&#233;gative des boh&#232;mes envers le travail &#233;tait &#224; la fois une r&#233;volte contre, et une expression de, cette condition polaris&#233;e : pris entre le d&#233;dain aristocratique pour les &#171; professionnels &#187;, et un ressentiment petit-bourgeois envers toutes les autres classes sociales, ils en vinrent &#224; voir tout travail, le leur y compris, comme avili. Cette posture du refus fut politis&#233;e par les surr&#233;alistes, qui transform&#232;rent les attitudes nihilistes de Rimbaud, Lautr&#233;amont et des dada&#239;stes, en un appel r&#233;volutionnaire &#224; la &#171; guerre au travail &#187; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='La r&#233;volution surr&#233;aliste, N&#176;4 (1925). En pratique, le refus des (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]. D&#233;j&#224;, pour les surr&#233;alistes, de concert avec d'autres r&#233;volutionnaires h&#233;t&#233;rodoxes (c'est-&#224;-dire Lafargue, des &#233;l&#233;ments des IWW, aussi bien que le jeune Marx), l'abolition du travail &#233;tait rel&#233;gu&#233;e &#224; un horizon utopique, de l'autre c&#244;t&#233; de la r&#233;volution, d&#233;finie dans son imm&#233;diatet&#233; par le programme socialiste de la lib&#233;ration du travail &#8211; le triomphe du mouvement ouvrier et l'accession de la classe ouvri&#232;re &#224; la position de nouvelle classe dirigeante. Le but de l'abolition du travail aurait ainsi &#233;t&#233; atteint, paradoxalement, premi&#232;rement au travers de la suppression de toutes les limitations du travail (c'est-&#224;-dire le capitaliste comme un parasite du travail, les rapports de production comme une entrave &#224; la production) &#8211; par l&#224; &#233;tendant les conditions de travail &#224; tous (&#171; ceux qui ne travaillent pas ne mangent pas &#187;) et r&#233;compensant le travail &#224; la juste part de la valeur qu'il produit (&#224; travers diff&#233;rents sch&#233;mas de comptabilit&#233; du travail).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;vidente contradiction entre les moyens et les fins, mise en &#233;vidence par les relations houleuses des surr&#233;alistes avec le Parti communiste fran&#231;ais, &#233;tait typique des th&#233;ories r&#233;volutionnaires tout au long de la phase ascendante du mouvement ouvrier. Des anarchosyndicalistes aux staliniens, le large panorama de ce mouvement pla&#231;ait ses espoirs de renversement du capitalisme et de la soci&#233;t&#233; de classes en g&#233;n&#233;ral, dans la mont&#233;e en puissance de la classe ouvri&#232;re &#224; l'int&#233;rieur du capitalisme. A un moment donn&#233;, le pouvoir ouvrier devait s'emparer des moyens de production, conduisant &#224; une &#171; p&#233;riode de transition &#187; vers le communisme ou l'anarchisme, une p&#233;riode qui ne conna&#238;trait pas l'abolition de la situation de la classe ouvri&#232;re, mais sa g&#233;n&#233;ralisation. Ainsi, le but ultime de l'&#233;limination de la soci&#233;t&#233; de classes coexisterait avec la large vari&#233;t&#233; des moyens r&#233;volutionnaires qui avaient &#233;t&#233; fond&#233;s sur sa perp&#233;tuation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Internationale Situationniste (IS) h&#233;rita de l'opposition des surr&#233;alistes entre les moyens politiques concrets de la lib&#233;ration du travail et le but utopique de son abolition. Sa r&#233;ussite principale fut de transposer une opposition externe m&#233;di&#233;e par la transition du programme socialiste en une activit&#233; interne plus ad&#233;quate &#224; leur conception de l'activit&#233; r&#233;volutionnaire.. Cette derni&#232;re consistait en une r&#233;&#233;laboration radicale de la lib&#233;ration du travail, suivant des lignes qui soulignaient le refus de toute s&#233;paration entre l'action r&#233;volutionnaire et la transformation totale de la vie &#8211; une id&#233;e exprim&#233;e implicitement dans leur projet original de &#171; cr&#233;er des situations &#187;. L'importance de ce d&#233;veloppement ne doit pas &#234;tre sous-estim&#233;e, dans la mesure o&#249; la &#171; critique de la s&#233;paration &#187; impliquait ici une n&#233;gation de tout hiatus temporel entre les moyens et les fins (et donc de toute p&#233;riode de transition), aussi bien qu'un refus de toute m&#233;diation synchronique &#8211; insistant sur une participation universelle (directe, d&#233;mocratique) &#224; l'action r&#233;volutionnaire. D&#233;j&#224;, du fait de cette capacit&#233; &#224; repenser l'espace-temps de la r&#233;volution, le d&#233;passement par l'IS de l'opposition entre lib&#233;ration et abolition du travail consistait finalement en la r&#233;union des deux p&#244;les en un autre, en une unit&#233; imm&#233;diatement contradictoire, transposant l'opposition entre moyens et fins en une opposition entre forme et contenu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s leur rencontre avec le groupe n&#233;o-conseilliste Socialisme ou Barbarie au d&#233;but des ann&#233;es 1960, l'IS adopta corps et &#226;me le programme r&#233;volutionnaire du communisme de conseils, louant le conseil &#8211; l'appareil par lequel les ouvriers autog&#232;reraient leur production et, conjointement avec les autres conseils, s'empareraient de toute la puissance sociale &#8211; comme &#171; forme finalement achev&#233;e &#187; de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. D&#232;s lors, tout le potentiel et les limites de l'IS &#233;taient contenus dans la tension entre leur appel &#224; &#171; abolir le travail &#187; et leur slogan central &#171; tout le pouvoir aux conseils ouvriers &#187;. D'un c&#244;t&#233; le contenu de la r&#233;volution &#233;tait d'amener une remise en question radicale du travail lui-m&#234;me (et non simplement de son organisation), avec le but de d&#233;passer la s&#233;paration entre travail et loisir ; alors que de l'autre c&#244;t&#233; la forme de cette r&#233;volution &#233;tait la prise en mains par les ouvriers de leurs ateliers et leur gestion d&#233;mocratique. [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Les situationnistes &#233;taient conscients de cette critique potentielle et (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]
Ce qui a emp&#234;ch&#233; l'IS de d&#233;passer cette contradiction, c'&#233;tait que les polarit&#233;s de contenu et de forme &#233;taient toutes deux ancr&#233;es dans l'affirmation du mouvement ouvrier et la lib&#233;ration du travail. Pour autant que l'IS se soit appropri&#233; la pr&#233;occupation de l'ali&#233;nation du travail &#224; partir du jeune Marx (et des enqu&#234;tes sociologiques de Socialisme ou Barbarie), ils voyaient cependant la critique de cette ali&#233;nation rendue possible par la prosp&#233;rit&#233; technologique du capitalisme moderne (&#171; la soci&#233;t&#233; des loisirs &#187; issues des potentialit&#233;s de l'automation) et par les bataillons du mouvement ouvrier qui &#233;taient capables tout &#224; la fois de contraindre (dans leurs luttes quotidiennes) et de s'approprier (dans leurs conseils r&#233;volutionnaires) ces avanc&#233;es techniques. C'&#233;tait donc sur la base d'un pouvoir ouvrier sur les lieux de production qu'ils voyaient l'abolition du travail devenant alors possible, d'un point de vue organisationnel et technique. En transposant les techniques des cybern&#233;ticiens et les attitudes des anti-artistes boh&#232;mes dans les mains calleuses et aguerries de la classe ouvri&#232;re organis&#233;e, les situationnistes furent capables d'imaginer l'abolition du travail comme le r&#233;sultat direct de sa lib&#233;ration ; c'est-&#224;-dire d'imaginer le d&#233;passement de l'ali&#233;nation comme r&#233;sultat d'une restructuration technico-cr&#233;ative de l'atelier par les travailleurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce sens, l'IS repr&#233;sente le dernier acte de foi sinc&#232;re dans une conception r&#233;volutionnaire de l'autogestion comme partie int&#233;grante du programme de lib&#233;ration du travail. Mais sa critique du travail sera reprise et transform&#233;e par ceux qui cherch&#232;rent &#224; th&#233;oriser les nouvelles luttes qui &#233;merg&#232;rent lorsque le programme entra dans une crise irr&#233;versible durant les ann&#233;es 1970. Ces derniers entendront cette critique comme ancr&#233;e, non pas dans l'affirmation du mouvement ouvrier, mais dans les nouvelles formes de luttes qui co&#239;ncidaient avec sa d&#233;composition. Toutefois, dans les &#233;crits de Invariance, La Vieille Taupe, Mouvement Communiste et autres, cette tentative de d&#233;passer la contradiction centrale de l'IS s'exprimera tout d'abord dans une critique du &#171; formalisme &#187;, la pr&#233;&#233;minence de la forme sur le contenu, dans l'id&#233;ologie du communisme de conseil.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La critique du conseillisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux prescriptions de l'IS, les ouvriers qui prirent part aux gr&#232;ves massives de Mai 68 en France ne s'empar&#232;rent pas des moyens de production, ne form&#232;rent pas de conseils, ou n'essay&#232;rent pas de placer les usines sous contr&#244;le ouvrier [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='L'IS r&#233;v&#232;lera plus tard l'&#233;tendue de leur propre d&#233;sillusion en (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]. Dans l'immense majorit&#233; des ateliers occup&#233;s, les ouvriers se content&#232;rent de laisser toute l'organisation aux mains de leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux, et ces derniers eurent bien du mal &#224; convaincre les ouvriers de se montrer aux assembl&#233;es d'occupation pour voter la continuation de la gr&#232;ve [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Les gr&#232;ves en France en mai-juin 1968, Bruno Astarian, Echanges et (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;] . Dans les luttes de classe les plus importantes des ann&#233;es suivantes, plus particuli&#232;rement en Italie, la forme conseil, en substance le paradigme de la radicalit&#233; prol&#233;tarienne du cycle pr&#233;c&#233;dent (Allemagne 19, Italie 21, Espagne 36, Hongrie 56), &#233;tait notoirement absent. Pourtant, ces ann&#233;es virent paradoxalement une mont&#233;e de l'id&#233;ologie conseilliste, alors que la perception d'une classe ouvri&#232;re de plus en plus incontr&#244;lable et la viabilit&#233; d&#233;croissante des vieilles organisations semblait indiquer que la seule chose qui faisait d&#233;faut &#233;tait une forme plus ad&#233;quate aux luttes spontan&#233;es et non hi&#233;rarchis&#233;es. Dans ce contexte, des groupes tels que Informations Correspondance Ouvri&#232;res (ICO) en France, Solidarity en Angleterre, Root and Branch aux Etats-Unis, et dans une certaine mesure le courant op&#233;ra&#239;ste en Italie, s'employ&#232;rent &#224; ranimer un int&#233;r&#234;t pour la Gauche germano-hollandaise en bl&#226;mant les vieux ennemis du conseillisme &#8211; tous les partis de gauche et les syndicats, tous les &#171; bureaucrates &#187; dans le langage de l'IS &#8211; pour l'&#233;chec de chaque nouvelle insurrection.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne prendra pas longtemps pour que cette perspective soit mise &#224; l'&#233;preuve, et cette &#233;preuve prendra au d&#233;part la forme d'une r&#233;surgence de l'autre tradition de la gauche communiste. Sous la conduite intellectuelle d'Amadeo Bordiga, la Gauche italienne a longtemps critiqu&#233; le communisme de conseils (que, dans &#171; le gauchisme, maladie infantile du communisme &#187;, L&#233;nine amalgame &#224; la Gauche italienne) pour sa promotion de la forme sur le contenu, et sa conception non-critique de la d&#233;mocratie [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Les formules de contr&#244;le ouvrier et gestion ouvri&#232;re perdent &#224; plus forte (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;] . C'est cette position, filtr&#233;e par l'influence du journal bordiguiste dissident Invariance, qui sous-tend la critique de Gilles Dauv&#233; du communisme de conseils dans &#171; L&#233;ninisme et Ultra-Gauche &#187;, un des textes fondateurs de la tendance que nous d&#233;crivons. Dauv&#233; accuse le communisme de conseils de formalisme &#224; deux titres : leur approche de la question de l'organisation voit la forme de l'organisation comme le facteur d&#233;cisif (un &#171; l&#233;ninisme invers&#233; &#187;), et leur conception des soci&#233;t&#233;s post-r&#233;volutionnaires transforme la forme (les conseils) en contenu du socialisme, en d&#233;peignant ce dernier comme &#233;tant fondamentalement un probl&#232;me de gestion. Pour Dauv&#233;, comme pour Bordiga, ceci &#233;tait une fausse question, puisque le capitalisme n'est pas un mode de gestion mais un mode de production, dans lequel les &#171; gestionnaires &#187; de toutes sortes (capitalistes, bureaucrates, ou m&#234;me ouvriers) sont simplement les agents par lesquels s'articule la loi de la valeur. Comme Pierre Nashua (La Vieille Taupe) et Carsten Juhl (Invariance) le diront ensuite, une telle pr&#233;occupation de la forme sur le contenu substitue de fait au but communiste de la destruction de l'&#233;conomie la simple opposition &#224; sa gestion par la bourgeoisie [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Perspectives sur les conseils, la gestion ouvri&#232;re, et la gauche allemande, (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La critique du travail, &lt;i&gt;bis&lt;/i&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En elle-m&#234;me, cette critique du communisme de conseils ne pouvait que mener &#224; retravailler les th&#232;ses canoniques de la Gauche italienne, soit au travers d'une critique immanente (fa&#231;on Invariance), soit en d&#233;veloppant une sorte d'hybride italo-allemand (fa&#231;on Mouvement Communiste). Ce qui fournit l'impulsion pour une nouvelle conception de la r&#233;volution et du communisme (comme communisation) ne fut pas simplement une compr&#233;hension du contenu du communisme d&#233;rivant d'une lecture serr&#233;e de Marx et de Bordiga, mais aussi l'influence de toute une vague de luttes de classe de la fin des ann&#233;es 1960 et du d&#233;but des ann&#233;es 1970 qui donn&#232;rent un sens nouveau au &#171; refus du travail &#187; comme contenu sp&#233;cifique de la r&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, les journalistes et les sociologues commenc&#232;rent &#224; parler de &#171; r&#233;volte contre le travail &#187; touchant toute une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'ouvriers des industries traditionnelles, avec des taux d'absent&#233;isme et de sabotages croissant rapidement, aussi bien qu'un d&#233;nis de l'autorit&#233; du syndicat largement r&#233;pandu. Les commentateurs rejetaient la faute, en vrac, sur : le sentiment de la superfluit&#233; et l'ins&#233;curit&#233; qu'amenait l'automation ; l'assurance croissante des minorit&#233;s traditionnellement opprim&#233;es ; l'influence d'une contre-culture anti-autoritaire ; le pouvoir et le sentiment de l&#233;gitimit&#233; apport&#233;s par le boom prolong&#233; d'apr&#232;s-guerre et son &#171; salaire social &#187;, gagnait de haute lutte. Quelle qu'ait &#233;t&#233; la raison de ces d&#233;veloppements, ce qui semblait caract&#233;riser les nouvelles luttes &#233;tait une rupture d'avec les formes traditionnelles par lesquelles les ouvriers cherchaient &#224; obtenir le contr&#244;le du proc&#232;s de travail, laissant seulement l'expression d'un d&#233;sir apparent de travailler moins. Pour beaucoup de ceux qui avaient &#233;t&#233; influenc&#233;s par l'IS, ce nouvel &#171; assaut &#187; prol&#233;tarien &#233;tait caract&#233;ris&#233; par un &#171; refus du travail &#187; d&#233;barrass&#233; des &#233;l&#233;ments techno-utopiques et boh&#232;mo-artistiques que l'IS n'avait jamais pu abandonner. Les groupes comme N&#233;gation et Intervention Communiste affirm&#232;rent que ce n'&#233;tait pas seulement la puissance des syndicats qui &#233;tait sap&#233;e par ces luttes, mais tout le programme marxiste et anarchiste de la lib&#233;ration du travail et le triomphe du &#171; pouvoir ouvrier &#187;. Loin de lib&#233;rer leur travail, l'amenant sous leur propre contr&#244;le et l'utilisant pour prendre le contr&#244;le de la soci&#233;t&#233; en autog&#233;rant leurs ateliers, dans le Mai fran&#231;ais et le &#171; Mai rampant &#187; qui suivit en Italie, la &#171; critique du travail &#187; prit la forme de centaines de milliers d'ouvriers d&#233;sertant leurs ateliers. Plut&#244;t qu'un signe que les luttes n'&#233;taient pas all&#233; assez loin, l'absence de conseils ouvriers durant cette p&#233;riode f&#251;t alors comprise comme l'expression d'une rupture avec ce qui serait connu comme &#171; le vieux mouvement ouvrier &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le concept de communisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A l'image de son influence dans la diffusion susmentionn&#233;e de la critique du conseillisme, le journal bordiguiste dissident Invariance fut un important pr&#233;curseur de la r&#233;flexion critique sur l'histoire et le r&#244;le du mouvement ouvrier. Pour Invariance, le vieux mouvement ouvrier &#233;tait partie prenante d'un d&#233;veloppement du capitalisme depuis un stade simplement &#171; formel &#187; &#224; un de &#171; domination r&#233;elle &#187;. Les &#233;checs ouvriers &#233;taient n&#233;cessaires puisque c'&#233;tait le capital qui &#233;tait constitutif de leur principe d'organisation :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'exemple des r&#233;volutions allemande et surtout russe montre que le prol&#233;tariat fut amplement apte &#224; d&#233;truire un ordre social qui faisait obstacle au d&#233;veloppement des forces productives, donc au devenir du capital, mais qu'au moment o&#249; il s'est agi de fonder une autre communaut&#233;, il resta prisonnier de la logique de la rationalit&#233; du d&#233;veloppement de ces forces productives et s'enferma dans le probl&#232;me de leur gestion. &#187; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='Prol&#233;tariat et r&#233;volution, A. Camatte, Invariance, S&#233;rie II, N&#176;6, p. (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;
Ainsi une question qui, pour Bordigua avait &#233;tait celle d'une erreur th&#233;orique et organisationnelle, revenait pour Camatte &#224; d&#233;finir le r&#244;le historique du mouvement ouvrier dans le capitalisme. L'auto-&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re signifiait seulement le d&#233;veloppement des forces productives, puisque la principale force productive &#233;tait la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me. On n'eut pas besoin de suivre Camatte dans le d&#233;sert [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='Camatte, particuli&#232;rement au travers de l'influence sur Fredy (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;] afin d'&#234;tre d'accord avec cette consid&#233;ration. Apr&#232;s tout, &#224; la fin des ann&#233;es 1970, il &#233;tait clair qu'&#224; l'Est, le mouvement ouvrier avait &#233;t&#233; partie prenante, du moins au d&#233;but, d'une hausse sans pr&#233;c&#233;dent de la capacit&#233; productive des &#233;tats socialiste ; alors qu'&#224; l'Ouest les luttes ouvri&#232;res pour de meilleures productions avaient jou&#233; un r&#244;le cl&#233; dans l'apparition du boom d'apr&#232;s-guerre et l'expansion globale du mode de production capitaliste qui en a r&#233;sult&#233;. D&#233;j&#224;, pour beaucoup, la crise des institutions du mouvement ouvrier des ann&#233;es 1970 montrait que cette fonction purement capitaliste arrivait elle-m&#234;me &#224; une crise, et que les travailleurs seraient capables d'abandonner le fardeau de cette histoire. Pour Mouvement Communiste, N&#233;gation, Intervention Communiste et d'autres, la rupture avec le vieux mouvement ouvrier &#233;tait quelque chose &#224; c&#233;l&#233;brer, non parce que les dirigeants corrompus des organisations ouvri&#232;res ne seraient plus, dor&#233;navant, en mesure de refreiner l'autonomie des masses, mais parce qu'un tel changement repr&#233;sentait une transcendance de la fonction historique du mouvement ouvrier, transcendance qui marquerait la r&#233;&#233;mergence du mouvement communiste, le &#171; mouvement r&#233;el qui abolit l'&#233;tat pr&#233;sent des choses &#187; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='L'id&#233;ologie Allemande, K. Marx et F. Engels.' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]. Et cela se fit dans un sens imm&#233;diat car les &#233;meutes et les gr&#232;ves sauvages de cette d&#233;cennie furent per&#231;ues par ces auteurs comme un refus total de toutes les m&#233;diations du mouvement ouvrier, non pas en faveur de quelque autre m&#233;diation plus &#171; d&#233;mocratique &#187; comme celle des conseils ouvriers, mais d'une fa&#231;on qui posait la production imm&#233;diate des rapports communistes comme le seul horizon r&#233;volutionnaire possible. Ainsi, alors que le communisme avait auparavant &#233;t&#233; vu comme quelque chose qu'il aurait fallu cr&#233;er apr&#232;s la r&#233;volution, la r&#233;volution &#233;t&#233; maintenant vue la production du communisme et rien d'autre (abolition du travail salari&#233; et de l'Etat). La notion de p&#233;riode de transition &#233;tait r&#233;volue [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='L'id&#233;e d'une &#171; p&#233;riode de transition &#187;, que l'on trouve (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un texte r&#233;cent, Dauv&#233; r&#233;sume ainsi cette consid&#233;ration du vieux mouvement ouvrier :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mouvement ouvrier qui existait en 1900, ou encore en 1936, n'a ni &#233;t&#233; &#233;cras&#233; par la r&#233;pression fasciste ni soudoy&#233; avec des transistors et des frigos : il s'est d&#233;truit lui-m&#234;me comme force de changement parce qu'il visait &#224; pr&#233;server la condition prol&#233;tarienne, et non &#224; la d&#233;passer [&#8230;] Le propos du vieux mouvement ouvrier &#233;tait de s'emparer du m&#234;me monde et de le g&#233;rer d'une nouvelle fa&#231;on : mettre l'oisif au travail, d&#233;velopper la production, introduire la d&#233;mocratie ouvri&#232;re (du moins en principe). Seule une petite minorit&#233;, &#171; anarchiste &#187; ou &#171; marxiste &#187;, affirmait qu'une soci&#233;t&#233; nouvelle signifiait la destruction de l'&#201;tat, de la marchandise et du travail salari&#233;, bien qu'elle ait rarement d&#233;fini cela comme un processus, mais plut&#244;t comme un programme &#224; mettre en pratique apr&#232;s la prise de pouvoir [&#8230;] &#187; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='footnote' title='Traduit de Out of the Future, in Eclipse and Reemergence of the Communist (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Contre une telle approche programmatique, des groupes comme Mouvement Communiste, N&#233;gation, et La Guerre Sociale pr&#233;conis&#232;rent une conception de la r&#233;volution comme destruction imm&#233;diate des rapports de production capitalistes, ou &#171; communisation &#187;. Comme nous le verrons, la compr&#233;hension de la communisation diff&#233;rait entre les diff&#233;rents groupes, mais elle signifiait essentiellement l'application de mesures communistes dans la r&#233;volution &#8211; comme condition de sa survie et son arme principale contre le capital. Toute &#171; p&#233;riode de transition &#187; &#233;tait vue comme intrins&#232;quement contre-r&#233;volutionnaire, non pas juste dans la mesure o&#249; elle impliquait une structure de pouvoir alternative qui r&#233;sisterait &#171; en d&#233;p&#233;rissant &#187; (cf. les critiques anarchistes de la &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187;), ni simplement parce qu'elle semblerait toujours laisser les aspects fondamentaux des rapports de production inattaqu&#233;s, mais parce que la base m&#234;me du pouvoir ouvrier sur laquelle une telle transition serait &#233;rig&#233;e &#233;tait &#224; pr&#233;sent vue comme fondamentalement &#233;trang&#232;re aux luttes elles-m&#234;mes. Le pouvoir ouvrier &#233;tait juste l'autre face du pouvoir du capital, le pouvoir de reproduire les ouvriers comme ouvriers ; de ce moment-l&#224;, la seule perspective r&#233;volutionnaire envisageable serait l'abolition de ce rapport r&#233;ciproque [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='footnote' title='Il faut noter que quelque chose comme une th&#232;se de la communisation fut (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Communisation et cycles de luttes&lt;br/&gt;
Troploin et Th&#233;orie Communiste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le milieu au sein duquel l'id&#233;e de communisation a &#233;merg&#233; n'a jamais &#233;t&#233; tr&#232;s uni, et les divisions n'ont fait que cro&#238;tre avec le temps. Certains finirent par abandonner tout ce qui restait du rejet conseilliste du parti et retourn&#232;rent &#224; ce qui subsistait de l'h&#233;ritage de la Gauche italienne, se regroupant autour de sectes ataviques tel que le Courant Communiste International (CCI). Quelques autres consid&#233;r&#232;rent que la remise en cause du vieux mouvement ouvrier et de l'id&#233;e de conseils ouvriers n&#233;cessitait un questionnement du potentiel r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re. Dans sa forme la plus aigu&#235;, avec le journal Invariance, cela conduisit &#224; abandonner la &#171; th&#233;orie du prol&#233;tariat &#187;, en la rempla&#231;ant par une revendication purement normative de &#171; quitter ce monde &#187;, un monde dans lequel la communaut&#233; du capital avait, au travers de la domination r&#233;elle, supplant&#233; la communaut&#233; humaine. M&#234;me parmi ceux qui n'all&#232;rent pas aussi loin, il y eut un sentiment durable qu'aussi longtemps que les luttes demeureraient attach&#233;es au lieu de production, elles ne pourraient s'exprimer elles-m&#234;mes que comme d&#233;fense de la condition de la classe ouvri&#232;re. Malgr&#233; leurs diff&#233;rentes approches, Mouvement Communiste, La Guerre Sociale, N&#233;gation et leurs descendants finirent par revendiquer les r&#233;voltes ouvri&#232;res des ann&#233;es 1970, et le nombre croissant de luttes autour de la reproduction avec lesquelles elles co&#239;ncidaient, dans la mesure o&#249; elles semblaient &#233;chapper aux contraintes de l'identit&#233; de classe, lib&#233;rant la &#171; classe-pour-soi &#187; de la &#171; classe-en-soi &#187;, et donc r&#233;v&#233;lant le potentiel de la communisation comme r&#233;alisation de la v&#233;ritable communaut&#233; humaine. Quelques personnes associ&#233;es &#224; cette tendance (particuli&#232;rement Pierre Guillaume et Dominique Blanc) porteront la critique de l'antifascisme (partag&#233;e dans une certaine mesure par tous ceux qui d&#233;fendaient la th&#232;se de la communisation) jusqu'&#224; ses derni&#232;res extr&#233;mit&#233;s et seront embarqu&#233;s dans &#171; l'affaire Faurisson &#187; de la fin des ann&#233;es 1970 [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='footnote' title='Robert Faurisson est un historien bourgeois qui a attir&#233; l'attention (...)' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;] .Une autre tendance, repr&#233;sent&#233;e par Th&#233;orie Communiste (ci-apr&#232;s TC), tenta d'historiciser la th&#232;se de la communisation elle-m&#234;me, en la comprenant en termes de changement des rapports de classes qui se trouvait dans le processus de sape des institutions du mouvement ouvrier et de l'identit&#233; de la classe ouvri&#232;re en g&#233;n&#233;ral. Ils continueront &#224; concevoir ce changement comme une restructuration fondamentale du mode de production capitaliste en accord avec la fin d'un cycle de lutte et l'&#233;mergence, via une contre-r&#233;volution victorieuse, d'un nouveau cycle. Le trait distinctif de ce nouveau cycle, pour TC, est qu'il porte en lui le potentiel de communisation comme la limite de la contradiction de classe situ&#233;e dor&#233;navant au niveau de la reproduction (voir la postface pour un &#233;clairage de la th&#233;orie de TC &#224; ce propos) [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='footnote' title='D'autres groupes se placent dans la filiation de cette tendance (...)' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que TC d&#233;veloppait sa th&#233;orie de la restructuration &#224; la fin des ann&#233;es 1970, d'autres poursuivaient dans les ann&#233;es 1980 et 1990, et le groupe Troploin (constitu&#233; principalement de Gilles Dauv&#233; et Karl N&#233;sic) a r&#233;cemment tent&#233; quelque chose du m&#234;me genre dans Wither the World ? et In for a Storm. La diff&#233;rence entre ces conceptions est marqu&#233;e, pas seulement parce que ce dernier semble s'&#234;tre, du moins en partie, d&#233;velopp&#233; en opposition au premier. L'&#233;change entre Th&#233;orie Communiste et Troploin que nous publions ici s'est d&#233;roul&#233; durant les dix derni&#232;res ann&#233;es et l'accent mis sur l'affirmation que l'histoire r&#233;volutionnaire du XXe si&#232;cle que l'on trouve dans ces textes, forment diff&#233;rentes conceptions de la restructuration capitaliste et des interpr&#233;tations oppos&#233;es de la p&#233;riode actuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier texte, Quand meurent les insurrections, est bas&#233; sur une introduction ant&#233;rieure de Gilles Dauv&#233; &#224; un ensemble d'articles du journal de la Gauche italienne Bilan sur la guerre civile espagnole. Dans ce texte, Dauv&#233; tente de montrer comment la vague de r&#233;voltes prol&#233;tariennes dans la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle fut &#233;cras&#233;e par les vicissitudes de la guerre et de l'id&#233;ologie. Ainsi, en Russie, la r&#233;volution est sacrifi&#233;e &#224; la guerre civile, et d&#233;truite par la consolidation du pouvoir bolch&#233;vique ; en Italie et en Allemagne les ouvriers sont trahis par les syndicats et les partis, par le mensonge de la d&#233;mocratie ; et en Espagne, c'est encore la marche &#224; la guerre (au son de l'antifascisme) qui scelle le destin de tout le cycle, pi&#233;geant la r&#233;volution prol&#233;tarienne entre deux fronts bourgeois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dauv&#233; n'interroge pas les luttes tardives des ann&#233;es 1960 et 1970, mais il est &#233;vident que les analyses de cette p&#233;riode, comme par exemple la nature du mouvement ouvrier dans son ensemble, enrichissent cette affirmation de ce qui &#171; manquait &#187; dans cette pr&#233;c&#233;dente vague de luttes vaincues. Dans la critique de Quand meurent les insurrections, TC attaque ce qu'il consid&#232;re &#234;tre la perspective &#171; normative &#187; de Dauv&#233; dans laquelle les r&#233;volutions r&#233;elles sont oppos&#233;es &#224; ce qu'elles auraient pu et du &#234;tre &#8211; jusqu'&#224; une formulation jamais-compl&#233;tement-&#233;nonc&#233;e d'une v&#233;ritable r&#233;volution communiste. TC s'accorde largement avec la conception de Dauv&#233; de la r&#233;volution (c'est-&#224;-dire la communisation) mais le critique pour imposer cette conception de fa&#231;on anhistorique sur les pr&#233;c&#233;dentes luttes r&#233;volutionnaires comme &#233;valuation de leurs succ&#232;s et de leurs &#233;checs (et &#233;chouant ainsi &#224; prendre en compte l'&#233;mergence historique de la th&#232;se de la communisation elle-m&#234;me). D'apr&#232;s TC, il s'ensuit que la seule explication que Dauv&#233; est capable de donner de l'&#233;chec des r&#233;volutions pass&#233;es est celle, finalement tautologique, qu'elles ne sont pas all&#233;es assez loin &#8211; &#171; les r&#233;volutions prol&#233;tariennes ont &#233;chou&#233; parce que les prol&#233;taires ont &#233;chou&#233; &#224; faire la r&#233;volution &#187; [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Postface.' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;] . A contrario, ils affirment que leur propre th&#233;orie est capable de rendre compte de fa&#231;on solide de tout le cycle de r&#233;volution, contre-r&#233;volution, et restructuration, dans lequel il est possible de montrer que les r&#233;volutions comprenaient leur propre contre-r&#233;volution comme limite intrins&#232;que des cycles dont elles ont &#233;merg&#233; et port&#233;es &#224; terme [&lt;a href='#nb20' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour une discussion plus d&#233;taill&#233;e des diff&#233;rentes affirmations &#224; (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les trois textes qui suivent dans l'&#233;change (deux de Troploin et un de TC), un certain nombre de controverses sont explor&#233;es, incluant le r&#244;le de &#171; l'humanisme &#187; dans la conception que Troploin a de la communisation, et le r&#244;le du &#171; d&#233;terminisme &#187; dans celle de TC (la postface pr&#233;sente notre interpr&#233;tation de certaines de ces questions comme elle clarifie la plupart des termes). Toutefois, pour nous, l'aspect le plus int&#233;ressant de cet &#233;change, la raison pour laquelle nous le publions ici, est qu'il constitue la tentative la plus nette que nous ayons rencontr&#233; de poser l'h&#233;ritage des mouvements r&#233;volutionnaires du XXe si&#232;cle en termes de conception du communiste, ni comme id&#233;al, ni comme programme, mais comme un mouvement inh&#233;rent au monde du capital, qui abolit les rapports sociaux capitalistes sur la base de pr&#233;misses actuellement existantes. C'est dans le but d'interroger ces pr&#233;misses, de retourner au pr&#233;sent &#8211; notre point de d&#233;part &#8211; que nous cherchons &#224; analyser leurs conditions d'&#233;mergence dans les pr&#233;c&#233;dents cycles de luttes et de r&#233;volution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://endnotes.org.uk/" class="spip_out"&gt;Endnotes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &#171; Bring Out Your Dead &#187;, r&#233;f&#233;rence au film des Monthy Python, Holy Grail, et &#224; la fameuse s&#233;quence durant laquelle le charretier, collecteur de cadavres, parcourt la ville, criant &#171; Bring out your dead ! &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, K. Marx, 1851&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Leaving the 20th Century : The Incomplete Work of the Situationist International,&lt;/i&gt; Christopher Gray, 1974&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &#171; Jamais nous ne travaillerons, &#244; flots de feux ! &#187;, A. Rimbaud, Qu'est-ce que nous, mon c&#339;ur, mai 1871, in &#338;uvre-vie, Arl&#233;a, 1991, p. 181&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] La r&#233;volution surr&#233;aliste, N&#176;4 (1925). En pratique, le refus des surr&#233;alistes du travail se r&#233;duisait souvent aux artistes, avec des d&#233;nonciations de l'influence du travail salari&#233; sur la cr&#233;ativit&#233; et des revendications de subsides publics pour payer le co&#251;t de leurs existences. M&#234;me le texte co&#233;crit par Breton et Trotski, Pour un art r&#233;volutionnaire ind&#233;pendant (1938), semble faire un distinguo entre deux r&#233;gimes r&#233;volutionnaires, un pour les artistes/intellectuels, et un pour les ouvriers. &#171; Si, pour le d&#233;veloppement des forces productives mat&#233;rielles, la r&#233;volution est tenue d'&#233;riger un r&#233;gime socialiste de plan centralis&#233;, pour la cr&#233;ation intellectuelle elle doit d&#232;s le d&#233;but m&#234;me &#233;tablir et assurer un r&#233;gime anarchiste de libert&#233; individuelle. &#187; De la sorte, une raison pour laquelle les surr&#233;alistes ont n&#233;glig&#233; la contradiction entre la lib&#233;ration et l'abolition du travail a pu &#234;tre qu'ils voyaient celle-ci comme une probl&#232;me pour les autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Les situationnistes &#233;taient conscients de cette critique potentielle et tent&#232;rent de l'&#233;viter. Dans Pr&#233;liminaires sur les conseils et l'organisation conseilliste (IS, N&#176;12, 1969), Riesel &#233;crit &#171; On sait que nous n'avons aucune propension &#224; l'ouvri&#233;risme, sous quelque forme que ce soit &#187;, mais continue &#224; d&#233;crire comment les ouvriers demeurent la &#171; force centrale &#187; avec les conseils et la r&#233;volution. Quand ils vinrent au plus pr&#232;s du questionnement sur l'affirmation du prol&#233;tariat, dans la th&#233;orie de &#171; l'autogestion g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#187;, ils &#233;taient les plus incoh&#233;rents &#8211; &#171; Seul le prol&#233;tariat pr&#233;cise, en se niant, le projet d'autogestion g&#233;n&#233;ralis&#233;e, parce qu'il le porte en lui objectivement et subjectivement. &#187; (Avis aux civilis&#233;s relativement &#224; l'autogestion g&#233;n&#233;ralis&#233;e, R. Vaneigem, Ibid.). Si le prol&#233;tariat porte le projet d'autogestion &#171; en lui-m&#234;me &#187;, il en d&#233;coule qu'il doit nier ce projet en se &#171; niant lui-m&#234;me &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] L'IS r&#233;v&#232;lera plus tard l'&#233;tendue de leur propre d&#233;sillusion en affirmant r&#233;trospectivement que les ouvriers avaient &#233;t&#233; &#171; objectivement, &#224; plusieurs instants, &#224; une heure &#187; de l'&#233;tablissement de conseils durant les &#233;v&#232;nements de Mai. (Le commencement d'une &#233;poque, IS, N&#176;12, 1969)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Les gr&#232;ves en France en mai-juin 1968, Bruno Astarian, Echanges et Mouvement, 2003&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &#171; Les formules de contr&#244;le ouvrier et gestion ouvri&#232;re perdent &#224; plus forte raison toute signification [&#8230;] Le &#171; contenu du socialisme &#187; ne sera pas l'autonomie du prol&#233;tariat, mais sa disparition c'est-&#224;-dire la disparition du salariat, de l'&#233;change, m&#234;me du dernier, celui qui s'effectue entre monnaie et force de travail, disparition enfin, de l'entreprise. Il n'y aura rien &#224; contr&#244;ler ni &#224; g&#233;rer, personne face &#224; qui r&#233;clamer l'autonomie. &#187; (Les Fondements du communisme r&#233;volutionnaire marxiste, A Bordiga, 1957)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] Perspectives sur les conseils, la gestion ouvri&#232;re, et la gauche allemande, Pierre Nashua (Pierre Guillaume), La Vieille Taupe, 1974. La r&#233;volution allemande et le spectre du prol&#233;tariat, Carsten Juhl, Invariance, S&#233;rie II, N&#176;5, 1974&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] Prol&#233;tariat et r&#233;volution, A. Camatte, Invariance, S&#233;rie II, N&#176;6, p. 40.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh12' id='nb12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] Camatte, particuli&#232;rement au travers de l'influence sur Fredy Perlman, deviendra la principale inspiration de la pens&#233;e primitiviste &#8211; voir This World We Must Leave and Other Essays, Autonomedia, 1995.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh13' id='nb13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] L'id&#233;ologie Allemande, K. Marx et F. Engels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh14' id='nb14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] L'id&#233;e d'une &#171; p&#233;riode de transition &#187;, que l'on trouve notamment dans les &#233;crits politiques de Marx et Engels, a &#233;t&#233; partag&#233;e par presque toutes les tendances du mouvement ouvrier. Durant une telle p&#233;riode, les ouvriers &#233;taient suppos&#233;s s'emparer du contr&#244;le des appareils politique (l&#233;niniste) ou &#233;conomique (syndicaliste), et les diriger selon leurs propres int&#233;r&#234;ts. Ceci correspondait &#224; une affirmation commune que les ouvriers pouvaient g&#233;rer leurs ateliers mieux que leurs patrons, et donc que s'emparer de la production serait identique &#224; la d&#233;velopper (r&#233;solvant les inefficacit&#233;s, les irrationalit&#233;s et les injustices). En d&#233;pla&#231;ant la question communiste (la question pratique de l'abolition du travail salari&#233;, de l'&#233;change, et de l'Etat), au-del&#224; de la transition, le but imm&#233;diat, la r&#233;volution, devenait un d&#233;passement de certains &#171; mauvais &#187; aspects du capitalisme (l'in&#233;galit&#233;, la tyrannie d'une classe parasite, &#171; l'anarchie &#187; du march&#233;, &#171; l'irrationalit&#233; &#187; d'activit&#233;s &#171; improductives &#187;&#8230;), tout en pr&#233;servant des aspects de la production capitaliste dans une forme plus &#171; rationnelle &#187; et moins &#171; injuste &#187; (&#233;galit&#233; du salaire et obligation de travailler, l'assurance de la pleine jouissance du produit de chacun apr&#232;s d&#233;duction des &#171; co&#251;ts sociaux &#187;&#8230;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh15' id='nb15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] Traduit de Out of the Future, in Eclipse and Reemergence of the Communist Movement, G. Dauv&#233;, 1997&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh16' id='nb16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] Il faut noter que quelque chose comme une th&#232;se de la communisation fut produite ind&#233;pendamment par Alfredo Bonanno et autres &#171; anarchistes insurrectionnalistes &#187; dans les ann&#233;es 1980. Ils essay&#232;rent alors de la comprendre comme une le&#231;on &#224; appliquer &#224; chaque lutte particuli&#232;re. Comme Debord disait de l'anarchisme en g&#233;n&#233;ral, une telle m&#233;thodologie id&#233;aliste et normative &#171; abandonne le terrain historique &#187; en postulant que les formes ad&#233;quates de pratiques ont toutes &#233;t&#233; trouv&#233;es (Debord, La soci&#233;t&#233; du spectacle). Comme une horloge cass&#233;e, un tel anarchisme est toujours capable de donner l'heure juste, mais seulement &#224; un moment donn&#233;, de sorte que, lorsque le moment arrive, finalement, cela fait peu de diff&#233;rence que ce soit, finalement, exact.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh17' id='nb17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] Robert Faurisson est un historien bourgeois qui a attir&#233; l'attention sur lui &#224; la fin des ann&#233;es 1970 en niant l'existence des chambres &#224; gaz d'Auschwitz (mais non le massacre syst&#233;matique de civils par les nazis). De ce fait, Faurisson se retrouva devant les tribunaux. Pour des raisons connues de lui seul, Pierre Guillaume devint un &#233;minent d&#233;fenseur de Faurisson et parvint &#224; rallier plusieurs participants de la Vieille Taupe et La Guerre Sociale (en particulier Dominique Blanc) &#224; sa cause. Cela cr&#233;a une pol&#233;mique intestine dans l'ultra-gauche parisienne qui dura plus d'une d&#233;cennie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh18' id='nb18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] D'autres groupes se placent dans la filiation de cette tendance (grossi&#232;rement d&#233;finie) dans les ann&#233;es 1970 : &lt;i&gt;La Banquise, L'Ins&#233;curit&#233; Sociale, Le Brise-Glace, Le Voyou, Crise Communiste, Hic Salta, La Mat&#233;rielle, Temps Critiques.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh19' id='nb19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] Voir Postface.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh20' id='nb20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='footnote'&gt;20&lt;/a&gt;] Pour une discussion plus d&#233;taill&#233;e des diff&#233;rentes affirmations &#224; l'&#339;uvre dans cet &#233;change, voir la postface &#224; la fin de ce num&#233;ro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La crise permanente dans l'Education : sur quelques luttes r&#233;centes en Gr&#232;ce</title>
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		<description>Un coup d'&#339;il d&#233;taill&#233; aux gr&#232;ves et occupations des enseignants, &#233;tudiants et parents en 2006-2007 en r&#233;ponse aux politiques n&#233;olib&#233;rales qui furent impos&#233;es au syst&#232;me &#233;ducatif grec. Le d&#233;veloppement capitaliste en Gr&#232;ce durant les ann&#233;es 1960 signifiait la croissance du secteur secondaire, plus particuli&#232;rement la construction et l'industrie (bas&#233;e principalement sur le faible co&#251;t du travail et non sur des investissements importants en capital fixes), l'exode (...)

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&lt;a href="http://meeting.communisation.net/collectif-meeting/on-peut-en-parler-ou-pas/" rel="directory"&gt;... On peut en parler (ou pas !)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un coup d'&#339;il d&#233;taill&#233; aux gr&#232;ves et occupations des enseignants, &#233;tudiants et parents en 2006-2007 en r&#233;ponse aux politiques n&#233;olib&#233;rales qui furent impos&#233;es au syst&#232;me &#233;ducatif grec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;veloppement capitaliste en Gr&#232;ce durant les ann&#233;es 1960 signifiait la croissance du secteur secondaire, plus particuli&#232;rement la construction et l'industrie (bas&#233;e principalement sur le faible co&#251;t du travail et non sur des investissements importants en capital fixes), l'exode rural correspondant et l'&#233;rosion des &#233;conomies locales de subsistance. Graduellement, ce d&#233;veloppement a g&#233;n&#233;r&#233; un besoin de main-d'&#339;uvre plus qualifi&#233;e et plus diversifi&#233;e. En cons&#233;quence, l'enseignement public s'est d&#233;velopp&#233;, l'&#233;ducation de base est devenue obligatoire et la population universitaire a commenc&#233; &#224; cro&#238;tre. Les gr&#232;ves sauvages &#233;taient quotidiennes, les campagnes sur les b&#233;n&#233;fices sociaux, les questions locales ou de logement &#233;taient organis&#233;es dans quasiment chaque quartier. C'est aussi &#224; ce moment que les luttes pour une &#171; &#233;ducation libre et publique &#187; ont commenc&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les luttes de classe r&#233;formistes revinrent &#224; l'ordre du jour apr&#232;s la chute de la dictature (1974) et l'enseignement &#8211; en particulier l'enseignement universitaire &#8211; devint le principal &#171; m&#233;canisme &#187; d'ascension sociale &#224; partir des ann&#233;es 1970 en Gr&#232;ce, comme c'&#233;tait le cas dans les pays capitalistes avanc&#233;s, deux d&#233;cennies auparavant. Les &#233;tudiants d'origine modeste, venant de famille ouvri&#232;res ou paysannes, pouvaient trouver un poste permanent dans le secteur public ou un emploi relativement assur&#233; dans le secteur priv&#233; s'ils &#233;taient en possession d'un dipl&#244;me universitaire (et, plus encore, ils pouvaient m&#234;me acqu&#233;rir une position de cadre ou d&#233;marrer leur propres petites entreprises, particuli&#232;rement dans le secteur de la construction). Ainsi, l'universit&#233; publique est devenue une des plus importantes institutions pour l'int&#233;gration et la satisfaction des &#171; attentes sociales &#187;, avec un accroissement constant des co&#251;ts dans le budget de l'&#201;tat.
L'int&#233;gration des revendications &#171; populaires &#187; contribua &#224; la l&#233;gitimation des rapports d'exploitation capitalistes, ce qui est une des deux fonctions de base de l'Etat capitaliste d&#233;mocratique moderne &#8211; son autre fonction &#233;tant de mettre en place les conditions &#224; un proc&#232;s d'accumulation capitaliste sans heurts, par la reproduction accrue de la force de travail et du capital. Mais les luttes de classe des ann&#233;es 1970 eurent pour cons&#233;quence qu'au d&#233;but des ann&#233;es 1980, l'&#201;tat commen&#231;ait &#224; conna&#238;tre de grandes difficult&#233;s &#224; exercer, de fa&#231;on satisfaisante, ces deux fonctions compl&#233;mentaires mais contradictoires. Les &#171; attentes sociales &#187; n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;duites, m&#234;me apr&#232;s l'introduction de politiques n&#233;olib&#233;rales dans les ann&#233;es 1990, qui visaient &#224; r&#233;soudre cette contradiction par le biais de l'approfondissement des divisions dans la classe ouvri&#232;re. Pour preuve, la r&#233;apparition constante de luttes dans le secteur &#233;ducatif.
Ce qui suit est constitu&#233; de parties de texte que nous avons &#233;crit durant les deux derni&#232;res ann&#233;es. Ces textes &#233;taient une tentative d'analyse th&#233;orique de la crise du syst&#232;me &#233;ducatif, c'est-&#224;-dire du processus de restructuration n&#233;olib&#233;rale mis en place depuis des ann&#233;es et des luttes qui s'y sont oppos&#233;. En dehors des occupations d'universit&#233;s, une autre lutte r&#233;cente qui a inspir&#233; ces textes fut la gr&#232;ve de six semaines des enseignants d'&#233;cole primaire &#224; l'automne 2006. Sa dur&#233;e, ses revendications et le fait que certains d'entre nous aient particip&#233; &#224; la gr&#232;ve nous ont pouss&#233; &#224; tenter de l'analyser dans le contexte g&#233;n&#233;ral de la crise de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien que les enseignants du primaire, en Gr&#232;ce, n'aient pas encore ressenti la pression d'un proc&#232;s de travail ali&#233;nant, standardis&#233; et soumis &#224; de constantes &#233;valuations &#8211; comme au Royaume-Uni par exemple &#8211;, il y a n&#233;anmoins une tendance croissante &#224; rendre les cours de plus en plus intensifs. Les programmes tendent &#224; devenir plus stricts, de nouvelles m&#233;thodes d'enseignement ont &#233;t&#233; introduites et, assez r&#233;cemment, de nouveaux livres de classe ont &#233;t&#233; impos&#233;s aux enseignants et aux &#233;l&#232;ves avec beaucoup plus de difficult&#233;s mat&#233;rielles qu'auparavant. La perte graduelle de contr&#244;le des enseignants sur le processus d'enseignement s'accompagne lentement de l'entr&#233;e des lobbies vendant des programmes &#233;ducatifs. Pour couronner le tout, il y a eu une tendance croissante &#224; r&#233;duire les co&#251;ts &#233;ducatifs, comme partie int&#233;grante de la politique g&#233;n&#233;rale de r&#233;duction des d&#233;penses publiques.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Dix ans plus tard&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons dit plus haut, l'&#233;ducation, comme principale institution capitaliste qui forme, qualifie et alloue la force de travail comme marchandise, dans la division capitaliste du travail en d&#233;veloppement continu, s'est &#233;largie en termes de population universitaire depuis les ann&#233;es 1960, en Gr&#232;ce. Ce d&#233;veloppement a fait surgir de nouvelles revendications &#171; populaires &#187;, des attentes, des opportunit&#233;s de mobilit&#233; sociale et des &#171; succ&#232;s &#187; individuels. Il a aussi conduit &#224; l'accumulation des tensions et des contradictions, des frustrations et des &#171; &#233;checs &#187; individuels (aussi nomm&#233;es &#171; &#233;checs du syst&#232;me scolaire &#187;). En 1998, d&#233;j&#224;, nous avons particip&#233; au mouvement contre la pr&#233;c&#233;dente tentative de l'&#201;tat de faire une r&#233;forme &#233;ducative qui &#233;tait sortie sous le nom incongru de &#171; Acte 2525 &#187;. A ce moment-l&#224;, dans le num&#233;ro 7 de la revue, nous &#233;crivions que :
&#171; La d&#233;mocratisation de l'&#233;ducation qui a g&#233;n&#233;r&#233; une production massive d'attentes (et une hausse temporaire, corr&#233;lative, de fonctionnaires et de petits-bourgeois durant les ann&#233;es 1970 et 1980, &#224; savoir que, en 1982, 68,7 % de dipl&#244;m&#233;s travaillaient dans le secteur public), qui a g&#233;n&#233;r&#233; une in&#233;vitable crise structurelle de la division hi&#233;rarchique du travail et une crise de la discipline et du bien-fond&#233; de l'&#233;cole ; en d'autres termes, une crise de l&#233;gitimit&#233; qui frappe durement l'enseignement public. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dix ans plus tard, nous sommes oblig&#233;s de dire que cette crise&#8230; continue. Peu importe qu'on nomme cette crise &#8211; une &#171; crise de l&#233;gitimit&#233; &#187;, une &#171; crise du r&#244;le de s&#233;lection et d'attribution de l'&#233;ducation &#187;, une &#171; crise des attentes &#187; ou une &#171; crise dans l'ad&#233;quation des qualifications aux opportunit&#233;s de carri&#232;re &#187; &#8211; le fait est que l'enseignement a &#233;t&#233; s&#233;rieusement conduit &#224; la crise et qu'il para&#238;t raisonnable de penser que cette situation perdurera dans les ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment le fait que l'enseignement public soit responsable de l'accomplissement d'un large spectre de fonctions, ayant une grande importance sociale qui le condamne &#224; se trouver dans un &#233;tat de crise permanent. Dans la mesure o&#249; il s'est appropri&#233; et a int&#233;gr&#233; des fonctions qui &#233;taient historiquement accomplies par d'autres institutions sociales (la famille, la communaut&#233; ouvri&#232;re, l'atelier, la corporation), tous les conflits sociaux et les contradictions se manifestent sur son terrain. La socialisation n'est pas confin&#233;e seulement &#224; la famille, l'apprentissage comme moyen de partage de la connaissance a quasiment cess&#233; d'exister comme &#339;uvre de la corporation, et les capitalistes individuels n'ont pas le droit d'organiser l'&#233;ducation de base de leur force de travail. Comme le r&#244;le de l'enseignement public se d&#233;veloppe, il est in&#233;vitablement transform&#233; en terrain de lutte sociale, un terrain de revendications de classe et de mobilisations (et souvent, au niveau quotidien, en dure comp&#233;tition entre individus). Plus encore, le fait que tous ces conflits prennent place dans la sph&#232;re des institutions &#233;ducatives les fait appara&#238;tre comme des aspects d'une crise &#233;ducative et non comme une crise des rapports d'exploitation de classe. De ce point de vue, m&#234;me si l'&#233;cole moderne a perdu son monopole dans la transmission et la gestion, en &#233;tant confront&#233;e &#224; des challengers puissants, et peut-&#234;tre plus attractifs, tels les mass media et Internet, il n'en reste pas moins qu'elle conserve enti&#232;rement son r&#244;le social (et il n'y a pas de signe qu'elle soit remplac&#233;e par d'autres institutions sociales). D'un c&#244;t&#233;, elle est utilis&#233;e par l'&#201;tat capitaliste comme instrument de l&#233;gitimation et de reproduction des rapports de classes, de l'autre, elle est utilis&#233;e par la classe ouvri&#232;re comme instrument d'amoindrissement des divisions et de s&#233;lection. Chacun de ces deux objectifs antagoniques s'attaque &#224; la racine de la reproduction des rapports de classes capitalistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les tentatives n&#233;olib&#233;rales de restructurer l'&#233;ducation, qui eurent lieu en Gr&#232;ce il y a dix ans, ont rencontr&#233; l'opposition des mouvements &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves et des enseignants. Dans l'article cit&#233; pr&#233;c&#233;demment, nous avons essay&#233; de rendre compte th&#233;oriquement de cette r&#233;ponse (multiple, et, plus ou moins, contradictoire). Une de nos erreurs fut de prendre pour acquis le fait que l'&#201;tat capitaliste serait capable de se sortir de sa crise. A ce moment-l&#224;, le projet de sortie de crise de l'&#201;tat &#233;tait patent : pour autant il n'en restait pas moins un projet. En fouillant ses d&#233;tails, nous faisions r&#233;f&#233;rence aux diff&#233;rents
&#171; programmes &#233;ducatifs qui lient les directives &#233;ducatives europ&#233;ennes &#224; une organisation postfordiste du travail et alignent les qualifications professionnelles sur les qualifications &#233;ducatives afin de former le futur travailleur-collaborateur polyvalent, qui se voit comme usager/consommateur de produits technologiques et de services&#8230; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous mentionnons aussi le r&#244;le de
&#171; La d&#233;centralisation qui vise non seulement &#224; la fragmentation de la r&#233;sistance et des revendications sociales, mais aussi au transfert des co&#251;ts &#233;ducatifs aux communaut&#233;s locales, tout autant que le renforcement de &#8220;l'autonomie&#8221; de l'unit&#233;-&#233;cole, comme unit&#233; d'une &#233;quipe &#233;ducative &#8220;s'auto-&#233;valuant et collaborant&#8221;, qui autog&#232;re l'&#233;cole (peut-&#234;tre &#224; l'aide de financeurs) &#8211; possiblement en comp&#233;tition avec d'autres unit&#233;s. &#187;
Finalement, nous faisions mention de la transformation de l'identit&#233; enseignante depuis celle d'un &#171; fonctionnaire &#187; &#8211; &#171; un mot qui est rarement utilis&#233; aujourd'hui, alors qu'il y a quelques ann&#233;es, il indiquait une identit&#233; prestigieuse et une conscience de soi social-d&#233;mocrate, &#8220;humanitaire&#8221;, d&#233;sormais obsol&#232;te &#8211; &#224; celle de &#8220;professionnel&#8221; &#187;.
Dans le cas de l'enseignement sup&#233;rieur, nous avions pens&#233; que la tentative de creuser la s&#233;paration entre les travailleurs faiblement qualifi&#233;s et les dipl&#244;mes, tout autant qu'entre les dipl&#244;m&#233;s avec des qualifications faibles ou moyennes et ceux de haute qualification aurait &#233;t&#233; couronn&#233;e de succ&#232;s. Mais il ne fallait pas prendre pour argent comptant la propagande n&#233;olib&#233;rale dans sa tentative de surmonter les contradictions h&#233;rit&#233;es de la p&#233;riode sociale-d&#233;mocrate. Il est vrai qu'au d&#233;but, nos adversaires remport&#232;rent pas mal de victoires, et, plus encore, certaines mat&#233;rielles, lorsqu'ils firent passer l'Acte 2525 en 1997 : l'abolition de la liste d'anciennet&#233; des enseignants signifiait qu'ils entraient dans une &#232;re de &#171; formation tout au long de la vie &#187; et que la pr&#233;carit&#233; serait renforc&#233;e au travers de l'id&#233;ologie de &#171; m&#233;ritocratie &#187; et de la comp&#233;tition, rempla&#231;ant un statu quo d'&#233;galit&#233; formelle dans les rapports de travail ; dans le cas de l'enseignement sup&#233;rieur, la s&#233;lection devint plus intensive avec la cr&#233;ation de la nouvelle &#201;cole secondaire polyvalente d'un c&#244;t&#233; et les &#8220;TEE&#8221; (instituts techniques) de l'autre ; dans le cas des universit&#233;s, l'&#201;tat tentait d'&#233;tablir une &#171; formation tout au long de la vie &#187; au travers de nouveaux programmes de formation (appel&#233;s &#171; PSE &#187;) en imposant des frais d'inscription.
Toutefois, il s'ensuivit une s&#233;rie de luttes ouvertes : le mouvement des enseignants au ch&#244;mage et les &#233;meutes devant les centres d'examen contre l'abolition de la liste d'anciennet&#233; cit&#233;e plus haut ; les occupations d'&#233;coles secondaires et d'universit&#233;s par les &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants plus tard cette m&#234;me ann&#233;e. Il y eut aussi beaucoup de r&#233;action invisibles et de refus exprim&#233;s par les &#233;tudiants, les enseignants et les parents qui amoindrirent la monstruosit&#233; des examens dans l'&#201;cole secondaire polyvalente. Le r&#233;sultat fut un rel&#226;chement relatif du processus de s&#233;lection et un pont jet&#233; au-dessus de la s&#233;paration entre &#171; l'&#233;lite &#187; entrant dans l'enseignement sup&#233;rieur et le &#171; rebut &#187; dipl&#244;m&#233; dans les instituts techniques. Plus encore, les programmes universitaires &#171; PSE &#187; ne furent jamais vraiment mis en place, et le projet initial pour l'abolition de la liste d'anciennet&#233; des enseignants fut amend&#233;, gr&#226;ce &#224; la cr&#233;ation d'un syst&#232;me complexe de nomination, constitu&#233; de plusieurs listes, qui se substituait aux conditions de la loi de 1997.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Du fait des luttes de classe, de l'utilisation des subsides europ&#233;ens pour mettre en place de nouveaux d&#233;partements universitaires dans des petites villes afin de renforcer les rentr&#233;es d'argent locales, et de la formation et de la gestion par l'&#201;tat d'un r&#233;servoir de force de travail complexe, peu co&#251;teuse pour le secteur tertiaire, il y eut une hausse dramatique du nombre d'&#233;tudiants dans l'enseignement sup&#233;rieur. En 1993, seuls 26,7 pourcents des citoyens grecs entre 18 et 21 ans avaient &#233;t&#233; dans l'enseignement sup&#233;rieur. En 2004, ce nombre avait &#233;t&#233; port&#233; &#224; 60,3 pourcents. Afin d'&#233;viter une crise fiscale, la part du budget de l'&#233;ducation dans le PNB grec resta au m&#234;me niveau durant les 15 derni&#232;res ann&#233;es (fluctuant entre 3,5 et 4 %).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais afin de diminuer les &#171; attentes sociales &#187;, l'&#201;tat devait faire quelque chose de plus. Ainsi il modifia sa strat&#233;gie &#233;ducative vers un projet n&#233;olib&#233;ral plus net. Les premiers signes de ce changement apparurent d&#232;s le d&#233;but de cette d&#233;cennie. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, cette r&#233;orientation consiste en deux recettes simples : des changements dans la gestion du syst&#232;me &#233;ducatif (ou, du moins, un mouvement graduel dans cette direction) et un financement &#233;tatique inad&#233;quat de l'&#233;ducation. La mise en place de la premi&#232;re recette consiste seulement, pour l'instant, dans l'enseignement primaire et secondaire, dans la coop&#233;ration entre les secteurs public et priv&#233; dans la construction et la gestion conjointe de nouvelles &#233;coles. Cela se manifestera certainement dans le futur par l'apparition d'entreprises finan&#231;ant des &#233;coles primaires et secondaires, attestant de la sorte de leur droit &#224; participer &#224; la formation de leur future force de travail. La r&#233;vision de l'article 16 de la Constitution grecque (nous approfondissons plus loin) est aussi partie int&#233;grante du m&#234;me processus, eut &#233;gard aux universit&#233;s. La r&#233;duction des d&#233;penses publiques pour le secteur &#233;ducatif est une caract&#233;ristique constante des politiques n&#233;olib&#233;rales. Il n'en est pas moins contradictoire, condamn&#233; &#224; cr&#233;er plus de probl&#232;mes que ceux qu'il est suppos&#233; r&#233;soudre. D'un c&#244;t&#233;, il permet &#224; l'&#201;tat de r&#233;duire ses d&#233;penses et d'acc&#233;l&#233;rer le processus de restructuration de l'&#233;ducation, affirmant que c'est une &#171; revendication sociale &#187;. De l'autre, les capitalistes individuels (que nous fassions r&#233;f&#233;rence aux futurs financeurs de l'enseignement primaire ou aux propri&#233;taires d'universit&#233;s priv&#233;es) ont, &#224; juste titre, la r&#233;putation d'&#234;tre incapable d'aller au-del&#224; de leurs int&#233;r&#234;ts propres et de se placer &#224; la disposition des int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux de l'accumulation capitaliste. En d'autres termes, du fait de leurs priorit&#233;s, une entreprise ou un secteur ne peuvent se substituer aux fonctions qui &#233;taient historiquement assur&#233;es par l'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De surcro&#238;t, les n&#233;olib&#233;raux peuvent difficilement dissimuler leur vulgarit&#233; au niveau id&#233;ologique. La &#171; m&#233;ritocratie &#187; a &#233;cart&#233; la supercherie de l'id&#233;ologie sociale-lib&#233;rale qui pr&#233;tendait &#224; une suppos&#233;e utilit&#233; sociale. Pour les n&#233;olib&#233;raux, le droit individuel &#224; agir comme s'il on &#233;tait un entrepreneur priv&#233; conduit &#224; une d&#233;pr&#233;ciation historique de l'id&#233;e de justice sociale, alors que la &#171; soci&#233;t&#233; &#187; est vue comme un simple agr&#233;gat d'individus (ou de familles, comme disait Thatcher), qui sont suppos&#233;s se trouver en &#233;tat de comp&#233;tition permanente. Le probl&#232;me des n&#233;olib&#233;raux est que de telles id&#233;es sapent les bases de leur l&#233;gitimit&#233; politique, qui, en retour, fait revenir la n&#233;cessit&#233; de renforcer l'&#201;tat (et donc le budget de l'&#233;ducation). C'est un cercle vicieux.
A tous les niveaux de l'enseignement, cette tentative de le transformer en entreprise capitaliste est contradictoire mais constante. Cette tentative est perceptible dans les &#233;coles maternelles avec les nouvelles propositions d'intensification des programmes et donc l'insertion pr&#233;coce dans le monde de l'&#233;valuation, de la quantification et, par l&#224; m&#234;me, du travail ; dans l'enseignement secondaire, avec la proposition &#8211; une fois encore &#8211; du Conseil de l'&#201;ducation nationale d'une s&#233;lection plus stricte des &#233;tudiants de l'&#201;cole secondaire polyvalente et la canalisation d'une partie de la population &#233;tudiante vers la formation initiale, via les &#171; nouvelles &#187; &#233;coles techniques ; dans la nouvelle loi sur l'Universit&#233;, qui intensifie le travail dans l'environnement, partiellement et subrepticement privatis&#233;, de l'enseignement sup&#233;rieur depuis les ann&#233;es 1990, mena&#231;ant le prol&#233;tariat intellectuel improductif (et donc exc&#233;dentaire) d'expulsion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les luttes visibles ou invisibles des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes ont mis des limites &#224; la valorisation capitaliste de l'enseignement public et continuent &#224; le faire de nos jours. Le mouvement des occupations d'universit&#233;s qui a &#233;clat&#233; en mai 2006 et a dur&#233; pendant presque un an est un parfait exemple d'une lutte (spectaculairement) visible. Dans le second cas, elles appartiennent aux processus latents qui sabotent et sapent les &#171; innovations &#187; impos&#233;es. Par exemple, les tentatives de transformer les enseignants du primaire en &#171; professionnels &#187; &#8211; ex&#233;cutant les ordres du ministre de l'&#201;ducation, porteurs de &#171; programmes &#187; et de projets afin de trouver des financeurs &#8211; ont fait face &#224; un rejet. Un programme appel&#233; &#171; Zone flexible &#187;, qui &#233;tait suppos&#233; connecter les &#233;coles aux activit&#233;s commerciales locales et qui &#233;tait pr&#233;sent&#233; par les intellectuels d'&#201;tat comme une tentative de mettre en pratique les vieux principes d'une &#233;ducation radicale et int&#233;gr&#233;e, n'a jamais &#233;t&#233; r&#233;ellement mis en place. Ni le discours sur la &#171; connexion de l'&#233;cole avec la vie quotidienne &#187;, ni le bla-bla sur &#171; l'abolition du mod&#232;le centr&#233; sur l'enseignant &#187; et le &#171; d&#233;veloppement de la collaboration entre &#233;tudiants &#187; n'eurent d'effets. En termes simples, la plupart des enseignants pouvaient voir que de tels programmes creuseraient les in&#233;galit&#233;s entre les &#233;l&#232;ves puisqu'ils &#233;taient li&#233;s aux nouveaux syst&#232;mes d'&#233;valuation et, apr&#232;s tout, qu'ils leur imposeraient plus de travail non r&#233;tribu&#233;. Dans le cours des &#233;v&#232;nements, il devint clair pour tous que la mise en place du programme cit&#233; plus haut &#233;tait de toute importance pour le ministre de l'&#201;ducation, dans la mesure o&#249; il incorporait les principaux traits de sa politique : une combinaison de contr&#244;le centralis&#233;, bureaucratique avec une d&#233;centralisation, une r&#233;duction des financements d'&#201;tat et l'assimilation de la logique du capital, alors que dans le m&#234;me temps la participation des financeurs &#233;tait encourag&#233;e afin de trouver des ressources pour la r&#233;alisation des projets.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Quand la loi c&#232;de&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans cette seconde partie, nous essaierons de r&#233;sumer les actes de r&#233;sistance contre les tentatives du capital de restructurer l'enseignement durant les derni&#232;res ann&#233;es. Comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, les principales armes utilis&#233;es par l'&#201;tat sont l'intensification du travail des &#233;tudiants et des enseignants, le financement insuffisant du secteur &#233;ducatif et une s&#233;lection stricte. De cette fa&#231;on, l'&#201;tat essaie de r&#233;pondre &#224; la crise de r&#233;partition hi&#233;rarchis&#233;e de la force de travail, qui s'est tout d'abord manifest&#233;e dans le milieu des ann&#233;es 1980, alors que dans le m&#234;me temps, il s'&#233;chine &#224; la l&#233;gitimation perp&#233;tuelle des rapports sociaux capitalistes &#8211; un m&#233;lange qui, disons-le encore, tend constamment &#224; cr&#233;er de nouvelles crises et contradictions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le nouveau projet de loi sur l'enseignement sup&#233;rieur, qui fut initialement soumis au milieu de 2006 (et fut finalement vot&#233; au milieu du second round du mouvement &#233;tudiant en mars 2007) tentait d'institutionnaliser l&#233;galement et de renforcer les tendances existantes de privatisation et de transformation en entreprises des universit&#233;s. Une s&#233;rie de mesures de ce projet de loi mettaient en avant l'intensification des &#233;tudes (par exemple, en instituant une limite aux nombres d'ann&#233;es d'&#233;tudes accord&#233;es) et imposait un travail &#233;tudiant sous-pay&#233; ou m&#234;me non pay&#233; (par exemple, en garantissant les pr&#234;ts &#233;tudiants et les bourses concomitantes en &#233;change d'emploi &#224; temps partiel dans l'universit&#233;). Plus encore, le financement de l'universit&#233; a &#233;t&#233; li&#233; &#224; un proc&#233;d&#233; d'&#233;valuation. De m&#234;me, la tentative de r&#233;viser l'article 16 de la Constitution grecque afin de permettre l'&#233;tablissement d'universit&#233;s priv&#233;es, vise au m&#234;me but, c'est-&#224;-dire &#224; restructurer les universit&#233;s publiques afin qu'elles tournent de plus en plus comme des entreprises priv&#233;es. En utilisant l'arme du financement insuffisant et s&#233;lectif, l'&#201;tat place les universit&#233;s dans un contexte comp&#233;titif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela a pour cons&#233;quence que les universit&#233;s sont oblig&#233;es de faire de leurs activit&#233;s, des activit&#233;s de profit, partout o&#249; cela est possible. Le crit&#232;re de base de leur &#171; bonne &#187; marche et du financement &#233;tatique ad&#233;quat sera la taille de leurs investissements, le type de recherches qu'elles engagent et leur capacit&#233; &#224; imposer de nouvelles r&#232;gles disciplinaires et &#224; encourager leurs &#233;tudiants &#224; investir individuellement dans le capital humain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Derni&#232;re chose mais non des moindres, la nouvelle loi change la d&#233;finition du sanctuaire acad&#233;mique. Le sanctuaire acad&#233;mique fut le produit l&#233;gal d'un pr&#233;c&#233;dent cycle de luttes de classe en Gr&#232;ce. Il fut introduit au d&#233;but des ann&#233;es 1980 par le gouvernement &#171; socialiste &#187; en reconnaissance du r&#244;le de l'insurrection &#171; &#233;tudiante &#187; de 1973 dans le renversement de la dictature, et &#233;tait une des mesures qui visaient &#224; r&#233;cup&#233;rer, non seulement le mouvement &#233;tudiant militant, mais tout le mouvement de classe des ann&#233;es 1970. Gr&#226;ce au droit de sanctuaire, il y eut des occupations permanentes des universit&#233;s pour des campagnes politiques et, dans une certaine mesure, d'autres usages sociaux des b&#226;timents universitaires (par exemple, les locaux de l'universit&#233; dans le centre d'Ath&#232;nes sont utilis&#233;s pour des rencontres politiques, des f&#234;tes non commerciales, et ainsi de suite, sans la permission des autorit&#233;s universitaires). Le nouveau projet de loi restreint le sanctuaire acad&#233;mique &#224; la protection du &#171; droit au travail &#187; et pr&#233;voit des sanctions sp&#233;cifiques. A partir de maintenant, les gr&#232;ves des &#233;quipes d'enseignement ou d'encadrement, les occupations &#233;tudiantes etc. peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des actions violant la loi sur le sanctuaire acad&#233;mique et, en tant que telles, peuvent &#234;tre r&#233;prim&#233;es par la police.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement d'occupation des universit&#233;s a &#233;clat&#233; en mai 2006. Les &#233;coles et les d&#233;partements universitaires entr&#232;rent dans la lutte l'un apr&#232;s l'autre, et en tr&#232;s peu de temps, toutes les universit&#233;s furent occup&#233;es. Le premier round du mouvement &#233;tudiant parvint &#224; repousser l'adoption du projet de loi. Les occupations reprirent en janvier 2007, quand le gouvernement tenta de r&#233;viser l'article 16 de la Constitution et dura jusqu'&#224; la fin mars. Le mouvement parvint &#224; repousser la r&#233;vision constitutionnelle pour deux ou trois ans (&#224; chaque &#233;v&#233;nement, le processus de r&#233;vision est lent et requiert le retour d'une large majorit&#233; au parlement). N&#233;anmoins, le projet de loi devint loi le 8 mars, alors qu'une &#233;meute f&#233;roce, qui dura plusieurs heures, se d&#233;roulait &#224; l'ext&#233;rieur du parlement. Le mouvement gagna quelques concessions (pas les essentielles), mais la nouvelle loi n'avait pas encore &#233;t&#233; appliqu&#233;e. Il y avait des signes qu'un nouveau mouvement pouvait appara&#238;tre lorsque l'application r&#233;elle de la loi commencerait. En ce qui concerne les caract&#233;ristiques qualitatives du mouvement, il est vrai que les occupations furent plus actives en termes de participation &#233;tudiante, organisation de rencontres, ateliers et ainsi de suite, durant le premier round du mouvement, et pas autant durant la seconde. Il y eut seulement quelques actions minoritaires qui tent&#232;rent d'&#233;tendre le mouvement sur d'autres terrains (comme par exemples des blocages ou des interventions sur des lieux de travail, comme les centres d'appel o&#249; travaillent quelques &#233;tudiants), mais la participation aux manifestations fut r&#233;ellement massive dans toute la Gr&#232;ce (le 8 mars, on estime que 40 &#224; 50 000 personnes particip&#232;rent &#224; la manif).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pour comprendre les raisons pour lesquelles ce mouvement a pris des dimensions si importantes, il ne suffit pas d'en appeler aux changements de l&#233;gislation, parce que certains de ces changements concernaient principalement les futurs &#233;tudiants. On ne peut comprendre ce mouvement qu'en le voyant comme une expression du m&#233;contentement accumul&#233;, que toute une g&#233;n&#233;ration de jeunes prolos avaient endur&#233; depuis les pr&#233;c&#233;dentes r&#233;formes, dix ans auparavant. Ces r&#233;formes &#233;taient l'instrument de l'intensification du travail, &#224; l'&#233;cole et dans le champ du travail salari&#233; proprement dit. Il n'est pas fortuit que les mobilisations aient &#233;clat&#233; au milieu d'une p&#233;riode d'examens. M&#234;me si les porte-parole officiels du mouvement n'ont jamais cess&#233; de jacasser sur le fait que l'ann&#233;e scolaire &#171; ne serait pas perdue &#187; et que les examens se d&#233;rouleraient apr&#232;s le mouvement, les occupations avaient aussi le caract&#232;re d'un &#171; gr&#232;ve des examens &#187;, particuli&#232;rement pendant mai et juin 2006, puisque nombre d'&#233;tudiants, &#224; la fois participants actifs et &#171; passifs &#187; du mouvement, ne voulaient pas passer leurs examens avant les vacances d'&#233;t&#233;, affirmant ainsi leur refus de l'intensification du travail. Plus encore, les &#233;tudiants mobilis&#233;s soulev&#232;rent la question de la &#171; libre &#187; reproduction de leur force de travail (m&#234;me de fa&#231;on contradictoire) par la revendication d'une &#171; &#233;ducation libre et publique &#187;. Cette revendication fut exprim&#233;e plus explicitement par des tendances minoritaires du mouvement qui revendiqu&#232;rent &#171; un logement et un inscription gratuits &#187; aussi bien qu'un &#171; transport gratuit &#187;, revendications qui furent soutenues par quelques blocages de routes et de gares, et quelques interventions dans les stations de m&#233;tro.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien que la r&#233;forme de 1997 de l'enseignement secondaire f&#251;t parvenue &#224; mettre au pas une g&#233;n&#233;ration d'&#233;tudiants pour quelques ann&#233;es, c'&#233;tait une victoire temporaire. Cette g&#233;n&#233;ration ne pouvait &#234;tre arr&#234;t&#233;e dans l'expression de son m&#233;contentement d'une vie qui se caract&#233;risait de plus en plus par l'ins&#233;curit&#233; et la crainte. Une grande partie des &#233;tudiants r&#233;alisaient que les promesses d'une &#171; carri&#232;re couronn&#233;e de succ&#232;s &#187; se r&#233;aliseraient seulement pour une minorit&#233; d'entre eux. En m&#234;me temps, ils se r&#233;volt&#232;rent contre une activit&#233; quotidienne qui ressemblait &#224; n'importe quel travail. Cette r&#233;volte contre le travail &#233;tudiant fut propuls&#233;e par un nombre important d'&#233;tudiants qui avaient d&#233;j&#224; fait directement l'exp&#233;rience de l'exploitation et de l'ali&#233;nation comme salari&#233;s proprement dits. Dans ce contexte, il y eut des interventions pour de meilleures conditions de travail dans les centres d'appel o&#249; travaillaient les &#233;tudiants. Ce n'&#233;tait n&#233;anmoins pas une tendance dominante du mouvement, puisque la plupart des &#233;tudiants d&#233;pendent de leurs parents alors que d'autres esp&#232;rent toujours d'une fa&#231;on ou d'une autre devenir &#171; professionnels &#187;. Ainsi, les &#171; travailleurs &#187; &#233;taient principalement consid&#233;r&#233;s comme des soutiens ext&#233;rieurs, et c'&#233;taient principalement les parents. Bien s&#251;r, la connexion avec d'autres fractions de la classe ouvri&#232;re d&#233;pend directement de l'existence de luttes en dehors de l'universit&#233;. Par exemple, quand une lutte locale pour une am&#233;lioration des conditions de travail a &#233;clat&#233; dans un dispensaire d'&#201;tat dans un village pr&#232;s de Thessalonique, les &#233;tudiants de la facult&#233; de m&#233;decine qui &#233;taient en gr&#232;ve exprim&#232;rent leur solidarit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le syndicat des enseignants appela &#224; la gr&#232;ve des enseignants du primaire durant le premier round du mouvement &#233;tudiant suite &#224; une proposition faite par les syndicalistes gauchistes. Il faut noter qu'il n'y eut pas d'offensive de la part de l'&#201;tat avant l'appel &#224; la gr&#232;ve. La liste des revendications officielles comprenait &#224; la fois des revendications salariales et sur les conditions de travail. C'&#233;tait un ensemble de revendications plut&#244;t important, mais bien qu'il f&#251;t venu &#171; du haut &#187;, et en particulier du groupe gauchiste qui en avait pris l'initiative, elle amenait quand m&#234;me le propos sur les besoins des enseignants, de fa&#231;on indirecte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gr&#232;ve commen&#231;a le 18 septembre 2006 comme une action de cinq jours et dura six semaines. Le syndicat n'avait pas l'intention de continuer la gr&#232;ve au-del&#224; de la premi&#232;re semaine, comme l'a montr&#233;e l'attitude des syndicalistes dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales qui se d&#233;roul&#232;rent apr&#232;s la premi&#232;re semaine de gr&#232;ve. Toutefois, le fait que la participation &#224; la gr&#232;ve ait &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;lev&#233;e, particuli&#232;rement &#224; Ath&#232;nes et dans d'autres zones urbaines (autour de 70-80 %), tout autant que le fait que le ministre ne faisait aucune concession, rendait le recul tr&#232;s difficile pour le syndicat. Ici, il peut &#234;tre utile de remarquer que certains enseignants des zones rurales ne prenaient pas part &#224; la gr&#232;ve, peut-&#234;tre parce qu'ils avaient d'autres boulots comme &#224;-c&#244;t&#233;s, l'&#233;levage par exemple. Ainsi, bien que la gr&#232;ve ait &#233;t&#233; initi&#233;e par les dirigeants syndicaux, dans le processus elle devint plus une action de la base. La participation demeura assez haute dans certaines zones urbaines pour toute la p&#233;riode des six semaines, et durant cette p&#233;riode des manifestations massives se d&#233;roul&#232;rent au centre d'Ath&#232;nes. D'un autre c&#244;t&#233;, la participation aux AG n'&#233;tait pas tr&#232;s importante &#224; l'exception de quelques unions locales. Des comit&#233;s de gr&#232;ve furent organis&#233;s d&#232;s le d&#233;but. Ces comit&#233;s &#233;taient principalement les ex&#233;cutants des d&#233;cisions prises dans les AG locales et il n'y avait pas de coordination entre eux. Comme d'habitude, les AG furent l'ar&#232;ne de diff&#233;rents conflits. La lutte restait sous le contr&#244;le du syndicat et ceci est en partie d&#251; au fait que le groupe gauchiste qui, d'une certaine fa&#231;on, repr&#233;sente et rassemble beaucoup d'&#233;l&#233;ments radicaux du secteur s'empara de l'administration du syndicat pendant la gr&#232;ve. Maintenant, portons notre attention sur les raisons r&#233;elles de la gr&#232;ve et sa combattivit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Premi&#232;rement, nous devons souligner que les enseignants ne peuvent pas &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme un secteur privil&#233;gi&#233; de la classe ouvri&#232;re : le salaire de base d'un enseignant est d'environ 900 euros alors que le salaire minimum en Gr&#232;ce est d'environ 700 euros. Mais les revendications salariales ne pr&#233;valaient pas sur toutes les autres.
Les revendications principales que &#233;taient r&#233;ellement formul&#233;es par la base &#233;taient principalement au nombre de deux : un budget plus &#233;lev&#233; pour l'enseignement, et deuxi&#232;mement, la fin de la &#171; marchandisation de l'&#233;cole &#187; en cours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re revendication exprime une opposition compl&#232;te aux transferts des co&#251;ts de reproduction de la force de travail vers la classe ouvri&#232;re. Les conditions plus dures et la mis&#232;re &#233;conomique de l'&#233;cole &#233;taient assimil&#233;es, aux yeux des enseignants, avec la mis&#232;re du manque de moyens dans leur travail. La conscience d'eux-m&#234;mes positive, traditionnelle, des enseignants s'&#233;tait effondr&#233;e sous le poids de la n&#233;gligence &#233;conomique et de l'ali&#233;nation. Le fait que tout cela n'ait pas &#233;t&#233; exprim&#233; explicitement dans les revendications alors que c'&#233;tait &#233;vident dans beaucoup de rencontres entre enseignants et parents, dans certains textes, dans des d&#233;bats et dans la rue, est tout &#224; fait significatif de la faiblesse de la base &#224; s'exprimer tout autant que sa faiblesse &#224; se d&#233;barrasser des porte-parole syndicaux officiels.
Les protestations contre la &#171; marchandisation de l'&#233;cole &#187; &#233;taient la seconde caract&#233;ristique principale de la gr&#232;ve. L'arriv&#233;e de financeurs concentrait toute la col&#232;re des gr&#233;vistes, dissimulant le fait que l'enseignement public &#233;tait d&#233;j&#224; li&#233; au capital et que ce rapport ne pouvait pas seulement &#234;tre assimil&#233; aux financeurs. Si les enseignants pouvaient parvenir &#224; d&#233;passer ce point de vue &#233;troit, ils en diraient beaucoup plus sur leur ali&#233;nation quotidienne. A part quelques paroles isol&#233;es, ce sentiment contre le travail n'&#233;tait pas articul&#233; dans un discours et s'est exprim&#233; seulement par la dur&#233;e tr&#232;s longue de la gr&#232;ve. Des slogans comme &#171; on fera gr&#232;ve jusqu'en l'an 3000 &#187; et &#171; on laisse tomber le salaire du mois prochain, aussi &#187;, expriment le d&#233;sir de ne pas retourner &#224; l'ali&#233;nation de la salle de classe. Ou alors, il est tr&#232;s difficile d'expliquer l'&#233;cart entre la longueur de la gr&#232;ve et sa combattivit&#233; et les revendications syndicales plus ou moins pr&#233;visibles. Notre interpr&#233;tation des &#233;v&#232;nements repose plut&#244;t sur le fait que ce f&#251;t une gr&#232;ve offensive : sans une attaque patente de l'&#201;tat et avec un ensemble de revendications qui exprimaient seulement de fa&#231;on indirecte les besoins des gr&#233;vistes, il serait sinon difficile de comprendre pourquoi beaucoup d'enseignants ne voulaient pas reprendre le travail, m&#234;me apr&#232;s six semaines de gr&#232;ve.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En poursuivant cette explication, nous pouvons mieux comprendre les revendications salariales. La revendication d'une augmentation de 500 euros &#233;tait une revendication en compensation de la d&#233;t&#233;rioration croissante des conditions de travail. De la sorte, c'&#233;tait plus une revendication centr&#233;e sur les enseignants, sectorielle, et moins une revendication ouvri&#232;re : les slogans sur les salaires semblaient dire que &#171; le travail est devenu impersonnel, ali&#233;nant et intensifi&#233; &#8211; au moins, il ne devrait pas &#234;tre autant sous-pay&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N&#233;anmoins, la n&#233;cessit&#233; de s'unir avec d'autres fractions de la classe ouvri&#232;re (principalement les parents, mais aussi d'autres ouvriers qui soutenaient la gr&#232;ve) sur un terrain commun ne pouvait s'exprimer par la revendication d'un bon salaire pour les enseignants (qui implique aussi que le travail intellectuel est sup&#233;rieur au travail manuel). Ce terrain commun peut seulement &#234;tre des besoins communs, c'est pourquoi la revendication initiale fut transform&#233;e en &#171; 1 400 euros pour tous &#187; au milieu de la gr&#232;ve et fut alors accept&#233;e par la majorit&#233; des enseignants. Toutefois, la communication avec les &#171; autres &#187; fut confin&#233;e &#224; des manifs communes avec une minorit&#233; d'&#233;tudiants et &#224; quelques rencontres avec des parents organis&#233;es par les gr&#233;vistes. Comme nous le disions, la gr&#232;ve prit fin apr&#232;s six semaines. Confront&#233;s &#224; l'intransigeance de l'&#201;tat et incapables de transcender les limites impos&#233;es par leur r&#244;le social et la repr&#233;sentation syndicale, les gr&#233;vistes ne parvinrent pas &#224; faire le pas suppl&#233;mentaire qui &#233;tait n&#233;cessaire. Mais, bien s&#251;r, cela n'&#233;tait pas facile : un d&#233;fi collectif et une critique de l'ali&#233;nation et de la nature s&#233;lective de l'enseignement accompagn&#233;s d'une critique du syndicat deviendrait bien plus qu'une gr&#232;ve ; ils deviendraient une insurrection. La gr&#232;ve n'a pas gagn&#233; de concessions mat&#233;rielles, mais a-t-elle eu des aspects int&#233;ressants ? Notre r&#233;ponse sera positive sous deux aspects.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Premi&#232;rement, la gr&#232;ve a d&#233;l&#233;gitim&#233; d'une certaine fa&#231;on l'&#201;tat n&#233;olib&#233;ral qui pr&#233;tend garantir un syst&#232;me &#233;ducatif &#171; de qualit&#233; &#187; et &#171; libre et public &#187;.
Deuxi&#232;mement, &#224; un niveau plus instructif, une gr&#232;ve d'un mois et demi a an&#233;anti l'image d'un syst&#232;me scolaire fonctionnant &#171; de fa&#231;on liss&#233;e &#187;. Et plus important, elle a d&#233;truit l'image de l'enseignant comme professionnel, un rouage de l'&#201;tat pour l'application de son contr&#244;le id&#233;ologique, et un &#171; petit-bourgeois &#187; qui, cens&#233;ment, profite de sa position privil&#233;gi&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N&#233;anmoins, la fa&#231;on dont la gr&#232;ve a pris fin, avec aucune perspective future et aucun gain mat&#233;riel, a des cons&#233;quences n&#233;gatives et montre clairement qu'un fraction de la classe ouvri&#232;re ne peut pas gagner beaucoup si elle demeure isol&#233;e, quelque combative qu'elle soit.
C'est devenu patent au d&#233;but de l'ann&#233;e lorsque le gouvernement a introduit une nouvelle loi qui &#233;tait une attaque sur les b&#233;n&#233;fices sociaux et les retraites. D'apr&#232;s cette nouvelle loi sur la s&#233;curit&#233; sociale, il y aura un rel&#232;vement de l'&#226;ge de la retraite m&#234;me pour les m&#232;res d'enfants en bas &#226;ge, une baisse du montant des retraites et une hausse du nombre de cotisations requises pour l'assurance maladie, quelque chose qui frappe durement, principalement les travailleurs jeunes, &#224; temps partiel et pr&#233;caires. Malgr&#233; l'attaque cinglante sur tous les travailleurs (&#233;tudiants compris), la r&#233;sistance des enseignants et des &#233;tudiants fut tr&#232;s faible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Juillet 2008
TA PAIDIA TIS GALARIAS (TPTG)
P.O. BOX 76149
N.Smirni
17110
Ath&#232;nes, Gr&#232;ce
Email : kokkino@otenet.gr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Postface (Endnotes #1)</title>
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;bat entre Th&#233;orie Communiste (TC) et Troploin (Dauv&#233; &amp; Nesic) que nous avons reproduit ici tourne autour de la question fondamentale : &#171; comment th&#233;oriser l'histoire et l'actualit&#233; de la lutte de classe et de la r&#233;volution dans la p&#233;riode capitaliste &#187;. Comme nous le soulignions dans notre introduction, les deux parties de ce d&#233;bat furent issues du m&#234;me milieu politique en France, cons&#233;quences des &#233;v&#232;nements de 1968 ; les deux groupes partagent, &#224; ce jour, une compr&#233;hension du mouvement qui abolit les rapports sociaux capitalistes comme mouvement de communisation. Selon ce point de vue commun, la transition vers le communisme n'est pas quelque chose qui survient apr&#232;s la r&#233;volution. Bien plus, la r&#233;volution comme communisation est elle-m&#234;me la dissolution des rapports sociaux capitalistes au travers de mesures communistes prises par le prol&#233;tariat, abolissant la forme entreprise, la forme marchandise, l'&#233;change, l'argent, le travail salari&#233; et la valeur et d&#233;truisant l'&#233;tat. La communisation, ainsi, est la production imm&#233;diate du communisme : l'auto-abolition du prol&#233;tariat au travers de son abolition du capital et de l'&#233;tat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutefois, ce qui diff&#233;rencie nettement la position de TC de celle de Troploin est la fa&#231;on dont les deux groupes th&#233;orisent la production, ou la production historique, de ce mouvement de communisation. Aucun des deux ne fonde la possibilit&#233; d'une r&#233;volution communiste victorieuse sur une d&#233;cadence &#171; objective &#187; du capitalisme ; toutefois, la conception qu'a Troploin de l'histoire de la lutte de classes, commune &#224; une large partie de l'ultra-gauche, est celle d'un antagonisme fluctuant entre les classes, un va-et-vient de la lutte de classes, s'accordant aux contingences de chaque conjoncture historique. Dans cette large acception, la lutte r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat para&#238;t &#234;tre, ou est submerg&#233;e, &#224; certains moments de l'histoire, pour r&#233;&#233;merger seulement &#224; d'autres &#171; points culminants &#187; (c'est-&#224;-dire 1848, 1871, 1917-21, 1936, 1968-69). De ce point de vue, nous vivons actuellement une r&#233;cession prolong&#233;e de la lutte de classe (du moins dans les pays du capitalisme avanc&#233;), et c'est une p&#233;riode d'attente de la prochaine r&#233;&#233;mergence du mouvement communiste, ou pour le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire de continuer son travail subversif : &#171; Bien creus&#233;, vieille taupe ! &#187; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, K. Marx' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Ainsi, pour Troploin, le communisme comme communisation est une possibilit&#233; toujours pr&#233;sente (m&#234;me si elle est parfois submerg&#233;e), qui est, m&#234;me s'il n'existe aucune garantie de sa r&#233;alisation, un invariant de la p&#233;riode capitaliste. Au contraire, pour TC, la communisation est la forme sp&#233;cifique que la r&#233;volution communiste doit prendre dans l'actuel cycle de luttes. Ainsi, la diff&#233;rence de Troploin, TC peut fonder sa conception de la communisation de fa&#231;on autor&#233;flexive sur une compr&#233;hension de l'histoire capitaliste des cycles de luttes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Cycles de luttes et phases d'accumulation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;TC historicise la contradiction entre capital et prol&#233;tariat sur la base de la subsomption du travail sous le capital ; cette p&#233;riodisation distingue des cycles de luttes correspondant aux changements qualitatifs du rapport d'exploitation. Cette histoire, pour TC, comprend trois p&#233;riodes largement identifiables : (1) la subsomption formelle &#8211; se terminant vers 1900 ; (2) la premi&#232;re phase de la subsomption r&#233;elle &#8211; de 1900 aux ann&#233;es 1970 ; (3) la seconde phase de la subsomption r&#233;elle &#8211; des ann&#233;es 1970 &#224; nos jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui est important pour TC, c'est que la subsomption du travail sous le capital n'est pas simplement une question d'organisation du travail dans le proc&#232;s de production imm&#233;diat, qui, en subsomption formelle, va de pair avec l'extraction de plus-value absolue (&#224; travers l'allongement de la journ&#233;e de travail), et en subsomption r&#233;elle avec l'extraction de plus-value relative (&#224; travers l'accroissement de la productivit&#233; par l'introduction de nouvelles techniques de production, permettant aux ouvriers de reproduire la valeur de leurs salaires en moins de temps, et donc de fournir plus de surtravail dans une journ&#233;e de travail de longueur donn&#233;e). Dans la conception de TC, le caract&#232;re et l'extension, ou le degr&#233;, de subsomption du travail sous le capital est aussi, et peut-&#234;tre fondamentalement, d&#233;termin&#233; par la fa&#231;on dont les deux p&#244;les du rapport capital/travail, c'est-&#224;-dire le capital et le prol&#233;tariat, sont li&#233;s l'un &#224; l'autre comme classes de la soci&#233;t&#233; capitaliste. De la sorte, pour TC, la cl&#233; de l'histoire du capital est le mode changeant de reproduction des rapports sociaux capitalistes comme un tout, selon le d&#233;veloppement dialectique du rapport entre les classes. Bien entendu, ce rapport est lui-m&#234;me intrins&#232;quement li&#233; aux n&#233;cessit&#233;s de l'extraction de plus-value. Pour faire court, pour TC, la subsomption du travail sous le capital m&#233;die et est m&#233;di&#233;e par le caract&#232;re sp&#233;cifiquement historique du rapport de classes au niveau de la soci&#233;t&#233; comme un ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a quelque chose de probl&#233;matique dans la fa&#231;on dont TC utilise le concept de subsomption pour p&#233;riodiser le capitalisme, et dans la fa&#231;on dont cette utilisation cache partiellement un des aspects les plus significatifs du d&#233;veloppement du rapport de classe que leur th&#233;orie, autrement, met en lumi&#232;re. Strictement parlant, les subsomptions formelle et r&#233;elle du travail sous le capital s'appliquent seulement au proc&#232;s de production imm&#233;diat. Dans quel sens, par exemple, peut-on dire que quelque chose au-del&#224; du proc&#232;s de travail est r&#233;ellement subsum&#233; par le capital plut&#244;t que simplement domin&#233; ou transform&#233; par lui ? [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Nous approfondirons ces questions plus avant dans le prochain num&#233;ro de (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] TC, toutefois, tente de th&#233;oriser sous l'intitul&#233; de ces cat&#233;gories de subsomption le caract&#232;re du rapport capitaliste de classe en lui-m&#234;me, plut&#244;t que simplement le mode selon lequel le proc&#232;s de travail devient r&#233;ellement le proc&#232;s de valorisation du capital. Pourtant, c'est bien au travers de leur d&#233;ploiement th&#233;orique discutable [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Les r&#233;dacteurs utilisent ici &quot;questionnable&quot;, mais c'est bien (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;] des cat&#233;gories de subsomption que TC peut avancer une nouvelle conception du d&#233;veloppement historique du rapport de classe. Dans cette p&#233;riodisation, le degr&#233; d'int&#233;gration des circuits de reproduction du capital et de la force de travail est d'une importance d&#233;cisive. La cl&#233; de la p&#233;riodisation historique du rapport de classe est la mesure dans laquelle la reproduction de la force de travail, et donc le prol&#233;tariat comme classe, est int&#233;gr&#233;e dans le circuit d'autopr&#233;supposition du capital. [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Par &#171; autopr&#233;supposition du capital &#187;, TC veut dire la fa&#231;on dont le (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &#171; p&#233;riode de subsomption formelle &#187; de TC est caract&#233;ris&#233;e par un rapport non-m&#233;di&#233;, externe, entre le capital et la prol&#233;tariat : la reproduction de la classe ouvri&#232;re n'est pas enti&#232;rement int&#233;gr&#233;e dans le cycle de valorisation du capital. Durant cette p&#233;riode, le prol&#233;tariat constitue un p&#244;le positif du rapport, et peut affirmer son autonomie vis-&#224;-vis du capital dans le m&#234;me moment o&#249; il se trouve confirm&#233; dans sa mont&#233;e en puissance par le d&#233;veloppement capitaliste. Toutefois, la mont&#233;e en puissance de la classe dans la soci&#233;t&#233; capitaliste et son affirmation d'autonomie entraient &#224; coup s&#251;r en contradiction l'une avec l'autre. Dans l'&#233;crasement de l'autonomie ouvri&#232;re, dans les r&#233;volutions et contre-r&#233;volutions, &#224; la fin de la Premi&#232;re Guerre mondiale, cette contradiction est r&#233;solue dans un renforcement de la classe qui ne se r&#233;v&#232;le n'&#234;tre rien de plus que le d&#233;veloppement capitaliste lui-m&#234;me. Ce changement qualitatif du rapport de classe marque la fin de la transition de la p&#233;riode de subsomption formelle &#224; la premi&#232;re phase de subsomption r&#233;elle. A partir de ce moment la reproduction de la force de travail devient pleinement int&#233;gr&#233;e, bien que sous une forme largement m&#233;di&#233;e, dans l'&#233;conomie capitaliste, et le proc&#232;s de production est transform&#233; suivant les n&#233;cessit&#233;s de la valorisation du capital. Le rapport entre prol&#233;tariat et capital dans cette phase de subsomption devient interne, mais m&#233;di&#233; par l'Etat, la division de l'&#233;conomie mondiale en zones nationales et les d&#233;coupages Est ou Ouest de l'accumulation (chacune accompagn&#233;e de son mod&#232;le de d&#233;veloppement du &#171; Tiers-monde &#187;), la n&#233;gociation collective dans le cadre du march&#233; de travail national et les compromis fordistes liant productivit&#233; et hausses des salaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La positivit&#233; du p&#244;le prol&#233;tarien dans le rapport de classe durant la phase de subsomption formelle et la premi&#232;re phase de subsomption r&#233;elle est exprim&#233;e par ce que TC nomme le &#171; programmatisme &#187; du mouvement ouvrier, dont les organisations, les partis et les syndicats (qu'ils soient socio-d&#233;mocrates ou communistes, anarchistes ou syndicalistes) repr&#233;sentent le pouvoir grandissant du prol&#233;tariat et confirment le programme de lib&#233;ration du travail et l'auto-affirmation de la classe ouvri&#232;re. Le caract&#232;re du rapport de classe dans la p&#233;riode du mouvement ouvrier programmatique d&#233;termine ainsi la r&#233;volution communiste de ce cycle de luttes comme auto-affirmation d'un p&#244;le dans le rapport capital/ travail. De la sorte, la r&#233;volution communiste n'en finit pas avec le rapport lui-m&#234;me mais simplement transforme ses termes et donc porte en elle la contre-r&#233;volution sous la forme de la gestion ouvri&#232;re de l'&#233;conomie et l'accumulation continue du capital. La gestion d&#233;centralis&#233;e de la production via les conseils ouvriers, d'un cot&#233;, et la planification centralis&#233;e par l'Etat ouvrier, de l'autre, sont les deux faces d'une m&#234;me pi&#232;ce, deux formes d'un m&#234;me contenu : le pouvoir ouvrier comme, &#224; la fois, r&#233;volution et contre-r&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour TC, ce cycle de luttes est clos par les mouvements de 1968-1973, qui marquent l'obsolescence de programme de lib&#233;ration du travail et de l'auto-affirmation du prol&#233;tariat ; la restructuration capitaliste, &#224; la suite de ces luttes, et la crise du rapport entre capital et prol&#233;tariat balaient ou mettent en pi&#232;ces les institutions du vieux mouvement ouvrier. Les conflits de 1968-73 donnent ainsi le d&#233;part d'un nouveau cycle d'accumulation et de luttes, que TC nomme la seconde phase de la subsomption r&#233;elle, caract&#233;ris&#233;e par la restructuration capitaliste ou contre-r&#233;volution de 1974- 1995 qui transforme fondamentalement le caract&#232;re du rapport entre capital et prol&#233;tariat. Disparus, alors, les contraintes &#224; l'accumulation &#8211; toutes les entraves &#224; la fluidit&#233; et &#224; la mobilit&#233; internationale du capital &#8211; que repr&#233;sentaient les rigidit&#233;s des march&#233;s du travail nationaux, les b&#233;n&#233;fices sociaux, la division de l'&#233;conomie mondiale en blocs issus de la guerre froide et les d&#233;veloppements nationaux prot&#233;g&#233;s que cela permettait dans la &#171; p&#233;riph&#233;rie &#187; de l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise du mod&#232;le social bas&#233; sur le mod&#232;le productif fordiste et l'Etat-providence keyn&#233;sien aboutit &#224; la financiarisation, au d&#233;mant&#232;lement et la relocalisation de la production industrielle, la destruction du pouvoir ouvrier, la d&#233;r&#233;gulation, la fin de la n&#233;gociation collective, la privatisation, l'&#233;volution vers le travail temporaire, flexible, et la prolif&#233;ration des nouvelles industries de services. La restructuration globale capitaliste &#8211; la formation d'un march&#233; global du travail de plus en plus unifi&#233;, la mise en place de politiques n&#233;olib&#233;rales, la lib&#233;ralisation des march&#233;s, et la pression internationale &#224; la baisse sur les salaires et les conditions de travail &#8211; repr&#233;sente une contre-r&#233;volution dont le r&#233;sultat est que le capital et le prol&#233;tariat se confrontent maintenant directement &#224; une &#233;chelle globale. Les circuits de reproduction du capital et de la force de travail &#8211; circuits au travers desquels le rapport de classe lui-m&#234;me est reproduit &#8211; sont dor&#233;navant pleinement int&#233;gr&#233;s : ces circuits sont &#224; pr&#233;sent imm&#233;diatement interreli&#233;s. La contradiction entre capital et prol&#233;tariat s'est maintenant d&#233;plac&#233;e au niveau de leur reproduction comme classes ; &#224; partir de ce moment, ce qui est en jeu est la reproduction du rapport de classe lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec la restructuration du capital (qui est la dissolution de toutes les m&#233;diations du rapport de classe) survient l'impossibilit&#233; pour le prol&#233;tariat de se rapporter positivement &#224; lui-m&#234;me contre le capital : l'impossibilit&#233; de l'autonomie prol&#233;tarienne. D'un p&#244;le positif du rapport comme interlocuteur avec, ou antagoniste &#224;, la classe capitaliste, le prol&#233;tariat est transform&#233; en un p&#244;le n&#233;gatif. Son &#234;tre m&#234;me en tant que prol&#233;tariat, dont la reproduction est pleinement int&#233;gr&#233;e dans le circuit du capital, devient ext&#233;rieur &#224; lui. Ce qui d&#233;finit le pr&#233;sent cycle de luttes, contrairement &#224; l'ancien, c'est le caract&#232;re du rapport du prol&#233;tariat &#224; lui-m&#234;me qui est maintenant imm&#233;diatement son rapport au capital. Comme TC l'a mis en avant, dans le pr&#233;sent cycle l'appartenance de classe du prol&#233;tariat est objectiv&#233;e contre lui comme contrainte ext&#233;rieure, comme capital. [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Cette n&#233;gativit&#233; fondamentale de la relation du prol&#233;tariat &#224; lui-m&#234;me, (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]
Cette transformation fondamentale du caract&#232;re du rapport de classes qui produit cette inversion du rapport du prol&#233;tariat &#224; lui-m&#234;me comme p&#244;le du rapport d'exploitation, transforme le caract&#232;re des luttes de classes, et am&#232;ne le prol&#233;tariat &#224; remettre en question sa propre existence comme classe du mode de production capitaliste. De la sorte, pour TC, la r&#233;volution comme communisation est une production historiquement sp&#233;cifique : elle est l'horizon de ce cycle de luttes. [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour une discussion de cette probl&#233;matique li&#233;e aux luttes concr&#232;tes, voir (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un d&#233;passement produit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour TC le rapport entre capital et prol&#233;tariat n'est pas celui de deux sujets s&#233;par&#233;s mais celui d'une implication r&#233;ciproque dans laquelle les deux p&#244;les du rapport sont constitu&#233;s comme moments d'une totalit&#233; s'auto-diff&#233;rentiant. C'est cette totalit&#233; elle-m&#234;me &#8211; cette contradiction mouvante &#8211; qui produit son propre d&#233;passement dans l'action r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat contre son propre &#234;tre-de-classe, contre le capital. Cette conception immanente, dialectique, de l'&#233;volution historique du rapport de classe capitaliste supplante les anciennes dualit&#233;s objectivisme/subjectivisme, spontan&#233;isme/volontarisme, qui caract&#233;risaient la plupart de la th&#233;orie marxiste du XXe si&#232;cle, et ce, jusqu'&#224; nos jours. La dynamique et le caract&#232;re changeant de ce rapport sont alors saisis comme un processus unifi&#233; et non simplement en termes de vagues d'offensive prol&#233;tarienne et de contre-offensive capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'apr&#232;s TC, ce sont les transformations qualitatives du rapport de classe capitaliste qui d&#233;terminent l'horizon r&#233;volutionnaire de l'actuel cycle de luttes comme communisation. Pour nous, il est aussi vrai, &#224; un niveau plus g&#233;n&#233;ral d'abstraction, que le rapport contradictoire entre capital et prol&#233;tariat a toujours point&#233; au-del&#224; de lui m&#234;me, dans la mesure o&#249; &#8211; &#224; partir de ses origines m&#234;mes &#8211; il a produit son propre d&#233;passement comme l'horizon immanent des luttes r&#233;elles. Cet horizon, toutefois, est indissociable des formes historiques, r&#233;elles, que la contradiction, changeante, prend. C'est donc seulement dans ce sens pr&#233;cis que nous pouvons parler du communisme de fa&#231;on transhistorique (c'est-&#224;-dire au travers de l'histoire du mode de production capitaliste). Comme nous le voyons, le mouvement communiste, compris non pas comme particularisation de la totalit&#233; &#8211; ni un mouvement de communistes, ni de classe &#8211; mais bien comme la totalit&#233; elle-m&#234;me, est &#224; la fois transhistorique et variable, suivant les configurations historiquement sp&#233;cifiques du rapport de classe capitaliste. Ce qui d&#233;termine le mouvement communiste &#8211; la r&#233;volution communiste &#8211; &#224; prendre la forme sp&#233;cifique de communisation dans l'actuel cycle est la dialectique m&#234;me d'int&#233;gration des circuits de reproduction du capital et de la force de travail. [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Nous creuserons plus avant ces questions dans le prochain num&#233;ro (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;] C'est ce qui produit la n&#233;gativit&#233; radicale du rapport du prol&#233;tariat &#224; lui-m&#234;me vis-&#224;-vis du capital. Dans cette p&#233;riode, en se d&#233;barrassant de ces &#171; chaines radicales &#187;, le prol&#233;tariat ne g&#233;n&#233;ralise pas ses conditions &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, mais dissout imm&#233;diatement son &#234;tre propre &#224; travers l'abolition des rapports sociaux capitalistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://endnotes.org.uk/" class="spip_out"&gt;Endnotes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, K. Marx&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Nous approfondirons ces questions plus avant dans le prochain num&#233;ro de Endnotes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Les r&#233;dacteurs utilisent ici &quot;questionnable&quot;, mais c'est bien l'&#233;quivocit&#233; qui pose probl&#232;me &#8211; (ndt)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Par &#171; autopr&#233;supposition du capital &#187;, TC veut dire la fa&#231;on dont le capital se pose lui-m&#234;me comme condition et r&#233;sultat de son propre proc&#232;s. Ceci est exprim&#233; dans l'utilisation que TC fait (d'apr&#232;s la traduction fran&#231;aise du Capital) du terme double moulinet, signifiant deux cycles qui s'entrecroisent :&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_25 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://meeting.communisation.net/IMG/jpg/doublemoulinet.jpg' width='307' height='206' alt='JPEG - 26.1 ko' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-25 spip_doc_titre' style='width:307px;'&gt;&lt;strong&gt;doubleMoulinet&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Cette n&#233;gativit&#233; fondamentale de la relation du prol&#233;tariat &#224; lui-m&#234;me, vis-&#224;-vis du capital, est exprim&#233;e par l'utilisation que TC fait du terme &#233;cart (les r&#233;dacteurs notent ici la difficult&#233; de le traduire, citant quatre exemples anglais &#8211; ndt). Pour TC, ce concept exprime que l'action comme classe du prol&#233;tariat est la limite de ce cycle de luttes ; tant que ses luttes n'ont d'autre horizon que sa propre reproduction comme classe, il est incapable de se poser comme tel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Pour une discussion de cette probl&#233;matique li&#233;e aux luttes concr&#232;tes, voir L'auto-organisation est le premier acte de la r&#233;volution&#8230; de TC.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Nous creuserons plus avant ces questions dans le prochain num&#233;ro d'&lt;i&gt;Endnotes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Obamaniaco- d&#233;pressif (r&#233;flexions d'un&#8230;) </title>
		<link>http://meeting.communisation.net/en-cours/la-petite-chronique/article/obamaniaco-depressif-reflexions-d</link>
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		<dc:date>2008-11-11T16:23:53Z</dc:date>
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		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s la victoire de Barack OBAMA...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://meeting.communisation.net/en-cours/la-petite-chronique/" rel="directory"&gt;La petite chronique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me en &#233;tant un opposant r&#233;solu au capitalisme et &#224; son syst&#232;me politique pr&#233;f&#233;r&#233; la d&#233;mocratie et en boycottant sans cesse et sans illusion les &#233;lections (sans prendre la seconde pour l'essence du premier, ce qui amena la mort de l'ultra-gauche des ann&#233;es 80), on ne peut qu'&#234;tre content et m&#234;me heureux de l'&#233;lection triomphale d'Obama car la joie profonde des noirs d'Am&#233;rique et du monde entier est ressentie par tous ceux qui subissent ou imaginent l'humiliation qu'infligent tous les racismes. On ne peut qu'&#234;tre heureux de voir le d&#233;pit et la rage de tous les racistes &#224; commencer par les folkloriques red-necks du sud profond et par Sara Palin si parfaite dans son r&#244;le de Cruella !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Obama est la nouvelle ic&#244;ne, mais comme tous les portraits grav&#233;s sur les pi&#232;ces, ce c&#244;t&#233; face a son c&#244;t&#233; pile qui, une fois pass&#233;e l'euphorie du moment, va sans doute s'imposer comme l'aspect essentiel de cette &#233;lection, une fois encore la bonne vieille formule &#8216;les deux faces d'une m&#234;me m&#233;daille' sera justifi&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Un pr&#233;sident d&#233;mocrate noir, avec une majorit&#233; tr&#232;s nette et m&#234;me un consensus quasi unanime en tant que &#171; refondateur du r&#234;ve am&#233;ricain &#187;, est &#233;lu dans le cadre d'une crise qui menace d'&#234;tre la pire depuis 29. Dans un contexte de guerre, il a toutes les raisons d'&#234;tre un pr&#233;sident de combat. Combat pour la libert&#233; et la d&#233;mocratie comme lors de la 2&#232;me guerre mondiale. En effet l'Am&#233;rique qui nous arrive essaie d'&#234;tre celle qui a chass&#233; le nazisme d'Europe occidentale, permis son &#233;crasement par l'URSS, et abattu l'empire de la &#171; Grande Asie &#187; que voulait fonder le Japon militariste et colonialiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	L'&#233;lection d'un noir r&#233;nove l'image de l'Am&#233;rique. Elle va, au moins un temps, &#233;carter le terme &#8216;l'imp&#233;rialisme US' tant cette formule &#233;tait intriqu&#233;e &#224; l'id&#233;e de racisme et ce d'autant plus qu'Obama veut refocaliser la guerre contre Al Qa&#239;da et les Talibans en exigeant l'envoi de troupes europ&#233;ennes et en recadrant s&#233;v&#232;rement le Pakistan gr&#226;ce &#224; un d&#233;gagement d'Irak o&#249; un Etat ad hoc semble se stabiliser sur la base d'une tripartition ethnique : chiites, sunnites, kurdes. Pour l'Iran, l'orientation semble &#234;tre d'essayer de favoriser le remplacement d'Ahmadinedjab par des mollahs rendus conciliants par des sanctions, qui mettant l'&#233;conomie &#224; genoux, engendrent des gr&#232;ves et font passer le Bazar (la bourgeoisie nationale) &#224; l'opposition. Les USA et l'Iran ont depuis la chute de Saddam Hussein des int&#233;r&#234;ts convergents en Irak (cessez-le-feu de Moqtada Sadr), c'est peut-&#234;tre maintenant le moment o&#249; cette convergence peut se boucler contre les Talibans les plus durs (on pense n&#233;gocier avec les &#171; mod&#233;r&#233;s &#187;) et contre le Pakistan, le contentieux sur le nucl&#233;aire &#233;tant gel&#233; au passage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Cette &#233;vocation un tantinet &#171; caf&#233; du commerce &#187; se fonde sur l'id&#233;e que les USA vont tenter de solder tous les comptes ouverts depuis la guerre du Vi&#234;t-Nam, de redevenir chevalier blanc (!) de l'apr&#232;s-guerre et prendre le leadership d'une nouvelle forme du &#171; nouvel ordre mondial &#187; apr&#232;s celle bien d&#233;catie de Bush. Cela am&#232;ne in&#233;vitablement &#224; se poser la question : Obama sera-t-il un nouveau Roosevelt, sa politique int&#233;rieure s'articulant &#224; sa politique ext&#233;rieure offensive comme le New Deal s'articula &#224; la mise en place des conditions de la 2&#232;me guerre mondiale ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Les ann&#233;es qui s'ouvrent avec la crise et l'&#233;lection d'Obama vont &#234;tre celles de la restructuration du capital restructur&#233;, il est d'ailleurs clair qu'Obama a &#233;t&#233; &#233;lu non seulement dans le cadre de la crise, mais gr&#226;ce &#224; la crise et pour la crise, qu'il est un pr&#233;sident de crise, crise interne et externe, crise du capital financier am&#233;ricano-centr&#233; et crise du leadership am&#233;ricain mondial.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	La crise financi&#232;re qui devient crise de &#171; l'&#233;conomie r&#233;elle &#187; et la crise du capital tel qu'il s'est restructur&#233; entre 71 et 95 avec comme acm&#233; 74 et la 1&#232;re crise p&#233;troli&#232;re, les politiques de Thatcher et Reagan, rapidement suivies par tous les Etats occidentaux, ont &#233;t&#233; ce que l'on appelle couramment le n&#233;olib&#233;ralisme. Cette restructuration a liquid&#233; l'identit&#233; ouvri&#232;re, le socialisme r&#233;el et le tiers monde en tant qu'ensemble cernable, il a &#233;tabli la libre circulation des capitaux et a financiaris&#233; le capital. Le profit a &#233;t&#233; augment&#233; massivement par rapport au salaire, &#233;quilibrant de mani&#232;re nouvelle les plus-values relative et absolue et contournant les limites de la plus-value relative. Les limites de la plus-value relatives sont produites par le niveau inaccessible requis pour des investissements permettant une hausse notable du profit par la baisse de la valeur de la force de travail gr&#226;ce &#224; la hausse de la productivit&#233; du travail abaissant suffisamment le contenu valeur des biens et services entrant dans la valeur de la force travail. Cette baisse absolue impos&#233;e au salaire r&#233;el direct et indirect, a eu pour cons&#233;quence que la r&#233;alisation de la plus-value entrav&#233;e par la faiblesse des salaires est pass&#233;e par la financiarisation du salaire, par l'explosion du cr&#233;dit &#224; la consommation. Le capitalisme tout entier est devenu financier (voir l'article de Endnotes). La crise actuelle est donc crise du rapport capital/travail, crise de l'implication r&#233;ciproque du prol&#233;tariat et de capital. Ce qui se manifeste par les expulsions des habitants de leurs maisons mises &#224; l'encan et par les vagues de licenciements qui commencent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	L'intervention massive des Etats, &#224; commencer par l'Etat am&#233;ricain, pour sauver le syst&#232;me financier et les banques, ainsi que le laisser-filler des d&#233;ficits budg&#233;taires est une r&#233;action radicalement diff&#233;rente de celle de 29 qui am&#232;ne &#224; parler de retour du Keyn&#233;sianisme. Va-t-on avoir un nouveau New Deal ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les premi&#232;res mesures attribu&#233;es &#224; Obama (hausse des indemnit&#233;s de ch&#244;mage, grands travaux, assurance maladie) ainsi que l'&#233;vocation d'un &#171; nouveau Bretton Wood &#187; pourraient le laisser penser, partout on ne parle que re-r&#233;gulation et de contr&#244;les, dixit : Strauss-Khan du FMI et Lamy de l'OMC ( deux grands socialistes devant l'Eternel). Mais il est invraisemblable que toute l'&#339;uvre de la restructuration soit d&#233;tricot&#233;e, que le Wellfarestate soit r&#233;tabli et surtout que la gestion conflictuelle raisonn&#233;e de l'exploitation avec les syndicats soit r&#233;tablie. L'identit&#233; ouvri&#232;re a &#233;t&#233; d&#233;truite, elle ne se reformera pas, l'exploitation a &#233;t&#233; restructur&#233;e en profondeur et pas seulement le salaire baiss&#233;, la pr&#233;carit&#233; et la flexibilit&#233; en sont les caract&#233;ristiques essentielles, et cela ne changera pas pour la bonne raison que c'est justement maintenant qu'elles vont &#234;tre mises &#224; l'&#233;preuve dans leur fonction la plus importante : attaquer la force de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;valorisation du capital a frapp&#233; et frappera encore bien plus (G&#233;n&#233;ral motors, Ford, etc.), la contradiction de classe va s'aggraver. La politique d'Obama va devoir faire avec, et ici l'inqui&#233;tude qui s'exprime c'est le protectionnisme, chose peu vraisemblable &#224; grande &#233;chelle puisque c'est dans et par la mondialisation que le capital US fonctionne. C'est ici qu'un nouveau leadership am&#233;ricain mondial est indispensable pour imposer les mesures n&#233;cessaires au capital transnational. Une nouvelle domination am&#233;ricaine est indispensable (on parle d'un nouveau &#171; soft power &#187; plut&#244;t qu'un &#171; hard power &#187; &#224; la Bush, et l'on verra que le soft power d&#233;mocrate peut &#234;tre bien plus efficace que le hard power n&#233;oconservateur, qu'il reconstituera le monde libre &#224; direction am&#233;ricaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; La restructuration du capital restructur&#233; sera le redoublement de l'offensive antiprol&#233;taire, mais par d'autres voies, celles d'une union sacr&#233;e d&#233;mocratique pour sauver l'Am&#233;rique et le monde en accentuant la hi&#233;rarchisation fractale du cycle du capital. Les pays du BRICS et les p&#233;tromonarchies ont int&#233;r&#234;t &#224; bien se tenir et &#224; cracher au bassinet des bons du tr&#233;sor am&#233;ricains, les alli&#233;s ont int&#233;r&#234;t &#224; envoyer des troupes et eux aussi du cash.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'interne moyennant certaines mesures incontournables (maladie), il sera possible de faire &#171; patienter &#187; les masses jusqu'&#224; ce que &#171; The change &#187; l'emporte partout pour toucher les dividendes. La fuite selon laquelle la nouvelle administration souhaiterait un renforcement du r&#244;le des syndicats pour qu'ils puissent n&#233;gocier des hausses de salaires fait plut&#244;t penser que les syndicats pourraient &#234;tre de bons relais pour d&#233;fendre une politique un peu plus protectionniste dans certains secteurs et pour faire passer une &#171; mod&#233;ration &#187; salariale partout. &#171; Mod&#233;ration &#187; qui ne pourra maintenant plus &#234;tre compens&#233;e par le surendettement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au total la politique d'Obama sera probablement l'aust&#233;rit&#233; consentie &#224; l'int&#233;rieur et l'augmentation des transferts massifs de l'ext&#233;rieur vers des US rel&#233;gitim&#233;s comme gendarme du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tempus Fugit&lt;/p&gt; &lt;p&gt;BL&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>The breakdown of a relationship? Reflections on the crisis</title>
		<link>http://meeting.communisation.net/en-cours/article/the-breakdown-of-a-relationship</link>
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		<description>The history of the capitalist mode of production is punctuated by crises. One could say that crisis is the modus operandi of capital, or of the capital-labour relation. This is true insofar as capital, the self-valorisation of value, the self-expansion of abstract wealth, is at any given time a claim on future surplus-value extraction: the accumulation of capital today is a bet on tomorrow's exploitation of the proletariat. The crisis today has taken the form of a financial crisis, (...)

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&lt;a href="http://meeting.communisation.net/en-cours/" rel="directory"&gt;En cours&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;The history of the capitalist mode of production is punctuated by crises. One could say that crisis is the modus operandi of capital, or of the capital-labour relation. This is true insofar as capital, the self-valorisation of value, the self-expansion of abstract wealth, is at any given time a claim on future surplus-value extraction: the accumulation of capital today is a bet on tomorrow's exploitation of the proletariat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The crisis today has taken the form of a financial crisis, while the prospect of a full-blown economic crisis looms ever larger. These two crises do not merely stand in a relation of cause and effect, however (whichever way one were to posit the relation). Rather they are the different manifestations of the same underlying crisis - the crisis of accumulation of capital, which is at the same time the crisis in the relation of exploitation between capital and proletariat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Finance capital is the form of capital which most closely corresponds to its pure concept, in that the plethora of byzantine forms of finance capital can be reduced to the process whereby money begets more money or value begets more value. The relation between finance capital and productive capital, or between finance and the real economy, is marked, on the one hand, by the discipline which finance capital imposes on productive capital, and on the other, by the possibility and indeed tendency for finance capital to &quot;run away with itself&quot; - to run too far ahead of the possibilities of valorisation which are ultimately given by the profitable exploitation of labour-power in production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;This relation between finance and productive capital, or between finance and the real economy, while it has always existed in some form in the capitalist mode of production, has not remained unaltered. Since the global crisis of profitability of capital, or looked at another way since the crisis in the capitalist class relation in the late 60s and early 70s (marked by a wave of class struggle, industrial and social unrest), financialisation has been an integral element of the capitalist restructuring and counter-offensive - i.e. of the global restructuring of the relation between capital and proletariat. On the one hand, financialisation has been a vehicle by which the exploitation of labour-power has been integrated on a global scale (with the emergence and integration into the world economy of new poles of accumulation in the emerging &quot;BRICS&quot; economies - Brazil, Russia, India, China, South Africa etc); on the other, it has been a means by which the entrenched position of the high-wage proletariat in the advanced capitalist economies could be weakened. These two aspects of financialisation together correspond to the integration of the circuit of reproduction of labour-power with the circuit of reproduction of capital. With the increasing financialisation of the relation between capital and proletariat, workers' wages in the advanced economies have stagnated, and the reproduction of their labour-power has been increasingly mediated through finance (mortgages, loans, credit cards, and the investment of pension funds in the stock and money markets). This new configuration of the class relation has offered to many, but not all, strata of the proletariat in the advanced economies rising living standards, tied to asset-price inflation. The capitalist counter-attack and restructuring has involved fundamental alterations in the class relation through the defeat of the old workers' movement and the obsolescence of its institutions (trade unions and parties) which promoted the rising power of the proletariat within capitalist society; the new shape of the class relation and the financialisation of this relation depend ultimately on the ability of capital to extract sufficient surplus-value in the global economy (by increasing productivity and by the intensification of labour).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The present financial crisis has its roots partly in the subprime loans and mortgages which were predicated on the continual upward trend of the housing market, and the inflation of asset prices (after the collapse of the previous asset bubble - the dot.com boom), with vast amounts of fictitious capital being generated by the leveraging practised by financial institutions (banks, investment funds, private equity funds etc). The finance-led boom ultimately outran the ability of the real economy - i.e. productive capital - to extract surplus value through the exploitation of workers in production (whether this production is 'material' or 'immaterial'). As a consequence we are witnessing a massive 'correction' - the falling stock markets, housing market - in Marxian terms the devalorisation of capital (expressed in write-downs, defaults, bankruptcies, mergers and fire-sales of financial institutions, and now their part-nationalisation by capitalist states across the board).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Thus the pre-existing tendency towards the overaccumulation of capital (whether this tendency is to be understood as cyclical or secular), such that the productive investment of capital can no longer meet its valorisation requirements, is exacerbated by finance capital's penchant for generating fictitious capital (through leveraging, debt financing, futures, options, derivatives and an increasing plethora of complex and arcane financial instruments). Even though finance capital disciplines productive capital (and productive capital is increasingly financialised), the extraction of surplus value through the exploitation of the proletariat can not keep pace with the demands for valorisation which are made by finance capital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Capital is in crisis. The crisis asserts itself as devalorisation. Devalorisation is the only way that capital can lay for itself the basis of a new round of accumulation, and involves the disciplining of the working-class to accept new terms of exploitation; however, this means that it also places the very reproduction of the capital-labour relation at stake. To avert the crisis, the nationalisation of the banks is not sufficient. The economy is facing recession or depression, and the spectre of deflation. The state managers of capital are caught in a double bind: with huge budget deficits increased by the financing of the bail-out of the financial system (through the purchase of toxic securities, the recapitalisation of banks and the guaranteeing of new loans), the deficit-spending that capitalist states would need to engage in to maintain levels of effective demand in the economy will be increasingly difficult to finance. The question of the credit-worthiness of banks now asserts itself at a higher level as the dubious credit-worthiness of capitalist states (central banks and state treasuries).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Capital might find a way out of the crisis: it will seek to maintain or increase profitability in the real economy through pressure on wages (although this will perversely have a deflationary effect) and the intensification of labour (the increased exploitation of workers) - i.e. strategies to increase both relative and absolute surplus value. The way out of the financial and economic crisis involves the intensification of exploitation on a planetary scale and a crisis of the relation between capital and proletariat. In the 19th and 20th centuries up to the capitalist restructuring of the 1970s and 80s, the proletariat could assert itself as a positive pole in the relation of exploitation. Now, as the reproduction of the proletariat is increasingly mediated through finance, and is thus immediately entwined with the reproduction of capital (with the effect that the reproduction of growing swathes of the proletariat is increasingly precarious, as shown by the current wave of foreclosures and repossessions), and financialisation enables the integration of the capitalist exploitation of labour-power on a planetary scale, the very means which on one level enable capital to fight its way out of crisis threaten crisis on a higher level - the level of the reproduction of the class relation itself.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'effondrement d'un rapport ? R&#233;flexions sur la crise</title>
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		<dc:date>2008-11-02T11:58:55Z</dc:date>
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		<description>Envoy&#233; par la revue Endnotes. L'histoire du mode de production capitaliste est ponctu&#233;e par les crises. On peut dire que la crise est le &#171; modus operandi &#187; du capital ou du rapport capital &#8211; travail. Cela est vrai dans la mesure o&#249; le capital, l'auto-valorisation de la valeur, l'auto-expansion de la richesse abstraite, est &#224; chaque instant revendication sur une extraction de plus-value &#224; venir : l'accumulation de capital est aujourd'hui pari sur (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Envoy&#233; par la revue Endnotes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'histoire du mode de production capitaliste est ponctu&#233;e par les crises. On peut dire que la crise est le &#171; modus operandi &#187; du capital ou du rapport capital &#8211; travail. Cela est vrai dans la mesure o&#249; le capital, l'auto-valorisation de la valeur, l'auto-expansion de la richesse abstraite, est &#224; chaque instant revendication sur une extraction de plus-value &#224; venir : l'accumulation de capital est aujourd'hui pari sur l'exploitation du prol&#233;tariat demain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise a pris maintenant la forme d'une crise financi&#232;re, alors qu'appara&#238;t toujours plus la perspective d'une crise g&#233;n&#233;rale. Ces deux crises que, quelque soit la mani&#232;re dont on &#233;tablit la relation, elles ne sont pourtant pas seulement dans un rapport de cause &#224; effet. Elles sont bien plut&#244;t les manifestations diff&#233;renci&#233;es d'une seule et m&#234;me crise sous &#8211; jacente, la crise d'accumulation du capital, crise qui, simultan&#233;ment, est crise du rapport d'exploitation entre capital et prol&#233;tariat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le capital financier est celui dont la forme est la plus proche de concept m&#234;me de capital, en ce que la pl&#233;thore de formes, plus byzantines les unes que les autres, peuvent se r&#233;duire au proc&#232;s dans lequel l'argent engendre l'argent ou la valeur engendre la valeur. Le rapport entre le capital financier et le capital productif, ou entre la finance et l'&#233;conomie r&#233;elle et marqu&#233;, d'une part, par la discipline que le capital financier impose au capital productif et d'autre part par la possibilit&#233; et la tendance vraie du capital financier &#224; s'&#233;chapper, &#224; courir trop loin devant des possibilit&#233;s de valorisation, possibilit&#233;s qui ne sont finalement fix&#233;es que par le d&#233;gagement de profit dans l'exploitation de la force de travail dans la production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce rapport entre capital financier et capital productif, ou entre finance et &#233;conomie r&#233;elle, bien qu'il ait toujours exist&#233; dans le mode de production capitaliste, n'est pas rest&#233; inchang&#233;. Depuis la crise g&#233;n&#233;rale de profitabilit&#233; du capital ou, autrement dit, depuis la crise du rapport de classe capitaliste &#224; la fin des ann&#233;es 60 et au d&#233;but des ann&#233;es 70 (avec une vague de malaise social et de luttes de classe dans l'industrie) la financiarisation a &#233;t&#233; un &#233;l&#233;ment constitutif de la restructuration et de la contre &#8211; offensive capitaliste : La restructuration globale du rapport entre capital et prol&#233;tariat. D'une part la financiarisation a &#233;t&#233; le moyen par lequel l'exploitation de la force travail a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e &#224; une &#233;chelle mondiale ( avec l'&#233;mergence et l'int&#233;gration &#224; l'&#233;conomie mondiale des nouveaux p&#244;les d'accumulation les pays du &#171; BRICS &#187; Br&#233;sil, Russie , Inde, Chine et Afrique du Sud,) d'autre part elle a &#233;t&#233; ce qui a permis affaiblir les positions retranch&#233;es du prol&#233;tariat &#224; hauts salaires des &#233;conomies capitalistes avanc&#233;es .Ces deux aspects de la financiarisation correspondent &#224; l'int&#233;gration du cycle de reproduction de la force de travail &#224; celui de la reproduction du capital. Avec la financiarisation croissante du rapport entre capital et prol&#233;tariat, les salaires ouvriers dans les &#233;conomies avanc&#233;es ont stagn&#233;s et la reproduction de la force de travail a &#233;t&#233; de plus en plus m&#233;di&#233;e par la finance (hypoth&#232;ques, emprunts, cartes de cr&#233;dit, investissement en bourse des fonds de pensions). Cette nouvelle configuration du rapport de classe a offert &#224; beaucoup de couches (mais pas &#224; toutes) du prol&#233;tariat, des &#233;conomies avanc&#233;es, une hausse du niveau de vie li&#233;e &#224; l'inflation des prix des actifs boursiers. La contre-attaque capitaliste et la restructuration ont d&#233;velopp&#233; des changements fondamentaux du rapport de classe de par la de la d&#233;faite du vieux mouvement ouvrier et l'obsolescence de ses institutions (syndicats et partis). Ces organisations promouvaient la mont&#233;e en puissance du prol&#233;tariat &#224; l'int&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; capitaliste, la nouvelle structure du rapport de classe et la financiarisation de ce rapport d&#233;pendent finalement de la capacit&#233; du capital &#224; extraire assez de plus-value de l'&#233;conomie mondialis&#233;e (par la hausse de la productivit&#233; et l'intensification du travail).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise financi&#232;re actuelle a ses racines en partie dans les emprunts &#224; risque (subprimes) et dans les hypoth&#232;ques fond&#233;s sur une continuelle tendance &#224; la hausse du march&#233; immobilier et sur l'inflation des prix des actifs boursiers (apr&#232;s l'effondrement de la derni&#232;re bulle, celle de l'&#233;conomie de l'Internet) avec leurs &#233;normes montants de capital fictif g&#233;n&#233;r&#233;s par le levage de fonds (&#171; leveraging &#187;) des institutions financi&#232;res (banques, fonds d'investissements, fonds de &#171; private equity &#187; etc.). Le boom financier a fini par outrepasser les capacit&#233;s de l'&#233;conomie r&#233;elle, c'est-&#224;-dire la capacit&#233; du capital productif &#224; extraire la plus value dans l'exploitation des travailleurs employ&#233;s dans la production (que cette production soit &#171; mat&#233;rielle &#187; ou &#171; immat&#233;rielle &#187;). Par cons&#233;quent nous sommes t&#233;moins d'une &#171; correction &#187; massive &#8211; chutes des bourses, de l'immobilier &#8211; en termes marxiste la d&#233;valorisation du capital (se manifestant par les : d&#233;pr&#233;ciation, d&#233;fauts de paiement, banqueroutes, fusions, bradage des institutions financi&#232;res, et maintenant leur nationalisation partielle par les Etats capitalistes).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi la tendance &#224; la suraccumulation du capital, qui d&#233;j&#224; (cette tendance doit plut&#244;t &#234;tre comprise comme cyclique ou s&#233;culaire) emp&#234;chait l'investissement de capital productif d'atteindre le niveau requis par la valorisation, est exacerb&#233;e par la tendance du capital financier &#224; produire du capital fictif (par le &#171; leveraging &#187;, le financement par la dette, les &#171; futures &#187;, les options, la pl&#233;thore croissante de d&#233;riv&#233;s et d'arcanes, que sont les instruments financiers). M&#234;me si le capital financier r&#233;gente le capital productif (et le capital productif est toujours plus financier) l'extraction de plus-value par l'exploitation du prol&#233;tariat ne peut marcher au m&#234;me pas que les exigences de valorisation du capital financier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le capital est en crise. La crise s'affirme comme d&#233;valorisation. La d&#233;valorisation est la seule fa&#231;on qu'a le capital de poser les bases d'un nouveau cycle d'accumulation, et d'imposer la discipline n&#233;cessaire pour que la classe ouvri&#232;re accepte les nouvelles conditions de l'exploitation, mais cela met en jeu la reproduction - m&#234;me du rapport capital &#8211; travail. La nationalisation des banques est insuffisante pour parer &#224; la crise. L'&#233;conomie fait face &#224; la r&#233;cession ou &#224; la d&#233;pression et au spectre de la d&#233;flation. Les patrons d'Etat du capital sont pris dans en ciseau entre d'une part le d&#233;ficit gigantesque augment&#233; par le financement de la caution du syst&#232;me financier (par l'achat des valeurs toxiques, la recapitalisation des banques et la garantie des nouveaux emprunts) et d'autre part la glissade des d&#233;ficits, dont l'Etat capitaliste a besoin pour maintenir les niveaux de demande effective, et qui sera de plus en plus difficile &#224; financer. La question de la valeur du cr&#233;dit des banques se hausse maintenant au niveau de la valeur du cr&#233;dit des Etats capitalistes (Les banques centrales et les tr&#233;sors d'Etat)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le capital doit trouver une sortie de crise : il va chercher &#224; maintenir ou accro&#238;tre la profitabilit&#233; dans l'&#233;conomie r&#233;elle par la pression sur les salaires (bien que cela ait un effet d&#233;flationniste pervers) et l'intensification du travail (la hausse de l'exploitation des travailleurs) c'est-&#224;-dire des strat&#233;gies pour accro&#238;tre aussi bien la plus-value relative que la plus-value absolue. Chercher &#224; sortir de la crise financi&#232;re et de la crise &#233;conomique intensifie l'exploitation &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire et met en crise le rapport entre capital et prol&#233;tariat. D&#232;s restructuration du 19&#232;me et du 20&#232;me si&#232;cle, jusqu'&#224; la restructuration des ann&#233;es 70 et 80 le prol&#233;tariat pouvait s'affirmer comme p&#244;le positif dans le rapport d'exploitation. Maintenant la reproduction du prol&#233;tariat est de fa&#231;on croissante m&#233;di&#233;e par la finance, et ainsi imm&#233;diatement intriqu&#233;e &#224; la reproduction du capital( avec pour effet que la reproduction d'un nombre, croissant aussi, de prol&#233;taires est de plus en plus pr&#233;caire , comme le montre la vague actuelle de saisies) et &#224; la financiarisation, cela permet l'int&#233;gration de l'exploitation de la force de travail &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, les m&#234;mes moyens dont le capital use pour pouvoir se battre et trouver sa sortie de crise fait grimper la menace de crise au niveau m&#234;me de la reproduction du rapport de classe&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://endnotes.org.uk/" class="spip_out"&gt;Revue Endnotes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Discussion sur l'accumulation du capital et les luttes de classes en China</title>
		<link>http://meeting.communisation.net/archives/summer-meeting-2008/ateliers/article/discussion-sur-l-accumulation-du</link>
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		<dc:date>2008-08-02T16:53:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>jeanne, P.&#197;.</dc:creator>



		<description>Apr&#232;s le ralentissement &#233;conomique mondial des ann&#233;es 1970, de nombreux capitaux en Europe de l'Est et aux Etats-Unis ont commenc&#233; &#224; affluer vers l'Asie du Sud-Est, une r&#233;gion qui, apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale, a connu un changement fondamental, une transformation d'un type de soci&#233;t&#233; principalement rural, &#224; travers les r&#233;volutions agraires et l'urbanisation, &#224; l'industrialisation et enfin, a la production de marchandises destin&#233;es &#224; l'export. La (...)

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&lt;a href="http://meeting.communisation.net/archives/summer-meeting-2008/ateliers/" rel="directory"&gt;Ateliers&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le ralentissement &#233;conomique mondial des ann&#233;es 1970, de nombreux capitaux en Europe de l'Est et aux Etats-Unis ont commenc&#233; &#224; affluer vers l'Asie du Sud-Est, une r&#233;gion qui, apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale, a connu un changement fondamental, une transformation d'un type de soci&#233;t&#233; principalement rural, &#224; travers les r&#233;volutions agraires et l'urbanisation, &#224; l'industrialisation et enfin, a la production de marchandises destin&#233;es &#224; l'export.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re &#171; histoire &#224; succ&#232;s &#187; fut le &#171; miracle japonais &#187; (1955&#8211;1985), c'est-&#224;-dire l'expansion rapide qui a suivi la reconstruction apr&#232;s la capitulation japonaise devant les Etats-Unis en 1945. Rapidement, d'autres pays ont suivi : Ta&#239;wan, la Cor&#233;e du Sud, Hong Kong et Singapour devinrent la ligne de front occidentale contre la Russie, la Chine et la Cor&#233;e du Nord pendant la guerre froide.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Compar&#233; aux pays occidentaux, tous ces pays ont connu depuis les ann&#233;es 1970 une croissance &#233;conomique massive et ininterrompue, tout du moins jusqu'&#224; la crise asiatique de 1997&#8211;1998, et ont souvent de beaucoup d&#233;pass&#233; les niveaux de PIB connus en Europe pendant les Trente Glorieuses. Cependant, les changements qui se sont d&#233;roul&#233;s pendant les quinze derni&#232;res ann&#233;es dans un pays seulement, accentu&#233;s pendant la premi&#232;re d&#233;cennie du 21e si&#232;cle, sont si extraordinaires qu'ils concentrent tous les regards. De fait, l'histoire de l'accumulation capitaliste n'a jamais vu d'exemple comparable &#224; la Chine contemporaine. (En 2006 la croissance de sa production industrielle &#233;tait de 22,9 %.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que le dragon chinois remplit rapidement son estomac de cuivre [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Il importe 20 000 tonnes en 1990 et plus de 1,2 millions de tonnes (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] et de minerai de fer [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Il importe 14 millions de tonnes en 1990, 161 millions en 2006 et 192 (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;], m&#234;l&#233; de p&#233;trole brut [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Seuls les Etats-Unis en sont plus grand consommateurs, mais la consommation (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;], de tous les coins du monde, et crache ses flammes de marchandises &#224; bas-prix sur la surface de la terre, il est pour nous crucial de nous int&#233;resser &#224; l'accumulation en Chine et &#224; sa place dans la division du travail globale pour comprendre o&#249; vont le mode de production capitaliste et ses contradictions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela va sans dire que nous ne sommes nullement int&#233;ress&#233;s par un discours &#233;conomique vulgaire obtus dans lequel la lutte de classe dispara&#238;t dans le jeu automatique de l'&#233;conomie. Un antidote &#224; cette analyse bourgeoise a souvent &#233;t&#233; de lister autant d'exemples de luttes particuli&#232;res que possible, ou de choisir les plus extraordinaires. Cela est aussi pour nous probl&#233;matique ; en effet, elle peuvent n'&#234;tre pas repr&#233;sentatives et ce choix implique le retour a un empiricisme grossier. Nous avons cherch&#233; &#224; ne jamais perdre de vue le lien intrins&#232;que entre les luttes et le mouvement du capital, en cherchant &#224; les saisir comme totalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Devant le pr&#233;tendu &#171; recul des luttes de classes &#187; dans les pays occidentaux, il est devenu tentant de se tourner vers l'Est pour retrouver le sujet r&#233;volutionnaire manquant. Pour cela, une fa&#231;on a &#233;t&#233; &#8211; de fa&#231;on tout &#224; fait classique- d'insister sur le besoin de &#171; la classe ouvri&#232;re en formation &#187; de combattre pour gagner les droits politiques de base tels que la libert&#233; d'expression et le droit de s'organiser, vus comme la condition n&#233;cessaire pour la formation de syndicats et la cr&#233;ation d'un mouvement ouvrier. L'autre fa&#231;on (le revers de la m&#233;daille) &#233;tant le r&#234;ve d'un retour a une autonomie ouvri&#232;re hostile aux syndicats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous voulions poser le probl&#232;me de ce que notre compr&#233;hension du programmatisme comme &#233;tant mort une fois pour toute implique dans le cas de la Chine. Si le capitalisme restructur&#233; est mondial, il ne peut subsister de place pour l'apparition d'une identit&#233; ouvri&#232;re &#224; l'int&#233;rieur d'un cadre national. Ainsi nous pouvons comprendre le fait que le nouveau prol&#233;tariat &#233;mergent en Chine ne cr&#233;e pas d'organisations ind&#233;pendantes et permanentes non pas comme un signe de leur &#171; arri&#233;ration &#187; mais comme une caract&#233;ristique du nouveau cycle de lutte mondial.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Enfin, nous devons dire que nous ne sommes pas des experts sur la Chine ou l'Asie du Sud Est. Nous avons simplement lu quelques textes, ce que nous avons trouv&#233; int&#233;ressant. Par cons&#233;quent, plut&#244;t que des conclusions, nous avons formul&#233; quelques questions comme bases pour la discussion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://meeting.communisation.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; L'accumulation en Chine a &#233;t&#233; un facteur majeur dans l'accroissement de la demande, et de l&#224;, du prix, des mati&#232;res premi&#232;res mondialement. L'augmentation des prix des produits alimentaires a eu un effet imm&#233;diat sur les populations les plus pauvres du monde. En m&#234;me temps, la demande chinoise pour toutes sortes de minerais a cr&#233;&#233; un boom &#233;conomique mondial pour les industries mini&#232;res, a b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; des pays comme l'Australie, et a provoqu&#233;, entre autre, la r&#233;ouverture de mines, des accords de libre-&#233;change entre la Chine et des pays comme le Chili, un grand producteur de cuivre. Les compagnies p&#233;troli&#232;res font bien s&#251;r elles aussi d'&#233;normes profits...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette &#233;norme demande pose aussi la question des possibles cons&#233;quences d'une comp&#233;tition pour s'assurer les marchandises cl&#233;s. La chine est en train d'&#233;tablir sa pr&#233;sence en Afrique gr&#226;ce &#224; diff&#233;rents accords commerciaux avec divers gouvernements et elle a annonc&#233; cette ann&#233;e sa plus grande croissance en d&#233;pense militaire en cinq ans... Quelles sont les cons&#233;quences de l'app&#233;tit chinois ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://meeting.communisation.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Aujourd'hui, le r&#244;le de la Chine dans la division mondiale du travail est principalement la production de marchandises &#224; bas prix gr&#226;ce &#224; sa reserve de main-d'&#339;uvre bon-march&#233;. Peut-on imaginer, cependant, que la Chine pourrait monter en gamme comme l'ont fait le Japon et les tigres asiatiques ? Est-ce que cela pourrait impliquer l'&#233;mergence de &#171; nouvelles chines &#187; &#224; la main d'&#339;uvre bon march&#233; ailleurs dans le Tiers Monde ? De plus, quelles seraient les cons&#233;quences pour les pays occidentaux, si ils perdent compl&#232;tement leur avantage technologique ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://meeting.communisation.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Le besoin de main d'&#339;uvre dans les nouvelles industries bas&#233;es sur l'export a intensifi&#233; l'exode rural &#224; l'int&#233;rieur de la Chine, cr&#233;ant une &#171; nouvelle classe &#187; de prol&#233;taires, les mingons, qui ont migr&#233; vers les ateliers de la C&#244;te Est pour trouver du travail. Ce mouvement, qui par certains c&#244;t&#233;s semble rejouer celui du prol&#233;tariat &#171; originel &#187; &#8211; anglais &#8211; pendant la r&#233;volution industrielle [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Leur condition apparaissant similaire &#224; celle d&#233;crite dans le chapitre du (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;], a amen&#233; certains &#224; voir en eux la nouvelle classe r&#233;volutionnaire, non corrompue par les compromissions du prol&#233;tariat occidental. Selon cette position, nous devons maintenant attendre que ce prol&#233;tariat &#233;mergent devienne conscient et organis&#233;. On consid&#232;re alors qu'il doit passer par les m&#234;mes &#233;tapes que leurs homologues occidentaux, comme si c'&#233;tait le chemin n&#233;cessaire pour leur mont&#233;e en puissance. Est-ce que l'Etat chinois peut autoriser la cr&#233;ation de v&#233;ritables syndicats dont le r&#244;le serait le partage des gains de productivit&#233;, alors que sa r&#233;serve de main-d'&#339;uvre bon-march&#233; est la base m&#234;me de son d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J.N. &amp; P.&#197;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Il importe 20 000 tonnes en 1990 et plus de 1,2 millions de tonnes l'ann&#233;e derni&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Il importe 14 millions de tonnes en 1990, 161 millions en 2006 et 192 millions juste pendant les cinq premiers mois de 2008, malgr&#233; que la Chine soit maintenant le plus grand &lt;i&gt;producteur&lt;/i&gt; de minerai de fer au monde. (&lt;a href=&quot;http://www.mineweb.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.mineweb.com&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Seuls les Etats-Unis en sont plus grand consommateurs, mais la consommation de p&#233;trole chinoise cro&#238;t de 7,5 % par an et on s'attend &#224; ce qu'elle d&#233;passe celle des Etats-Unis en 2030.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Leur condition apparaissant similaire &#224; celle d&#233;crite dans le chapitre du &lt;i&gt;Capital&lt;/i&gt; intitul&#233; &#171; La journ&#233;e de travail &#187; (Livre 1, chapitre 10).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>A discussion on capital accumulation and class struggle in China</title>
		<link>http://meeting.communisation.net/archives/summer-meeting-2008/workshops/article/a-discussion-on-capital</link>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>jeanne, P.&#197;.</dc:creator>



		<description>After the global economic downturn in the 1970s, large quantities of capital in Western Europe and the United States started to flow into South East Asia, a region that after the second world war had went through a fundamental change, a transformation from mainly rural societies over agrarian revolutions and urbanisation, to industrialisation and, finally, competitive export oriented commodity production. The first &#8216;success story' was the &#8216;Japanese Wonder' (...)

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&lt;a href="http://meeting.communisation.net/archives/summer-meeting-2008/workshops/" rel="directory"&gt;Workshops&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;After the global economic downturn in the 1970s, large quantities of capital in Western Europe and the United States started to flow into South East Asia, a region that after the second world war had went through a fundamental change, a transformation from mainly rural societies over agrarian revolutions and urbanisation, to industrialisation and, finally, competitive export oriented commodity production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The first &#8216;success story' was the &#8216;Japanese Wonder' (1955&#8211;1985), i.e. the rapid expansion that followed the reconstruction after the Japanese surrender to the United States in 1945. Quickly, other countries followed suit: Taiwan, South Korea, Hong Kong and Singapore which became the West's front line against Russia, China and North Korea during the Cold War.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Compared to &#8216;the West', all of these countries have since the 1970s seen a tremendous uninterrupted economic growth, at least until the Asian crisis 1997&#8211;1998, and have often by large margins surpassed the GDP levels experienced in Europe during the golden years of the 1950s and 1960s. However, the changes that have taken place over the last fifteen years in one country alone, accentuated during this first decade into the 21st century, are so extraordinary that it is seems to be stealing the whole show. In fact, the history of capital accumulation hasn't seen any example such as the contemporary Chinese. (In 2006 its growth of industrial production was 22.9 percent.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;When the Chinese dragon is quickly filling its armoured stomach with copper [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='From 20,000 tons in 1990 importing over 1.2 million tons last (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] and iron-ore [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='From 14 million tons in 1990 importing 161 million in 2006 and 192 million (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;], mixed with crude oil [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Only the United States is a bigger consumer but China's oil (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;] from all the corners of the world, and is breathing out its flames of cheap commodities over the surface of the earth, dealing with accumulation in China and its place in the global division of labour is for us crucial in trying to get a grip of where the capitalist mode of production and its contradictions are heading.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;It goes without saying that we are here in no way interested in any narrow-minded vulgar economic discourse in which class struggle disappears in the automatic workings of the economy. An antidote to this bourgeois understanding has commonly been to list as many known examples as possible of particular struggles, or picking out the most extraordinary ones. This we also find problematic; indeed, they might not be representative of the whole and this turn implies reverting to crude empiricism. Our aim has been to never loose sight of the intrinsic link between struggles and the movement of capital while attempting to capturing them as a whole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;In the face of the so-called &#8216;retreat of class struggle' in the West there has been a trend to look east for rediscovering the missing revolutionary subject. Here, one side has been to &#8211; in the most classical fashion &#8211; emphasise the need for &#8216;the working classes in making' to fight to achieve basic political rights such as the freedom of speech and the right to organise, suggested as the necessary precondition to forming unions and the building of a workers' movement. The other side (of the same coin) is the dream of a return of union-hostile workers' autonomy.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;We wanted to confront the problem of what our understanding of programmatism being once and for all dead implies in the case of China. If restructured capitalism is a global one, there cannot be any room for a workers' identity to arise within a national framework. Then we can understand the fact that the &#8216;new emerging proletariat' in China is not creating permanent independent organisations, not as a sign of their backwardness, but a characteristic of a new and global cycle of struggles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lastly, we wish to say that we are no experts on China or East Asia. We have simply read a bit of what we've found interesting. In the end, instead of conclusions, we have therefore formulated a few questions which we propose as a basis for discussion:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://meeting.communisation.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Accumulation in China is being a major factor in the increase in demand and, subsequently, the rise in prices for raw materials globally. Higher food prices has an immediate and devastating effect on the world's poor. At the same time, the Chinese demand for all sorts of minerals has created a global boom for the mining industry and benefited capital in countries like Australia and led to, among other things, the reopening of closed mines, free trade agreements between China and countries such as the copper producer Chile. Big Oil is of course also making huge profits&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;This huge demand also poses the question of the possible consequences of competition for securing key commodities. China is currently on the way to establish a presence in Africa through all sorts of trade agreements with various governments and this year it announced the biggest increase in military spending in five years&#8230; What are the consequences of China's hunger?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://meeting.communisation.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Right now, China's role in the global division of labour is mainly the production of cheap commodities because of its pool of cheap labour power. Can we imagine, however, also China to climb the production chain like countries such as Japan and the Asian tigers? Would it in that case imply the emergence of a &#8216;new China' of cheap labour somewhere in the Third World? Also, what would the consequences be for the West, if it looses its technological advantage completely?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://meeting.communisation.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; The demand for labour in the new export oriented industries has intensified the rural exodus within China, creating a &#8216;new class of proletarians', the mingons, who migrated to the sweatshops of the east coast in order to find work. This movement, which in some aspects seems to re-enact the one of the &#8216;original' proletariat &#8211; the English &#8211; during the industrial revolution [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Their condition appears to be similar to the one described in the chapter (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;], has lead some to see in it the new revolutionary class, untained by the compromises of the western proletariat. According to this view, we now have to wait for this emerging proletariat to become conscious and get organised. One expects that they should go through the same stages as their counterparts in the West, as the necessary path for their rise in power. Can we imagine a programmatic development of the struggle of the Chinese working class? Can the Chinese state tolerate the creation of proper unions whose role would be to share the productivity gains, while its reserve of cheap labour is the very basis of its development?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J.N. &amp; P.&#197;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Footnotes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] From 20,000 tons in 1990 importing over 1.2 million tons last year.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Footnotes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] From 14 million tons in 1990 importing 161 million in 2006 and 192 million tons just in the first five months of 2008, despite the fact that China itself currently is the biggest &lt;i&gt;producer&lt;/i&gt; of iron-ore in the world. (&lt;a href=&quot;http://www.mineweb.com/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.mineweb.com&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Footnotes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Only the United States is a bigger consumer but China's oil consumption grows by 7.5 % per year and is predicted to surpass that of the US by 2030.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Footnotes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Their condition appears to be similar to the one described in the chapter about the struggle over the length of the working day in the first book of &lt;i&gt;Capital&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Gender distinction, programmatism and communisation</title>
		<link>http://meeting.communisation.net/archives/summer-meeting-2008/workshops/article/gender-distinction-programmatism</link>
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		<dc:date>2008-07-29T13:12:27Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>R.S.</dc:creator>



		<description>Given the subject, I feel obliged to signal that throughout this text I have exempted myself from the task, irksome both to writing and reading, of feminising adjectives, nouns, pronouns and participles. When necessary, the reader will do this for her/himself. Introduction: men, women and communisation The revolution as communisation is borne by this cycle of struggles, which produces its characteristics; as such, however, it is predicated on the abolition of the gender distinction. There (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Given the subject, I feel obliged to signal that throughout this text I have exempted myself from the task, irksome both to writing and reading, of feminising adjectives, nouns, pronouns and participles. When necessary, the reader will do this for her/himself.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction: men, women and communisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The revolution as communisation is borne by this cycle of struggles, which produces its characteristics; as such, however, it is predicated on the abolition of the gender distinction. There is no abolition of the division of labour, no abolition of exchange and of value, no abolition of work (the non-coincidence of individual activity and social activity), no abolition of the family, no immediacy of relations between individuals which define them in their singularity, without the abolition of men and women. There can be no self-transformation of proletarians into individuals living as singular individuals, without the abolition of sexual identities. All the measures of communisation will not succeed if they do not resolve this question by specifically attacking it and by abolishing its very terms.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;As long as a relation between men and women exists, there cannot be an immediacy of relations between individuals defining them in their singularity; in fact a social construction will present itself as natural and a division in society which subsumes singular individuals will be taken for granted. As a result of this general, abstract division, which appears as a given, all other divisions will be preserved because this division is constructed by all the others, even if it does not as such define any &lt;i&gt;relation of production&lt;/i&gt; nor any &lt;i&gt;mode of production&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;We have to be able to think of the social process through which we can arrive at a situation where the distinction between the sexes no longer has any social pertinence. &lt;i&gt;That is the question.&lt;/i&gt; I will begin by the social construction of the group &lt;i&gt;women&lt;/i&gt;, then I will study the economic dimension of the relation between men and women in the capitalist mode of production, and finally I will end on the question of the abolition of the gender distinction in programmatism and in the revolution as communisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;I) The social construction of the group &lt;i&gt;women&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;We have to understand how the relation between men and women is itself constructed in order to understand the abolition of its terms. In order to understand how this relation is constructed, we must not have as our starting-point (biological) reproduction and the specific place of women in this reproduction (Fran&#231;oise H&#233;ritier), &lt;i&gt;but rather what renders this place specific&lt;/i&gt; and gives it a social meaning: the modes of production up to today. The historically recurring character of the appropriation of women expresses the recurrence, in all modes of production up to today, of the augmentation of the population as the principal productive force, which is no more a natural relation than any other economic relation of production, and which is not found without the sundering of society into workers and non-workers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The appropriation of this productive force implies the appropriation of the person who is its bearer. Appropriated as a person, she is not a socially recognised entity, able to be socially recognised as such, which implies the appropriation of the totality of her activity; here we see the creation of, and the passage to, the category of domestic labour (which stands in no necessary relation with any type of concrete activity). We don't have as our starting-point a presupposed category, &#8220;women&#8221;, in order to explain why they are dominated, instead our starting-point is domination, a historical social relation, which produces &#8220;women&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Women&lt;/i&gt; produce children, but there is nothing more natural about the way that this fact comes to define a &#8220;social entity&#8221; than any other characteristic or determination. If &#8220;making children&#8221; becomes the definition of a group of persons, &lt;i&gt;women&lt;/i&gt;, then that is a pure social construction. The increase in the population as principal productive force allows us to consider biological differences in reproduction as something to which a social relation &lt;i&gt;gives meaning&lt;/i&gt;; these differences are not waiting to be given a meaning, rather they are entirely socially constructed as difference. This construction implies the appropriation of women and their submission to this function.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;It is this appropriation that we call &#8220;gender&#8221;. If gender didn't exist, what we call sex would be denuded of meaning, and would not be considered important: it would only be a physical difference like the others. Gender is not a social construction erected on the basis of groups already constituted by nature. What is physical (and is not in doubt), is not the substratum of gender, it is gender which creates the sexes, or in other words, gives meaning to physical traits which no more possess an intrinsic meaning than the rest of the physical universe. But the constructed distinction (the physical traits) is pertinent for the distinction itself. Having established this, we must dismiss any &#8220;anthropology of origins&#8221;; the true starting-point for the understanding of this construction is the point where this question can appear because it does appear as a question &#8211; and this point is the capitalist mode of production: its contradictory relation to labour and to population (see below).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;We cannot leave to one side as if unimportant the fact that the social definition of genders defines the sexes. When the social distinction introduces an anatomical distinction, that is to say when an anatomical distinction is constructed as a social distinction, when it makes sense, we have to treat it as such: an anatomical distinction which makes sense. The perception of humanity as divided between potential bearers of children and non-bearers is no &#8220;spontaneous perception&#8221;, it is a social construction, but once this social construction has been made effective, we can affirm that there are two sexes and only two. It is an objective social construction. The placing of reproductive logic in a structuring position, which is characteristic of all modes of production (and which is a social construction) reduces a complex ensemble of physical variables to a dichotomous classification, socially constructed and imposed if necessary.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;If all societies until today rest on the increase in population as principal force of production, it is because they are class societies. The resulting social division between workers and non-workers is immediately coupled with another division which is &lt;i&gt;internal&lt;/i&gt; to it, but whose &lt;i&gt;terms do not correspond to this division&lt;/i&gt;: a gendered division of society. In fact, up until capital, including where the thing starts to get contradictory, the principal source of surplus-labour is of course labour which entails the increase in the population. The necessary appropriation of surplus-labour, which is a purely social phenomenon, (surplus-labour can not be attributed to any supposed surplus productivity of labour) creates genders and the social pertinence of their sexual distinction. It is surplus-labour which structures the &lt;i&gt;two&lt;/i&gt; partitions: workers/non-workers and men/women. There aren't &lt;i&gt;two&lt;/i&gt; class systems because there aren't two modes of production and because there is &lt;i&gt;only one&lt;/i&gt; surplus-labour. In fact, &lt;i&gt;there is no surplus-labour without a gendered division of humanity&lt;/i&gt;. The contradiction between workers and non-workers and the contradiction between men and women are corollaries, and are not superimposed upon each other. The second contradiction, while it does not define any specific mode of production, is no less a &lt;i&gt;specific contradiction which can't be reduced to the first&lt;/i&gt;. &#8220;Patriarchy&#8221; has never been a relation of production, nor a mode of production. The history of patriarchy is an optical illusion, just as much as, at a different level, the history of the State, of religion, of art&#8230; If there is no history of patriarchy, nor even a history of the relation between men and women, it's because what we are dealing with is a relation which is specifically reproduced each time by each mode of production which is its condition. The relation between men and women is consubstantial with the very existence of exploitation and surplus labour. Surplus labour is the concept which structures the &lt;i&gt;two&lt;/i&gt; divisions &lt;i&gt;without confusing them&lt;/i&gt; (proletarians/capitalists and men/women). In the capitalist mode of production an error would be committed if one were to establish the succession of economic categories in the sequence in which they were historically decisive.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The appropriation of the principal force of production and the source of surplus labour is carried out by all men as a result of the simple gendered distinction in society. But not all men draw profit from this in an identical fashion (both in terms of quantity and quality) and to the same degree according to their place in the division between worker and non-worker.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;II) The economic dimension of the relation between men and women in the capitalist mode of production&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;1) Domestic labour / necessary labour / surplus labour&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The attachment of the female spouse (and children) to the class of the husband is theoretically and socially valid. In terms of this question, to remain within the definition of classes on the basis of the distribution of the means of production (Marx's &#8220;first distribution&#8221;) is inadequate. The relation between classes is one which reproduces itself, presupposes itself; hence it is a relation which includes within itself all the conditions for its own renewal. Wages are the value of the reproduction of labour-power and of the &#8220;race of labourers&#8221; (&lt;i&gt;Wages, Prices and Profit&lt;/i&gt;), and not the payment of the &#8220;value of labour&#8221; (an absurd expression). The relation of dependence (the relation of maintenance that women find themselves in) is the very product of the wage as reproduction of labour-power rather than as the &#8220;payment of labour&#8221;. The wage presupposes and reproduces on its own basis the family and its relations of dependence. This relation of dependence is not another relation of production because it has no autonomy and no principle of its own renewal (cf. &lt;i&gt;Theories of Surplus-Value&lt;/i&gt;). If the male spouse does not return to work, he cannot renew the operation vis-&#224;-vis his wife: his exploitation of his wife does not produce the conditions of its own renewal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Only a non-programmatic theory of the class struggle and a theory of revolution as the abolition of all classes, as the abolition of the proletariat and the wage-form can take into account the &lt;i&gt;internal&lt;/i&gt; antagonism included within the wage as reproduction of labour-power and, what's more, consider that this internal antagonism is and will have to be a determining element in the abolition of the wage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;To say that the wage pays for the reproduction of labour-power and the &#8220;race of labourers&#8221; takes us across the threshold of &#8220;intimacy&#8221;. Even if there is not any &lt;i&gt;free&lt;/i&gt; [&lt;i&gt;gratuit&lt;/i&gt;] productive labour in the family-sphere, by the very nature of the wage, the family is the site of an economic exploitation, that of women, which benefits first the male spouse, that is to say men in general. We have here a relation of domination which flows from the nature of the wage: the domination and the provision of domestic labour depending in the first instance on the existence of surplus-labour and, secondly, on the very content of the wage relation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;We have to beware of something which seems obvious but which is false: &#8220;women carry out domestic labour&#8221;. No, it is rather the labour carried out by women which, because it is carried out by them, within a certain relation, is domestic labour. Thus domestic labour does not encompass a list of concrete labours which are defined prior to their assignation to women (at best men help &#8211; participate &#8211; in domestic labour). By definition domestic labour is sexed, it isn't labour which is undertaken inside the &#8220;home&#8221;, but rather labour which is carried out by the person who, being in a relation of dependence, belongs to the &#8220;home&#8221; as a social structure. If the labour of women is in this sense domestic labour, this means that the fundamental definition of the group &#8220;women&#8221; by their appropriation as persons excludes their activity from the field of social relations. She who is appropriated &lt;i&gt;as a person&lt;/i&gt; produces nothing which can be detached from her as object or activity as her property and enter into the general field of the economy. It is domestic labour, the work of women, and as such it is excluded from the economy. This labour can sometimes be undertaken by men, but it remains female labour; a society, simply because it is the reproduction of itself and thus &#8220;survives&#8221; the individuals which compose it, is a structure of positions and functions before being an ensemble of concrete individuals. Women carry out labour which, in a determinate mode of production and by virtue of the determinations of this mode of production, does not create value; it is not by chance that it is assigned to them. The appropriation of women, which is inherent to all modes of production including capitalism, generates domestic labour within the social structure of this appropriation: the family. This labour does not create value, and it is not productive labour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Value is a social relation and abstract labour only exists as a general system of the exchange of commodities (Rubin). A product or a service which is neither bought nor exchanged (and which moreover, is not destined for exchange), is not value. If domestic labour created a certain type of value, it would have to be possible for us to talk of socially necessary abstract domestic labour. No social metabolism permits the determination of an hour of abstract domestic labour or the value of a woman's hour in the household. To the extent that this labour is not mediated by the market, no social mechanism permits the estimation of the number of hours of domestic labour which are necessary on average to produce the food for a family and to tend to the upkeep of the home (the hourly cost of replacement labour-power cannot be a satisfactory mode of calculation, as the norms and rhythms of the carrying-out of labour and the concrete reality of the finished product being researched are difficult to compare).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;But, it will be said, this labour produces a commodity: &#8220;it produces labour-power, a commodity which is then exchanged, therefore it produces value.&#8221; No. It is not productive of value because its own product, or its own services, which are instrumental to the production of labour-power, don't themselves enter into any relation of exchange with the depositary of labour-power and cannot do so through their completion in the domestic sphere. We can lament this, we can combat this situation, we can demand that there be a relation of exchange, but for as long as this is not the case, this activity will never be productive of value. Domestic labour does not enter into the determination of the value of the labour-power which is reproduced, which effectively gives the capitalist a present to the capitalist who buys this labour-power &lt;i&gt;at its value&lt;/i&gt;. This labour-time is useful, indispensable even for the reproduction of labour-power, and furthermore it has for the capitalist the immense advantage that it is expended within a social relation, &lt;i&gt;the conjugal relation&lt;/i&gt;, such that it does not produce value.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;There is another reason. The reproduction of the person, the female spouse, is included within the value of this labour-power; what is included is not the price of her labour (which doesn't exist for anyone), but that of her reproduction, whatever form this remuneration (&#8220;maintenance&#8221;), and the relation of domination which corresponds to this remuneration, then takes in the family (and this is pre-determined). If there were to be any pretence of &#8220;paying her for her labour&#8221;, (&#8220;wages for housework&#8221;), she would only be paid, like everybody else, the cost of her reproduction and not her labour. What she received &lt;i&gt;directly&lt;/i&gt; would have to be deducted from the value of the labour-power of her husband. The same thing cannot be paid for twice. This might be considered a sort of &#8220;progress&#8221; for her, but the real economic relation would not be modified by this (the husband could be assigned the task by the State or the enterprise of verifying the proper provision of the service for which the female spouse is directly remunerated; in the case of exchange-relations, the worst case scenario often applies).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Unlike any other commodity, &lt;i&gt;labour-power &#8220;realises&#8221; its value by being bought only to the extent that it produces its equivalent&lt;/i&gt; in the production process. The worker has to produce the value that he receives for his reproduction, for his labour-power; it is in the capitalist production process that the worker produces the equivalent of the value of his labour-power. The commodity labour-power has to be sold and consumed as productive of value in order to realise its value. It has a value, but no counterpart to this value exists before the worker produces it. &#8220;In the household&#8221;, the worker consumes finished products as use-values and the labour of his spouse as a particular labour, as concrete labour. As far as the value of labour-power is concerned, it is in the process of production that he produces its equivalent. &lt;i&gt;The labour of the female spouse does not immediately create the funds against which she is maintained&lt;/i&gt;, unlike the worker producing household electrical goods, who immediately (on condition of sale) creates the funds against which he is paid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;This peculiarity of the realisation of labour-power (whereby it only realises its value to the extent that it produces its equivalent) is only another way of conceiving capitalist circulation. Capitalist circulation implies that the transmission of the value of the products consumed by labour-power occurs without the modification of value. In other words, capitalist circulation defines as non-value creating the worker's consumption and the acts which accompany it. This consumption appears in this circulation as a pure phenomenon of circulation between capitalists.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The modalities according to which the transformation of these goods into the reproduction of the value-producing machine is effected are the free gift that domestic labour constantly makes to the capitalist for the simple reason that one is the capitalist and the other the worker. Thus it is not in the simple framework of exchange and the production of value that we have to approach the question of domestic labour within capitalism, but rather in the framework of the wage, i.e. the relation between necessary and surplus labour. Domestic labour does not create value, but it increases the surplus value captured by the capitalist who exchanges the wage for labour-power. The wage pays the value of the commodities entering into the reproduction of labour-power, which neither includes the labour-time necessary for their further elaboration post-purchase (e.g. cooking or assembling IKEA furniture) nor the labour-time necessary for their maintenance to preserve them as use-values. It is only from the point of view of the capitalist who pays the wage that this labour-time is (cost-)free labour. It is a reduction of necessary labour-time corresponding to the worker's consumption and reproduction. For the bearer and seller of labour-power, the labour of his spouse only creates &#8220;free time'. It does not create &lt;i&gt;any additional value when compared to what the value of his labour-power would be if he himself take care of its reproduction&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;At the time of the frantic introduction of women into industry with the development of mechanisation, capitalists quickly became aware, as women now found themselves unable to carry out domestic labour, that the latter reduced necessary labour and increased surplus-labour. The increase in surplus labour that capital absorbed by the multiplication of simultaneous working-days with the introduction of women into the production process also generated a counter-tendency: the increase in workers' expenditure on their reproduction and thus the necessary labour-time for the reproduction of the labour-powers of the worker-family.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;With the transformation of all the members of the family into exploitable labour-power, in the chapter of Volume one of &lt;i&gt;Capital&lt;/i&gt; on large-scale industry, Marx writes:&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;Since certain family functions, such as nursing and suckling children, cannot be entirely suppressed, the mothers confiscated by capital, must try substitutes of some sort. Domestic work, such as sewing and mending, must be replaced by the purchase of ready-made articles. &lt;i&gt;Hence, the diminished expenditure of labour in the house is accompanied by an increased expenditure of money.&lt;/i&gt; The cost of keeping the family increases, and balances the greater income. In addition to this, economy and judgment in the consumption and preparation of the means of subsistence becomes impossible. (Emphasis added).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;All this, adds Marx, has been concealed by official Political Economy. In another note, he points out that &#8220;we see how capital, for the purposes of its self-expansion, &lt;i&gt;has usurped the labour necessary in the home of the family.&lt;/i&gt;&#8221; (Emphasis added). Domestic labour diminishes the necessary labour-time and thus augments the part of the working-day which is composed of surplus labour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Capital has at its disposal three ways of &#8220;usurping&#8221; this domestic labour-time, either &lt;i&gt;by leaving it as it is as domestic labour&lt;/i&gt; (in this case it usurps it as a reduction in the part of the working day which composed of necessary labour), or by absorbing this time (i.e. by absorbing women), in which case necessary labour-time will increase in the long-term, or by combining the two, and looking to gain on both fronts. The third solution is of course the one held in highest regard by the capitalist. For more than 20 years, the &#8220;solution&#8221; has been part-time working, which has been imposed in the immense majority of cases.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;To the extent that capital does not itself produce the norm of consumption, the commodities entering into workers' consumption, and the way their life is framed according to social relations and techniques which reduce the value of this consumption, the massification of labour-power caused by machinery and large-scale industry brings with it, after an initial period of capitalist euphoria, the rising cost of the reproduction of labour-power. The essential accomplishment of Fordism is to overcome these rising costs, but now it is the family framework as the framework of reproduction which is undermined, it is now merely a mediating term between an individual labour-power which counts only as an aliquot part of the available social labour-power and this total available social labour-power itself. The state is initially the guarantor of the general reproduction of the total available social labour-power, before this reproduction acquires a form adequate to capital in becoming the business of individual capitals (e.g. insurance, training, collective agreements at the level of industries and enterprises, the distribution of coupons&#8230;). Currently the attack on all indirect forms of the wage, and on public services whose function in part is to substitute for certain domestic tasks, means that the burden of reproduction now has to be transferred on to a different (domestic?) social relation. The consequences of such a transferral are difficult to predict at the moment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Women work &lt;i&gt;too&lt;/i&gt; and the capitalist mode of production has to combine female labour in such a way that labour and domestic labour are articulated with each other so that each creates the conditions necessary to compel the other to be carried out. Even when the great majority of women work, we can still say that their relation to their reproduction remains that of &#8220;maintenance&#8221; (Delphy). The couple does not have the same objective sense for &lt;i&gt;him&lt;/i&gt; and for &lt;i&gt;her&lt;/i&gt;; the labour-market propels women into marriage: the most profitable career (even while working). The asymmetry precedes the association, and is the cause of the association. The female wage functions as &#8220;second wage&#8221; (this is possible because what is the determining factor is the wage as reproduction of the family's labour-power) and through this women are reinscribed within the framework of domestic labour, through which the capitalist profits via the value of labour-power.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The labour-market is purely capitalist (and not &#8220;patriarchal&#8221; and capitalist), because the place of women assigned to domestic labour in addition to domestic labour is also purely capitalist. So purely capitalist is it that it is precisely the necessities of the valorisation of capital which modulate the entry and departure of women's labour from its pure localisation within the domestic sphere, without ever giving them dispensation from it.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The appropriation of women as producers of the principal productive force (the increase in the population) implies the appropriation of the person who produces it and as a result the appropriation of all her activity &lt;i&gt;insofar as the appropriation of her person excludes her from society&lt;/i&gt;. Domestic labour cannot be captured by the capitalist (via the value of labour-power) without a relation of domination which all men exercise. &#8220;Free time&#8221; and the sexed division of the labour-market are the reverse effects of the &lt;i&gt;constraint&lt;/i&gt; by which alone domestic labour is carried out. This free time results from domination and not exploitation; exploitation occurs elsewhere even if it includes this domination as one of its moments (as the appropriation of the increase in the population as a force of production and the devaluation of labour-power). In the capitalist mode of production, the exclusion of women from the public realm is more radical than in preceding modes of production. Capitalism defines productive labour as absolutely separated from all the reproductive activities of the private sphere. The free labour-power which bears this productive labour is compelled to &lt;i&gt;go and sell itself&lt;/i&gt;. The schism between production and reproduction, between abode and place of production is perfect, structural, and definitive of the mode of production founded on the free worker. The conjugal family is the family of the free worker, pace Engels (see below). The domestic space is defined socially as exclusion, as reclusion. At a certain moment women can enter into the labour-market, but only on the basis of this exclusion. Their entry into the labour-market, their participation in productive labour will always be defined as the labour of &#8220;those-who-exist-like-that-in-exclusion&#8221; and the value of whose labour-power is thus devalued.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;2) Mode of production / surplus labour / men-women / relation of domination&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The economic result of domestic labour is materialised in the division of the working-day. But the possibility of this decrease of necessary labour-time and the correlated rise in surplus labour is &lt;i&gt;exterior to the labour-process itself&lt;/i&gt;. This increase in surplus labour cannot be confused on its own account with the labour-process, and this is why it needs &lt;i&gt;something else&lt;/i&gt; other than the economic relation in order to exist. This relation of domination we can call &#8220;patriarchy&#8221; on the condition that we don't fall into an &lt;i&gt;anthropological illusion of a history of patriarchy&lt;/i&gt;. For this reason we have to quickly come back to the matrix of relations of production in a mode of production and to the question of how relations of domination can be developed on the basis of the capitalist relation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The concept of relation of production designates the social relations that men maintain among each other in the process of production of their material conditions of existence. The coherent ensemble of these relations constitutes a mode of production. As mode of production, this coherent ensemble of relations of production includes the articulation of instances of domination and representation of the society as totality, i.e. the alienation of the individual from his community inherent in all the forms of exploitation (religion, the State, politics, kinship&#8230;). Taken historically (chronologically), the relations of production are prior, whereas theoretically, conceptually, the mode of production is prior. Even if historically the commodity, money, rent or credit exist prior to the capitalist mode of production, it is the capitalist mode of production which defines what the commodity, wage labour, capital, credit, rent etc are.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A mode of production is the result of the interplay of three elements: workers, non-workers, and conditions of production. The third element is divided into two: means of production, and means of subsistence. Between these three elements, there can exist three types of relations: property, possession and separation. Each combination can operate as process in two ways: the coincidence between the labour process and the extraction of surplus-labour, and non-coincidence. &lt;i&gt;The modes of production founded on non-coincidence are those in which exploitation cannot be effective, cannot be realised, without being domination.&lt;/i&gt; These modes of production essentially operate through domination, exploitation includes domination. This isn't the case with capitalism.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;It is necessary to define the concepts of &#8220;domination&#8221; and &#8220;exploitation&#8221;. Exploitation is a strict concept: appropriation by the non-worker of an accumulable material surplus, reproducing and/or expanding the fund, thus permitting the renewal of the operation. Domination is a much more vague and polysemous. There is domination when the worker is a &lt;i&gt;particular individual&lt;/i&gt;, i.e. whose belonging to a given community presupposes the carrying-out of his activity, which generally includes the (spatial or temporal) disjunction of labour-time into necessary labour-time and surplus labour-time. Domination is equally, for the same reasons, an ideological process. In fact if exploitation acquires a self-evident character in this situation, it is at the cost of the ideology which corresponds to the membership of the community.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;However relations of domination can be redeveloped on the basis of capitalist exploitation. This occurs in two ways: firstly on the basis of, and in, exploitation itself, precisely in the way in which the three moments of exploitation are articulated (the face-off between labour-power and capital as potential capital; the subsumption of labour under capital; and the transformation of surplus-value into additional capital). Secondly, on the basis of existing disjunctions, in the capitalist mode of production itself, between the labour process and the increase in surplus-labour &#8211; i.e. on the basis which conceptually determines domination. The never finished character of the transformation of surplus-value into additional capital and the disjunctions between the labour process and the growth in surplus labour have the effect that capital reappears within the relation of exploitation as domination, as an exterior constraint on the &lt;i&gt;individual&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On the one hand in exploitation we have the general possibility of a relation of domination, and on the other, the way in which we have defined the insertion of domestic labour into the relation between necessary and surplus labour means that it cannot increase surplus labour without being implicated within a relation of domination. The domestic relation is included within the salary which is the reproduction of labour-power and the &#8220;race of workers&#8221;. As a result of the very disjunction between the labour process in which labour-power is consumed productively and that modality of increasing surplus labour represented by domestic labour, its effect cannot be captured by the capitalist &lt;i&gt;without a relation of domination&lt;/i&gt;. The relation between men and women is not reducible to the contradiction between classes; men don't act as foremen on behalf of the true boss, the capitalist; rather, they act on their own behalf as men. &lt;i&gt;Male domination does not mediate capitalist domination.&lt;/i&gt; If this domination increases surplus labour, it is because surplus labour and male domination, the appropriation of women and their activity are given at the same time and &lt;i&gt;belong to the same concept of surplus labour&lt;/i&gt;. But it is exactly here that the capitalist mode of production has a problem with women.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;3) The capitalist mode of production has a problem with women&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The capitalist mode of production is the first mode of production which has a problem with labour and the increase in the population as the &#8220;principal force of production&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;It is a law of capital, as we saw, to create surplus labour, disposable time; it can do this only by setting necessary labour in motion &#8211; i.e. entering into exchange with the worker. It is its tendency, therefore, to create as much labour as possible; just as it is equally its tendency to reduce necessary labour to a minimum. It is therefore equally a tendency of capital to increase the labouring population, as well as constantly to posit a part of it as surplus population &#8211; population which is useless until such time as capital can utilize it. (Hence the correctness of the theory of surplus population and surplus capital.) [&#8230;] (Capital) can leap over the natural limit formed by one individual's living, working day, at a given stage in the development of the forces of production (and it does not in itself change anything that this stage is changing) only by positing another working day alongside the first at the same time &#8211; by the spatial addition of more simultaneous working days. [&#8230;] This is why capital solicits the increase of population; and the very process by means of which necessary labour is reduced makes it possible to put new necessary labour (and hence surplus labour) to work.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;This still without regard to the fact that the increase in population increases the productive force of labour, since it makes possible a greater division and combination of labour etc. The increase of population is a natural force of labour, for which nothing is paid. From this standpoint, we use the term natural force to refer to the social force. All natural forces of social labour are themselves historical products. [&#8230;] Hence the tendency of capital simultaneously to increase the labouring population as well as to reduce constantly its necessary part (constantly to posit a part of it as reserve). And the increase of population itself the chief means for reducing the necessary part. &lt;i&gt;At bottom this is only an application of the relation of the single working day.&lt;/i&gt;&#8221; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='http://www.marxists.org/archive/mar...' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;As a result of the definition of the &lt;i&gt;working population&lt;/i&gt; as productive force, the categories &lt;i&gt;men&lt;/i&gt; and &lt;i&gt;women&lt;/i&gt; are simultaneously always reproduced &#8211; they are &lt;i&gt;absolutely not contingent&lt;/i&gt; (these are not &#8220;behavioural choices&#8221; &#8211; Butler); however, with the capitalist mode of production, these categories are no longer merely given, because it is the population as principal force of production which, with capital, is no longer merely given.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;The conditions under which individuals have intercourse with each other, so long as the above-mentioned contradiction is absent, are conditions appertaining to their individuality, in no way external to them; conditions under which these definite individuals, living under definite relationships, can alone produce their material life and what is connected with it, are thus the conditions of their self-activity and are produced by this self-activity. The definite condition under which they produce, thus corresponds, as long as the contradiction has not yet appeared, to the reality of their conditioned nature, their one-sided existence, the one-sidedness of which only becomes evident when the contradiction enters on the scene and thus exists for the later individuals. Then this condition appears as an accidental fetter, and the consciousness that it is a fetter is imputed to the earlier age as well. [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='http://www.marxists.org/archive/mar...' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;With the capitalist mode of production, the contradiction &#8220;&lt;i&gt;has appeared&lt;/i&gt;&#8221; (that of the population as the principal force of production), but it is impossible to escape this contradiction without abolishing this mode of production. This mode of production is preparing within its breast a class struggle which, in abolishing capital, will not be able to escape the question, for each of us, of &#8220;conditions inherent to our individuality&#8221;; this question is determined by the &#8220;appearance of this contradiction&#8221; which is to be surpassed, i.e. in this case being a &#8220;man&#8221; or a &#8220;woman&#8221;. The appearance as contradiction of the gendered reproduction of humanity is identical to the contradictory relation of capital and labour within the capitalist mode of production, i.e. it is identical to capital as contradiction in process [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='http://www.marxists.org/archive/mar...' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]. It is for this reason that we should be looking to show that it is in female labour as it is currently that all the contradictions are bound up.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;III) The abolition of the gender distinction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;1) Programmatism loves women&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The specific exploitation of women as such in the capitalist mode of production cannot be compared to racist modes of exploitation of labour-power insofar as the exploitation of women touches on the very nature of the capitalist mode of production in its relation to labour; it is linked to the definition of the value of labour-power &#8211; in its concept &#8211; and to the definition of surplus labour and the self-contradictory relation of capital to labour and the population. If Marxism and anarchism, and the workers' movement in general, always had a problem with women, it's because without a supersession of programmatism this specificity is simply impossible to formulate, it is invisible, outside the field of what is possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Only a non-programmatic theory of the class struggle and a theory of revolution as abolition of all classes, and thus of the proletariat and the wage-form, can take into account the &lt;i&gt;internal&lt;/i&gt; antagonism included in the wage as reproduction of labour-power and, furthermore, consider that this internal antagonism is and will be a determining element of the abolition of the wage-form. It is necessary to develop a critique of the capitalist mode of production, and a non-programmatic theory of revolution, both of which do not consider labour and the increase of the population as the natural facts of all human production, in order to grasp that it is a social construction which makes the difference and gives the meaning to the differentiation of biological functions of reproduction. Programmatism makes this question into a pre-historical or pre-theoretical element (the &lt;i&gt;natural&lt;/i&gt; division of labour); radical feminism (non-essentialist or differentialist) makes this into a naturalist theoretical taboo.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;In its specificity, the female struggle is the condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; of the supersession of the programmatic class struggle. In the capitalist mode of production the common position of men vis-&#224;-vis female labour defines the position of the waged worker (in terms of surplus labour and the wage as reproduction of labour-power). As long as the combat remains that of the wage-labourer or even the struggle for the liberation of labour, it will contain within it, within waged labour, the appropriation of women. The class struggle will only lead &#8220;by its very character&#8221; to the abolition of the proletariat in the abolition of capital through the revolutionary confrontation with the female struggle in its specificity. The nature of this specificity of the contradiction between men and women is the supersession of programmatism. If we were to look back at the specifically female struggles and strikes and at the specific characteristics of the activity of women in revolutionary struggles since the French Revolution or even the English Revolution, we would be surprised to discover, in acts, the contradictions and impasses of programmatism &#8211; up to and including the appearance of modern feminism in the 60s/70s. A meticulous study of revolutionary movements would certainly reveal that the activity of women in these movements is fully implicated in the impossibility of programmatism in its own terms, in its contradictions and its overcoming.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Some strikes and revolutions&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apart from the participation of women in the combat, which was rarer than a certain legend born precisely of the shocking character of this presence gives reason to believe, the Commune of 1871 confined women to their traditional social role (as canteen-workers, ambulance-drivers, employees in kilns and hospitals). It would be interesting to see if it is possible to contrast this situation with their role in the first days of the commune.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;At the turn of the century, Emile Pataud and Emile Pouget, revolutionary syndicalists, wrote &lt;i&gt;Comment nous avons fait la R&#233;volution&lt;/i&gt; (&#8220;How we made the revolution&#8221;), published in error under the title &lt;i&gt;Comment nous ferons la R&#233;volution&lt;/i&gt; (&#8220;How we will make the revolution&#8221;) [Ed. Tallandier, no date], which presents itself as a description of communist society. In the guise of a conclusion, the first chapter has as its title &#8220;La lib&#233;ration de la femme&#8221; (&#8220;The liberation of women&#8221;). The &#8220;liberation of women&#8221; is the industrialisation of household tasks as if these were devolved to her by nature, as for the rest&#8230; In a society founded on the emancipation of labour, its redistribution and rational reorganisation, &#8220;women&#8221; are excluded: &#8220;In the new organisation, it was judged useless to prescribe for women &#8211; as had been done for men &#8211; the moral obligation to establish a determinate labour-time. It was considered that her high function of possible maternity liberated her from all other social duties. (&lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 292).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;From the revolutionary syndicalist Pouget to Lenin the Bolshevik, the &#8220;liberation of women&#8221; is the rationalisation of productive labour by the female collectivisation of domestic tasks. At no moment are men concerned by or implicated in a redistribution of roles. The question of the gender distinction is not attacked at its base, and no revolutionary programme can achieve this.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;It is Engels who laid down the theoretical bases for the way in which the question of the gender distinction is posed within the framework of programmatism: the disaggregation of the bourgeois family with the disappearance of its economic base; the renewal of the family after the revolution. An extract from &lt;i&gt;The Origin of the Family, Private Property and the State&lt;/i&gt; summarises the matter. After having explained that in the bourgeois class, the concern for inheritance and match-making regulates marriage, Engels continues:&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;Sex-love in the relationship with a woman becomes, and can only become, the real rule among the oppressed classes, which means today among the proletariat-whether this relation is officially sanctioned or not. But here all the foundations of typical monogamy are cleared away. Here there is no property, for the preservation and inheritance of which monogamy and male supremacy were established; hence there is no incentive to make this male supremacy effective. [&#8230;] And now that large-scale industry has taken the wife out of the home onto the labor market and into the factory, and made her often the bread-winner of the family, no basis for any kind of male supremacy is left in the proletarian household &#8211; except, perhaps, for something of the brutality towards women that has spread since the introduction of monogamy. [&#8230;] Not until the coming of modern large-scale industry was the road to social production opened to her again &#8211; and then only to the proletarian wife. But it was opened in such a manner that, if she carries out &lt;i&gt;her duties in the private service of her family&lt;/i&gt;, she remains excluded from public production and unable to earn; and if she wants to take part in public production and earn independently, she cannot carry out &lt;i&gt;family duties&lt;/i&gt;. [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Emphasis added. http://www.marxists.org/archive/mar...' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Women in the private sphere, men in the social sphere, the naturally female character of domestic tasks (&#8221;duties&#8221;): all this is presupposed in Engels' problematic. The revolution is getting women into productive labour and the socialisation of domestic tasks in order to allow them this massive entry into productive labour. What Engels had before his eyes however didn't influence his analysis in the slightest: proletarian women entered into the factory and had in addition to &#8220;carry out their family duties&#8221;, but, what's more, it did not escape Marx or Engels that this entry into productive labour not only often provoked hostility from men, but it was also far from realising &#8220;equality&#8221; and in fact produced new differences (under-qualified jobs, wage differentials, more repetitive work&#8230;) , so much so that not only did the factory fail to alleviate domestic submission, but the factory and domestic submission actually reproduced and legitimised each other. Engels could write some pretty and resounding statements about &#8220;domestic slavery&#8221; and on women being &#8220;the proletarian class&#8221;, but by only linking the subservience of women to monogamy, and monogamy to inheritance, proletarian households were supposed to escape this situation. It is noticeable that even the facts that Engels or Marx are able to describe and analyse when it is a question of the economy or of describing a social reality pass beneath their theoretical radar when it is a question of the definition of and the relation between the sexes. It is &#8220;the social revolution&#8221; as it is for them and their epoch which produces this blindness.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The entire post-revolutionary evolution is, then, no more than a question of morals and mentalities, a terrain which Engels purposefully refuses to broach. It is here that, in the Russian Revolution, Kollanta&#239; perceives that there is a problem that she only broaches from this angle of moral customs [&lt;i&gt;m&#339;urs&lt;/i&gt;] and mentalities. She can see, &lt;i&gt;from experience&lt;/i&gt;, that this problematic of Engels (taken up by Bebel), does not lead, in the social revolution, to the emancipation of women, but it is on the very basis of the limit of this perspective that she seeks to surpass it. With the suppression of the economic base, which is considered to be monogamy in the framework of private property, the subsequent development is supposedly a question of moral customs [&lt;i&gt;m&#339;urs&lt;/i&gt;] and mentalities; this was the only way left open by the problematic itself in order to comprehend its own inadequacy when this became evident, both theoretically and practically, in the aftermath of the revolution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;In Spain, in the very process of the civil war and with the constitution of the anarcho-syndicalist group &lt;i&gt;Mujeres Libres&lt;/i&gt;, things become more complicated. The first group of &lt;i&gt;Mujeres Libres&lt;/i&gt; is formed in 1934. Though the founders believed that the civil war would put an end to their activities, it was at this very moment that the movement undergoes a real popular extension and exceeds the group of intellectuals who had founded it: they recognised that &#8220;the war has broken the walls of the age-old household&#8221;. There is a fundamental point here: if the contradiction contained in the relation between men and women has no resolution in the class struggle, it is however the latter which can put it on the table in a massive way. Even if the contradictions are not to be confused, their order and their dependence are determined by the relations at the heart of capitalist society.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Throughout their existence, the &lt;i&gt;Mujeres Libres&lt;/i&gt; groups were subject to condescension if not hostility from the other components of the &lt;i&gt;Movimiento Libertario&lt;/i&gt; (ML &#8211; Libertarian Movement). The latter, in October 1938, refused the movement membership of the ML for the following reason: &#8220;A female organisation would be an element of disunion and inequality for the movement and this would have negative consequences for the development of the interests of the working class&#8221;. However, if it's not by its simple presence in the &lt;i&gt;public&lt;/i&gt; sphere (therein lies the dynamic), &lt;i&gt;Mujeres Libres&lt;/i&gt; only very marginally brings into question the social roles constituting the gender distinction. The declarations against the subservience of the household are very clear, but this is with the aim of putting the completion of tasks corresponding to the domestic household &#8220;at the service of the collectivity rather than of one single individual&#8221;. At issue is the furthering of &#8220;maternalising aptitudes&#8221; and &#8220;feminine values&#8221;: care for refugees, the injured, orphans, the creation of schools and clinics&#8230; &#8220;Women, as companions [&lt;i&gt;compa&#241;eras&lt;/i&gt;] of men, as mothers, but also in developing their own personality, must influence the blossoming of the human being&#8221; (&lt;i&gt;Mujeres Libres&lt;/i&gt;, December 1938). When the anarchist Emma Goldman sent a message of support to the movement, she wrote: &#8220;the female sex is the more important because it perpetuates the species&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;At issue here is the creation in the struggle of the social and cultural conditions for the supersession of &#8220;patriarchy&#8221;; the female struggle is destined to introduce &#8220;solidarity&#8221;, as feminine value, into the revolution as &#8220;social cement of the struggle&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;We can criticise all the limits of &lt;i&gt;Mujeres Libres&lt;/i&gt;, and certain critiques were expounded at the time, however this revindication of &#8220;solidarity&#8221;, &#8220;feminine value&#8221;, as &#8220;social cement of the struggle&#8221; is inscribed, for &lt;i&gt;Mujeres Libres&lt;/i&gt;, within a critique of the &#8220;linear revolution&#8221;. That is to say a critique of a revolutionary process separating its goal from the very modalities of its pursuit and realisation. In short, from its means. In this way a movement like &lt;i&gt;Mujeres Libres&lt;/i&gt; destabilises programmatism from within, it manifests its internal contradictions and its impossibility in its own terms. &lt;i&gt;Mujeres Libres&lt;/i&gt;, as we have seen, do not radically question gender distinction or sexual roles. If the revolution is the emancipation of labour, it preserves the proclamation of the population as the principal force of production (cf. Goldman and Kollontai). The production of this force has itself to be emancipated, rationalised, liberated, without being placed into question in its own right, which however cannot be avoided as a result of the content of this &#8220;emancipation&#8221;, and this &#8220;rationalisation&#8221;: the &lt;i&gt;public&lt;/i&gt; appearance of women.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;It was over questions of sex that the sending-back of women from the front and the re-establishing of the gender distinction, which had been overturned momentarily by its simple public appearance, was &#8220;immediately&#8221; accepted at the beginning of 1937. The liberation of labour signifies that the production of workers becomes the foundational act consciously recognised by society (cf. Emma Goldman). This means men, and women, who, as such, existing as women, are to be controlled by feelings, love, conjugality, they are to be preserved, as women, &lt;i&gt;in the service of liberated labour&lt;/i&gt;. The refusal of the liberation of sexual relations in the revolution is not a question of morals and prejudices: sex produces (free) workers. It is, at root, an arse of a problem, a problem to do with rumpy-pumpy [&lt;i&gt;un probl&#232;me de cul&lt;/i&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;We can pursue the adventures of women, men and the class struggle with the question of female strikes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A workers' strike is a strike. A female workers' strike is a strike by women. The sexed character of the strike is undeniable, as much as a result of the way in which the female workers themselves pursue and comprehend their strike, as of the attitude of their adversaries: bosses, management, and sometimes male workers and unions. More often than not, the course of these strikes confirms and reproduces the female condition and the gender distinction much more than initiating any questioning of these. The condition of female spouse and mother of workers does not stop at the factory gate, even when there is a strike, as we saw recently with the hypermarkets' strike.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Xavier Vigna dedicates an important chapter to female strikes in &lt;i&gt;L'Insubordination ouvri&#232;re dans les ann&#233;es 68, Essai d'histoire politique des usines&lt;/i&gt; (Presses Universitaires de Rennes).&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;If all strikes break with the order of the factory and mark a transgression in this way, female strikes compound the offence. They clash with the order of the factory and the sexual division of roles which assign to women submission and the status of being dominated. These strikes set in train a multiple opposition with certain men. First of all, the management of an enterprise is always made up of male faces which crystallise the animosity of the strikers. [&#8230;] What's more, in textiles and the clothing industry in particular, the female striking workers often take action without and often against the male workers, cutters or machine operatives, who benefit from a higher status and thus higher wages. In the strikes of PIL in Cerizay, CIP in Haisnes, SCALPEN in Quimper in the Summer of 1976, only one man joined the female workers; again in Cerizay, it was men who violently ejected the strikers who had come to negotiate from the premises of the enterprise. In this way these female strikes kindle a male/female opposition, which often intersects with the opposition between skilled and semi-skilled workers within the group of workers in a particular enterprise. [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='op. cit., pp. 117&#8211;118' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Since the 19th Century, female strikes have engendered a discourse which questions the sexuality of the strikers and hurls opprobrium onto the latter. The transgression which the strike effects is, in this discourse, the proof of a deplorable morality, a dissolute sexuality.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contrary to any commonplaces about the universality of the class struggle, the struggle of the female workers does not make their situation as women disappear, far from it. It is even possible to think that the subordination of the female condition is reinforced in and by their condition as female workers. It is &#8220;as female workers&#8221; that women will abolish their condition, but only &lt;i&gt;against&lt;/i&gt; their condition as female workers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;2) Female labour in restructured capital&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The inexorable rise in female labour followed, apparently paradoxically, the crisis at the end of the &#8216;60s and the restructuring which resulted from it. The development of female labour comes in the wake of the destruction of workers' identity, the development of precarity and flexibility, whose first victims are female workers. Part-time work is above all a thing to do with female labour. We can't speak of the increase in female labour without immediately considering its qualitative content in the restructured mode of production in the wake of the crisis. To speak of it in a simply absolute, quantitative way is to miss its meaning. In the restructured capitalist mode of production, the rise of female labour contributes to the porosity between unemployment and employment and to the division of the global mass of necessary labour between more people.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Women exist. They exist in the moment when the porosity between employment, precarity and unemployment becomes dominant and when the action of the proletariat can overthrow the order of the reciprocal definition between unemployment and employment with all the consequences that this can have for the revolutionary course of the class struggle. Up to the current period, they were either excluded from the institutional framework of the definition of waged employment and unemployment according to the sectors and modes of activity that were accorded to them in the social division of labour, or the traditional mode of regulation of female unemployment was still operational, or they were subordinated to the job of their spouse and their unemployment disappeared.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;With the crisis female employment has not functioned as &#8220;reserve army&#8221;, on the contrary, it has increased rather than receding. Female labour accounts even in its specific characteristics for the general hue of the new modalities of employment which are established with the crisis and the restructuring. In any case, it is &lt;i&gt;the very notion of reserve army which has become obsolete&lt;/i&gt; in these new modalities of the exploitation of living labour by capital.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;What can be observed in an equally pronounced way is the tenacity of the mechanisms of discrimination, of the sexual division of labour, and also the appearance of new forms of inequality. If the crisis in employment has not expelled women from employment like in other periods, if it has not sent them back to the household, it has accentuated their vulnerability to the vicissitudes of the labour-market. So much so, that we can see differences &lt;i&gt;being recreated, not merely perpetuated&lt;/i&gt; between men and women which completely go against the current of the irresistible rise in female activity. The feminisation of the labour-market has not been accompanied by gender diversity in the world of work. Feminised professions have continued to be feminised, male occupations have remained &#8220;male professions&#8221;, impregnable bastions. [&#8230;] The concentration of women in a very small number of sectors of activity remains one of the dominant characteristics of the structure of employment. [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Margaret Maruani, Emploi des femmes: un tableau contrast&#233;, in AC: Donn&#233;es (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;And if these differences between men and women, far from going against the current of the &#8220;irresistible rise in female activity&#8221;, were in fact the principal reason for it? To ask the question is to answer it. Female labour epitomises the new modalities of employment to the very extent that it is these new modalities which make women remain in the labour-market and carry an increasing weight within it. Part-time work has become the modern shape of the sexual division of the labour-market. In France, women represent around 85 % of people working part-time.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;It's not surprising, then, that although they represent 45% of the active population, women &lt;i&gt;still seem invisible&lt;/i&gt;. From major conferences on employment to the different negotiations of collective interprofessional agreements, one can look in vain for the slightest particular mention of women, if its not in relation to measures providing an incentive to part-time working, and even here they are not explicitly mentioned. This &#8220;forgetting&#8221; is ultimately the recognition of the generality of their &#8220;particular&#8221; position. In 1998, it was the historic overthrow of the reciprocal definition between unemployment and waged employment which was given its strategic importance in the class struggle by their massive presence in the struggle of the unemployed and the precarious.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;We might say, parodying Marx in the &lt;i&gt;1844 Manuscripts&lt;/i&gt;: in this presence of women in the proletariat appears tangibly, reduced to a concrete fact, the degree to which its struggle as a class has become its own calling into question, or the extent to which its calling itself into question has become its existence as class. The degree to which the proletariat has become something contingent for itself, and grasps itself as such, is determined by the character of this presence; &lt;i&gt;the relation of the situation of women to exploitation as the definition of the proletariat is the most &#8220;natural&#8221; relation of the proletariat to its own negation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;We have said that with the capitalist mode of production the contradiction &#8220;has appeared&#8221; (i.e. that of the population as principal productive force). This mode of production is gestating a class struggle which, in abolishing capital, will inescapably pose the question, for everybody, of &#8220;conditions inherent to their individuality&#8221;, a question which is determined by this contradiction which has appeared, and which is to be superseded. It is, perhaps, in the situation of female labour in restructured capital that the contradiction appears. Female labour is expressive of the general situation as female labour, i.e. all the contradictions of capitalist exploitation in its relation to labour through the specific domination of women resulting from the very relation of capital to labour (always necessary; always too much). It is, then, on the basis of the class struggle, at the level of exploitation, that the men-women relation can be superseded, because this relation contains the class struggle, and because all contradictions have been brought together in the way in which it contains the class struggle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;3) &#8220;Humanity doesn't pose itself problems that it can resolve&#8221;, but to pose a question is not to resolve it.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The situation and the struggle of women against male domination objectively possesses a specific content and basis, it is simultaneously within and in relation with the contradiction between proletariat and capital (but never to be confused with it!). This basis is that of the struggle against their appropriation by all men which is constitutive of exploitation and without which the struggle against exploitation cannot go beyond the affirmation and the liberation of labour; the principal force of production would finally be recognised as such. &lt;i&gt;This is a struggle which is not only specific but also definitive as soon as the perspective of the abolition of capital is that of the abolition of all classes, which itself only becomes the case with this specific struggle.&lt;/i&gt; In the specific struggle against male domination, it is the supersession of programmatism which exists or is at least at play. It is no mere coincidence that &#8220;second-wave feminism&#8221; appears at the end of the &#8216;60s and develops at the beginning of the &#8216;70s in relation to the limits of the failure of &#8216;68.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;To say that there can be no revolution as communisation without the abolition of men and women doesn't mean to say that because the revolution can no longer be anything other than communisation the question will be resolved as a result. This means that the revolution as communisation can end in failure. The revolution as communisation is the social process which allows us to arrive at the situation where the distinction between sexes no longer has any social pertinence, but we must not confuse the &lt;i&gt;construction of the question&lt;/i&gt; in the revolution as communisation with the &lt;i&gt;necessity of its resolution&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;It is a totally sclerotic vision of the extension and deepening of a struggle to consider that the self-constitution of a group of women is necessarily identitarian and a limit of this struggle. This group does not invent the problem which constitutes it as a particular group vis-&#224;-vis the general problem of the struggle, it is born of the question that the difference between the &#8220;sexes&#8221; has caused to appear in the course of the struggle. It is often good that the contradiction appears. Those who accuse this type of action of breaching the universalism of the proletariat forget that if this type of actions exists, it is precisely to combat the &#8220;essentialising&#8221; and/or hostile vision which can be developed in the very course of the struggle (cf. the &lt;i&gt;piquetero&lt;/i&gt; movement and the long history of programmatism). Only a theory in which the revolution is the abolition of all classes can look address these problems head-on and not treat them as circumstantial or accidental impediments, just something to be gone beyond as quickly as possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;We cannot act as if differences and segmentations didn't exist and weren't objective vis-&#224;-vis the superior entity: the common situation of the exploited. Unity will not be achieved for the proletariat except in its abolition, which will not come to pass without internal conflicts which are given by its reproduction which is always implied by the reproduction of capital until its abolition. This will be a question in which revolution and counter-revolution are embroiled.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The domination of women occurs not only in the family but it also spans the whole of production and the reproduction of capitalism. Men draw all sorts of material benefits from this (in terms of lifestyles, the segmentation of the labour-market) which are internal to and defining of the existence as wage-labourers. As long as on a world-scale the working class (men and women) struggles for the defence of its condition or even for its emancipation (programmatism), the question of male domination is only posed marginally, at best in terms of the female revindication of equality which as such is doomed to fail; actions to this end only participate in the impossibility, in its own terms, of the programmatic revolution and of the emancipation of labour. We could consider female activity in revolutions as the marker of their failure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The revolution as communisation puts the problem of the gender distinction as inherent to exploitation on the table in a practical way. However, even if male domination and capitalist exploitation are socially constructed in a coextensive manner (given by the nature of surplus labour and the wage relation), even if the abolition of one cannot occur without the abolition of the other, the contradictions which produce their supersession are not identical. &lt;i&gt;The struggle of women against male domination is not dissolved within the struggle of the proletariat against capitalist exploitation.&lt;/i&gt; If we can say that the contradiction between proletariat and capital, in its revolutionary becoming as communisation, will put the gender distinction (which is necessarily a hierarchical one) on the table, &lt;i&gt;it does not bear within it, as such, the supersession of this question on which its success is however predicated&lt;/i&gt;. The constitution of the group &lt;i&gt;women&lt;/i&gt; as second humanity, as &#8220;second sex&#8221; is irreducible &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; to the contradiction between capital and proletariat. This latter carries within itself the supersession of all classes, the abolition of property, the division of labour, of exchange and of value, of work, of the economy i.e. the production of relations between individuals defining them in their singularity, but it does contain the means for the realisation of that which it carries within itself.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The appropriation of women, i.e. the contradiction which constructs and opposes men and women is inscribed within the very existence of surplus-labour, but the &lt;i&gt;social groups which this appropriation constructs contradictorily are not identical to the classes&lt;/i&gt; (proletarians and bourgeois) which the contradiction founded on surplus-labour (i.e. exploitation) opposes. The question is singular, the abolition of surplus-labour, but the protagonists of its resolution are related to each other by different contradictions. The gendered distinction of humanity is implied, included in the contradiction between the proletariat and capital, but the latter, strictly as a contradiction between classes, does not carry within it the supersession of this distinction. This distinction defines a dominated &#8220;group&#8221;, &lt;i&gt;women&lt;/i&gt;, whose domination is essential for exploitation but which &lt;i&gt;is not a class&lt;/i&gt; in its own right and whose own object of struggle is male domination and the sexual partition of society. The fact that the constitution of this group is essentially linked to all the contradictions between classes means that its entry on to the stage of history is &lt;i&gt;always linked to revolutionary periods&lt;/i&gt;, and that all women do not participate in the struggle of this group simply because they are women. The &#8220;bourgeois&#8221; woman might participate as a woman in the feminist struggle as long as the latter remains within the problematic of equality or differentialism, but in the female struggle itself a cleavage must appear if what is in question is the abolition of the gendered division of humanity itself, which is intrinsic to surplus-labour. The end of surplus-labour is the end of the gendered division of humanity and it will be this end only as end of this division.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;The increase in the population as principal productive force, the foundation of all forms of surplus-labour, defines, in a class society, an antagonistic partition of society whose elements &lt;i&gt;are not immediately those which are opposed in the extraction of this surplus-labour&lt;/i&gt;. It is in this regard that the contradiction which is exploitation necessarily puts the gender distinction on the table, but does not carry immediately within itself the means and the social forces to realise its abolition as communisation. Whichever way you look at it, communisation will be a revolution within a revolution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R.S.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Footnotes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.marxists.org/archive/marx/works/1857/grundrisse/ch07.htm#p398&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.marxists.org/archive/mar...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Footnotes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.marxists.org/archive/marx/works/1845/german-ideology/ch01d.htm&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.marxists.org/archive/mar...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Footnotes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.marxists.org/archive/marx/works/1857/grundrisse/ch08.htm#p414&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.marxists.org/archive/mar...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Footnotes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Emphasis added. &lt;a href=&quot;http://www.marxists.org/archive/marx/works/1884/origin-family/ch02d.htm&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.marxists.org/archive/mar...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Footnotes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] op. cit., pp. 117&#8211;118&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Footnotes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Margaret Maruani, Emploi des femmes: un tableau contrast&#233;, in AC: Donn&#233;es et arguments, t.2, p. 106, Ed Syllepse&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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